Histoire et société

Dieu me pardonne c'est son métier

Il est impossible d’ignorer la « stratégie » de Trump et la guerre prolongée dans laquelle se décide la souveraineté française et le socialisme à la française, par Danielle Bleitrach

En première analyse Trump paraît agir seulement en fonction du marché. Ses déclarations contradictoires relèvent du délit d’initié. Il agit également par rapport à l’état dans lequel se trouve l’opinion publique, sa base personnelle et face à une impopularité de la guerre. Même si on a réussi à convaincre les Américains que l’Iran et d’autres pays menacent les États-Unis dans leur existence, en confondant le plus souvent les intérêts du peuple des Etats-Unis avec ceux d’une caste. Celle-ci limitée à sa partie visible, les politiciens, devient de plus en plus haïssable. Résultat une population qui n’a plus le sens de ce qu’est le capital,qui admire l’esprit d’entreprise, élit un membre de cette caste comme étant susceptible de mettre au pas ce monde « haissable » et relevant d’un complot supposé. Ce qui conduit au fascisme ou ce qui lui ressemble. La gauche est même devenue l’image de cette caste. Cette confusion est telle que l’on a alors dans une France contaminée par un tel modèle, le sentiment que Trump n’a pas de stratégie. Ce serait faux de le croire, cette stratégie bénéficie d’un consensus de la classe politique aux Etats-Unis et en Europe et il faut l’analyser en tant que mouvement offensif dans une période où la volonté hégémonique perd pied, cette offensive brutale non seulement détruit et ne construit rien, aggrave les défis du moment mais ne donne pas les résultats escomptés au contraire, ce que nous appelons le ZUgzwang. Nous devons comprendre cette stratégie et en élaborer une qui tienne compte de la guerre prolongée dans laquelle cette volonté offensive de l’impérialisme place l’immense majorité des nations et des couches populaires. Il ne peut pas y avoir de perspective, en particulier des communistes, si on ignore ce contexte. En ce moment c’est d’autant plus dommageable que les conséquences pour tous sont de plus en plus visibles et à ce titre la guerre d’Iran est un révélateur qui a transformé l’opinion. Si le PCF prétend l’ignorer dans son prochain congrès il risque de le payer très cher, la gauche et la France également non seulement de ne plus être une avant-garde mais d’être en retard sur l’inquiétude légitime des Français et en particulier des couches populaires, de la jeunesse.

On peut conseiller aux gauchistes, qui découvrent que le syndic de faillite qu’est Trump a une stratégie, de relire les caractéristiques de la guerre prolongée de Mao, eux qui jadis ont agité le petit livre rouge et sont passés aisément au Rotary Club. Aujourd’hui face au monde multipolaire, sous leadership de la Chine en partenariat stratégique avec la Russie, Trump a choisi de prolonger la stratégie de ses prédécesseurs Clinton, Obama et Biden, le pivot asiatique en pilonnant sans cesse les pays qui osent tenter de conquérir une forme d’autonomie dans la gestion de leurs ressources, avec la brutalité d’un Nixon. Mais elle est assortie d’une faiblesse telle qu’elle l’oblige sans cesse à surjouer la puissance avec des images hollywoodiennes de B 52 qui rappellent le débarquement de la deuxième guerre mondiale et qui s’assortissent comme en ce temps là de bombardements des pays que l’on prétend délivrer. Au plan intérieur le remake est celui d’une révolution conservatrice comme il en était question avec Reagan. Rien de bien innovant si ce n’est que le monde multipolaire est déjà là avec le leadersip de la Chine et sa proposition stratégique; endiguer le bellicisme et la destruction de l’impérialisme blessé parce qu’il peut faire pas mal de dégâts et lui opposer des coopérations, un ordre international qui est celui de la Charte des Nations unis, et marquer des lignes rouges qu’on ne lui laisse pas franchir.

