Il y a dans la situation, celle qui par l’évidence qui s’impose non seulement au plan idéologique mais dans le panier de la ménagère, à la pompe à essence, l’occasion de reprendre pied dans une réalité que depuis tant d’années le consensus anticommuniste nous masque. Mais comme savait le faire Fidel Castro partir du prix de l’aliment de base pour aller jusqu’aux rapports de forces dans le monde, recréer la profondeur historique des événements pour refuser le défaitisme… C’est cette pédagogie concrète qui est désormais possible … Et face aux grands discours des « spécialistes » technocrates il y a les FAITS, derrière le retour des empires, il y a la lutte des classes, l’impérialisme à son stade ultime (note de Danielle Bleitrach histoireetsociete).
Publié le 25 mars 2026 par Boyer Jakline
Voilà une analyse de la situation internationale actuelle qui s’entend de plus en plus fréquemment : nous assistons au retour des empires.

Les trois « empires » cités : États-Unis, Russie, Chine. Puis deuxième ligne Inde,Turquie.
Pourquoi je ne peux être d’accord avec cette vision « plate ». Un peu de 3D, please.
1- Pour poser le cadre si retour des empires il y a, il faut commencer par dire que cela signe la fin, l’échec de la mondialisation. Elle a suffisamment vécu pour marquer durablement la planète entière. Et consolider cet échec ne peut se faire sans une lutte acharnée, violente, sanglante par endroit, car l’Empire américain veut retrouver toutes ses positions. Nous y sommes.
En 1991, la chute de l’URSS a suscité des espoirs infinis chez l’Américain. « Fin de l’histoire ». On a gagné… pour toujours. La dure réalité s’impose à lui aujourd’hui. Arrêter la guerre en Ukraine en 48 h… impossible. Les armées les plus puissantes du monde campent aux frontières de la Russie et ne parviennent pas à trancher « sur le champ de bataille ». Avec l’Iran, le même scénario peut se reproduire.
2- Retour des empires ? Mais sur les 3 empires cités, 2 défendent, se préparent à défendre leurs frontières, leur « étranger proche », véritable ceinture de sécurité. Le troisième est toujours hors de ses frontières. 800 bases militaires sur toute la planète. On peut contester la notion « d’étranger proche ». Mais alors la contester pour tous de façon égale. Voir comment se comporte l’Américain à l’égard de l’Amérique latine, « son étranger proche », qu’il considère comme sien..
3- La Russie, comme la Chine, l’Inde également sont des « mondes », des civilisations. La Russie, confrontée à cette agression, a dû réagir la première, les armes à la main, ayant constaté l’échec de toutes ses démarches diplomatiques. C’est son monde qui allait disparaître dans la mondialisation capitaliste. Et la capitaliste Russie s’est mise en ordre de bataille pour rester la Russie. Or, si la Russie avec ses 1000 ans d’histoire a réagi, imaginons la Chine, 5000 ans au compteur ou l’Iran 2500 ans. Pas question de se laisser piller par des puissances qui furent des colons. Pensez à l’histoire de la Chine mise en péril par le colon britannique.
L’Américain peut-il rétablir son hégémonie totale ? Un retour en arrière est-il possible ? Non, je pense et un certain nombre d’analystes, français, occidentaux ou russes l’argumentent. Chinois aussi : un responsable des Affaires étrangères chinois vient de répliquer aux menaces de sanctions américaines et à la bataille des droits de douane : nous avons vécu 5000 ans sans vous qui êtes là depuis 300 ans, nous survivrons à vos menaces. Le ton est donné.