La stratégie impérialiste, unipolaire, « occidentale » telle qu’elle a été définie par Obama est de ne pas accepter une concurrence en particulier en ce qui concerne le dollar, la puissance financière et ce qui va avec le contrôle et la surveillance des routes de l’énergie et des matières premières. Il ne s’agit pas d’une simple concurrence mais de détruire la puissance chinoise et tous ceux qui acceptent un nouvel ordre international qui accorde aux pays du sud une juste représentation. Pour cela il faut utiliser ses atouts impérialistes en gros une armada sans équivalent, la monnaie universelle s’appuyant sur le pétro dollar et le contrôle grâce au dollar devenu arme militaire de tous les flux en particulier celui de l’énergie et enfin le monopole de l’information. Cette stratégie dont on pouvait dès 1983 anticiper le processus ne cesse d’être plus menaçant parce que faute de gagner dans une compétition productive on détruit les positions de l’adversaire quitte à aboutir à des génocides et à des destructions durables de l’environnement, une menace qui ne cesse de grandir au rythme de ses échecs.

Quand étant alors encore membre du PCF, j’ai proposé ce schéma geopolitique pour le 38 e congrès, il s’est heurté d’abord à la section économique et ensuite à Vincent Boulet qui s’est littéralement déchaîné contre, il en a fait une affaire personnelle et c’est peu dire que ce qui allait devenir la majorité du congrès ne l’a pas défendu. Le retard pris dans ce domaine pèse encore sur la capacité du PCF à se positionner dans les crises internationales et elle risque de faire du 40 e congrès, un congrès qui manque de perspective parce que sous l’influence des mêmes, il y a fort à parier qu’il prétendra ignorer le rôle déterminant du contexte international, la proposition de la Chine et du monde multipolaire.

Si pour maintenir simplement les hommes en place, le congrès ignorait ce contexte international il se condamnerait au plan intérieur à ne pas avoir de stratégie et donc a être soumis une fois de plus a des positionnements tactiques électoraux qui sont de plus en plus mal perçus par l’opinion française.

Le PCF se condamnerait comme l’ensemble de la gauche à être soumis à la position qui de fait est celle d’une droite qui n’ose jamais affronter les Etats-Unis et l’UE, on parle de tout sauf de la nature de l’impérialisme à ce stade et pourquoi il est nécessaire de le combattre, ce qui devient un terrible handicap en ce qui concerne un positionnement aux côtés de la classe ouvrière et des couches populaires qui n’entendent plus les voeux pieux et les propositions qui apparaissent irréalistes.

Et elles le sont puisque le coût de la guerre et des stratégies des USA pèsent sur nous : la capacité des Etats-Unis d’entretenir leur armada militaire, leur appareil répressif repose sur leur capacité à actionner la planche à billet et à faire payer au reste du monde qui a besoin de dollar pour acheter l’indispensable en particulier l’énergie à assumer la dite inflation. A ce privilège de plus en plus couteux pour toute l’humanité, pour les choix de développement il ajoute la guerre tarifaire et un régime tel qu’il oblige les Etats à se tourner vers sa propre production au coût prohibitif et dont il n’assure même plus le service. C’est le cas dans le domaine militaire mais ça l’est aussi pour le pétrole, les ressources de base y compris agricole. Selon la logique du capital, les marchandises ne manquent pas ce qui fait défaut c’est la population solvable pour les acquérir que l’on contraint par la force.

Si dans le 38 e et 39 e congrès on pouvait encore considérer que la situation internationale déjà là était peu perceptible, il n’en est pas de même aujourd’hui où la guerre en Iran et ses conséquences immédiates sur le budget des Français font que ce qui était encore invisible hier devient manifeste. On peut également signaler que la situation va devenir encore plus prégnante lors de la tenue du congrès puisque ce qui déjà se dessine pour nos agriculteurs à savoir une crise multiforme dans laquelle l’énergie le diesel en particulier et les engrais rencontrent la manière dont l’UE les sacrifie à ses priorités bellicistes et aux intérêts de ses marchés financiers. Les conditions d’une jacquerie avec fort sentiment de trahison y compris par rapport aux divisions sur tout ce qui est secondaire de la classe politique sera à son maximum.