3- le Zugzwang : c’est le moment d’évoquer ce petit ouvrage de Danielle Bleitrach. La terrible agression en cours de l’Iran semble confirmer cette thèse : dans cette figure du jeu d’échec un joueur en grande difficulté tente un coup qui non seulement ne lui permet pas de se dégager mais le met dans une situation plus difficile. Peut-on analyser la politique du fou de guerre américain à cette aune ? Je le pense. Voir comment Trump s’est adressé à ses alliés-vassaux pour intervenir dans le Détroit d’Ormuz et s’est heurté à une succession de refus. Voir comment la Chine va condamnant de propos en propos les politiques bellicistes américaines. La visite de D.Trump en Chine a été reportée. Des pétroliers mexicains et russes bravent l’interdit américain et vont livrer du pétrole à Cuba. Ce moment va être regardé avec grand intérêt.
L’Iran, enfin l’Iran, qui risque d’être l’agression de trop… Mais quel coût humain, matériel pour ce pays, pour toute cette malheureuse région.
Je vous renvoie à mon article de dimanche dernier, Zugzwang quésaco.
Alors non, décidément non, pas de « retour des empires »… thèse qui dédouane l’empire américain. Il a fallu un Emmanuel Todd pour dire : il faut désarmer les États-Unis pour que la planète connaisse la paix. Ce n’est pas la citation exacte, mais c’est exactement l’idée.
Les élites françaises ont choisi de dissoudre notre pays dans la « mondialisation heureuse ». Nous voyons grandeur nature ce « bonheur ». La multiplication de décisions politiques qui détruisent notre identité : destruction minutieuse des services publics, abandon sous couvert d’Europe de notre souveraineté, pour dire l’essentiel.
Mais là aussi, c’est à suivre !
Dans le débat politique français, « franco-français », la géopolitique est quasiment totalement absente. Au même moment où le président de la République, usant et abusant de ses prérogatives, met notre pays dans une situation dangereuse. Pourtant ces développements internationaux vont peser de plus en plus sur nos vies. Le combat pour la paix devrait trouver toute sa place dans les « préoccupations locales ». Imaginons la conscription rétablie pour aller faire la guerre… c’est bien localement que seraient recrutés les jeunes gens, garçons et filles.
Exemple typique de l’information qui nous est servie : isoler les sujets abordés, empêcher les connexions des causes et conséquences. Un travail de pros… qui n’a rien à voir avec un travail de journaliste,
Et la Crimée sera russe…
Le 18 mars 2014, 95,5 % de la population de Crimée se prononçait dans un référendum pour leur retour dans le giron de la Russie. Soit, ici, chez nous, l’annexion de cette terre russe historique. Et début des sanctions contre la Russie. Les Criméens auraient voté avec « un revolver » sur la tempe. Les mêmes ont trouvé complètement juste, selon le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, la déclaration d’indépendance du Kosovo. Aucun revolver sur la tempe. Un désir d’indépendance. Imaginez tout de même Paris bombardé par une alliance internationale « défensive » et, au choix, la Picardie déclarant son indépendance. Ce fut le cas en ex Yougoslavie. Inimaginable, bien sûr.
Le 18 mars 2014, nous sommes quelques semaines après la « victoire de Maïdan », et pour les Criméens la messe est dite. Déjà Kiev a coupé tout le dispositif d’arrivée de l’eau. La Crimée est en crise hydrique. Des militants néo-nazis sèment la terreur.
Et puis, il y a Sébastopol… Imaginer les navires de l’OTAN ancrés ici…
Dans la vidéo qui suit, une fois n’est pas coutume, vous entendrez les analyses de Vladimir Poutine lui-même. Beaucoup d’extraits viennent d’une émission du dimanche soir « Moscou, Poutine, le Kremlin ». Les extraits sont tirés d’émissions différentes. Dans le coin en haut à gauche, l’année est indiquée. Il est toujours question de retour de la Crimée en Russie. Pourquoi l’indispensable retour, souhaité massivement par la population. Et définitif retour.
» C’est irréversible » : Moscou lance un avertissement clair
» C’est irréversible « … Moscou affirme qu’aucune condition ne pourra jamais conduire au retour de la Crimée. Entre référendum, sécurité face à l’OTAN et rejet d’un Occident accusé de voul…

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