Donc si par malheur pour des raisons d’équilibre interne et de financement de publications, de forums et autre médicaments de conforts le secteur international arrivait à imposer le vide abyssal de son absence d’analyse sous prétexte que ce n’est pas ce qui motive les Français, le PCF se placerait et placerait toute la gauche face à laquelle il a la responsabilité de représenter l’esprit de résistance, la perspective face à ce qui dans le dite gauche est l’esprit de défaite avant d’avoir combattu il serait à craindre la fin de ce parti parce que la situation exige la clarté sur le péril que nous affrontons.

Le pouvoir macronien, celui de l’UE a choisi la vassalisation aux Etats-Unis et a sacrifié ce faisant l’intérêt des peuples c’est directement lisible dans le choix de soutenir les guerriers par procuration des Etats-Unis que sont l’Ukraine et Israël, là aussi la situation s’éclaire et à moins d’être volontairement aveugle nul ne peut plus ignorer la collusion entre Zelenski et Netanayoun, la manière dont ils ont accepté de sacrifier leur propre peuple à la stratégie des Etats-Unis dirigée depuis Obama clairement contre la Chine et le monde multipolaire déjà là. Prétendre aujourd’hui soutenir le peuple palestinien limité à l’OLP ou Cuba alors que l’on veut ignorer la manière dont ces pays sont déjà engagés dans une lutte à mort contre les Etats-Unis, l’OTAN y compris en Ukraine et en Iran est limiter ce soutien, empêcher une bataille de masse comme d’ailleurs celle pour la paix.

Oui nous sommes en guerre, mais dans ce que l’on peut définir comme une guerre prolongée. Ce terme je l’emprunte aux écrits stratégiques de Mao quand il se bat avec les communistes contre l’ennemi fasciste japonais, un combat qui aujourd’hui a quelques échos pour ceux qui suivent la manière dont les USA tentent d’encercler la Chine en provoquant des coalitions avec des pays vassaux comme le Japon, y étendre l’OTAN et la manière dont le Japon qui subit à cause des problèmes du détroit d’ormuz une situation où il aurait intérêt à s’allier avec la Chine mais où par pure idéologie proche du nationalisme d’extrême droite il est invité à créer l’OTAN. Partout on assiste à la même situation, une Europe et un Japon, des alliés littéralement pétrifiés devant ce que les Etats-Unis exigent d’eux mais incapables de s’arracher en tant que représentants de leur classe capitaliste à l’orbite de la fascisation des Etats-Unis, qui eux-mêmes sont la proie d’un impérialisme financiarisé qui les met en état de guerre civile. Si nous ne sommes pas dans la situation de la deuxième guerre mondiale et que ce qui était alors embryonnaire a muri, les leçons stratégiques du passé ne sont pas négligeables parce qu’effectivement l’adversaire est lui même en pleine régression et nous propose de revenir au temps du colonialisme et de la canonnière.

mais revenons en à la guerre prolongée qui est celle que Mao et la Chine populaire livre au Japon fasciste. Il affirme dès le départ qu’il s’agit d’une guerre de longue durée et que la victoire reviendra à la Chine. Nous sommes loin d’une telle détermination pourtant indispensable : quand est-ce que nous avons été convaincu des buts de l’action du parti communiste et du fait que la perspective susceptible de libérer la France et de donner corps au socialisme à la Française est d’autant plus crédible que le monde bouge et qu’il va dans ce sens là. Nous soutenons et c’est déjà essentiel le refus du déclin de la France, le catastrophisme ambiant , la nécessité de reconstruire son appareil productif, agricole, industriel la, recherche, l’éducation, la santé, mais pourquoi affaiblir une telle perspective en la privant de ce fait essentiel dans un monde que le capitalisme a mondialisé la victoire doit tenir compte de cette réalité, faute de quoi on le voit avec le populisme chauvin nous entretenons l’extrême droite ou l’abstention, les divisions stériles de la gauche. Comment imaginer une guerre prolongée quand on se situe exclusivement dans l’espace d’élections en élections dans lesquelles il s’agit de promouvoir son candidat et de sauver les meubles d’une organisation qui se donne de vagues finalités comme le bonheur du peuple français au meilleur des cas, dans les autres il s’agit derrière son candidat de faire la peau aux autres?

Mao, et visiblement la Chine de Xi n’a pas oublié ces leçons qui viennent de loin dans l’histoire de la Chine, explique que la première étape sera l’offensive stratégique de l’ennemi et notre stratégie défensive; Nous sommes en pleine offensive stratégique des USA autour d’un projet de régression colonialiste mais déjà dans la deuxième étape qui est celle de la consolidation stratégique de l’ennemi et la préparation déjà de la troisième étape celle de la contre offensive avec la retraite stratégique de l’ennemi. Il est impossible dit Mao de prévoir quelle sera la situation concrète à chaque étape mais il est possible d’indiquer quelques tendances fondamentales du développement de la guerre: la richesse évènementielle avec un cours sinueux, dans lesquelles il faut définir les lignes essentielles des tendances et son développement même si elles ne coïncident pas totalement avec l’événement, on les rectifiera mais sans ces lignes il n’y a pas de fermeté stratégique.

Il faut lire l’ensemble de ce texte qui ne se contente pas d’énoncer des principes mais les mets en relation avec les moments de la guerre sinojaponaise, c’est un grand texte historique mais aussi une réflexion sur ce que signifie la guerre pour un peuple qui se détache de l’Etat major dominant qui pactise avec l’ennemi. C’est une guerre patriotique dans laquelle chaque Chinois aspire ardemment à la victoire ce qui peut être le cas dans les luttes d’émancipation du sud mais qui reste à construire dans la plupart des cas en occident. Il n’y aujourd’hui en France pas cette conscience de la souveraineté, simplement la défiance à l’égard de ceux qui nous gouvernent et l’absence d’alternative. Pourtant chez ceux qui prétendent lutter contre cette classe dominante il ne s’agit pas de se battre mais d’aspirer à la victoire du camp impérialiste en spectateurs. Ce gauchisme aspire à la victoire finale sans savoir très bien de quoi il s’agit et Mao de noter que cette absence d’implication dans la guerre fait que : « plus d’un parmi nous n’arrive pas à trouver de réponse à ses questions et c’est même le cas de la plupart . Alors se présentent les partisans de la théorie défaitiste de l’asservissement inéluctable de la Chine, qui disent : « La Chine sera asservie, la victoire finale ne sera pas à la Chine » ou bien certains de nos amis par trop impétueux s’empressent d’annoncer : « la Chine peut remporter une victoire très rapidement et sans grands efforts » . Ces opinions sont-elles justes? Nous avons toujours dit qu’elles ne l’étaient pas . Cependant la plupart des gens n’ont pas encore compris ce que nous avons dit. Cela vient du fait que notre travail de propagande et d’explication était insuffisant, et en partie de ce que les événements objectifs n’avaient pas encore révélé complètement, en se développant, leur caractère véritable et ne s’étaient pas encore manifestés tout à fait clairement, de sorte que qu’on n’a pas pu discerner leur tendance et perspective, ni par suite déterminer entièrement la politique et les méthodes d’action qui convenaient. « 

Maintenant c’est différent ! ajoute-t-il et il me vient l’envie de dire que ce qui se passe dans la guerre avec l’Iran et le détroit d’Ormuz sans bouleverser complètement l’opinion française constitue une étape qui va vers la conscience de la situation réelle et pas seulement dans le système de propagande qui après nous avoir entretenu d’illusions nous entraîne vers les partisans de la théorie défaitiste celle qui fait de nous des vaincus avant même d’avoir combattu. Et pour revenir au congrès, il serait dommage que ce qui en ressort soit au dessous de la conscience qu’en a aujourd’hui le peuple français. Ce n’est pas facile parce que nous sommes dans un système qui depuis des décennies a organisé une situation de censure quasi militaire autour de la politique définie par l’impérialisme financiarisé. Il a à la fois promu l’anticommunisme comme une évidence et dans le même temps diversifié ses leurres, ceux qui font de la gauche cette pétaudière pour qui les divisions paraissent s’exaspérer autour de questions secondaires et dérisoires. Certes la « gauche » parait avoir joué un rôle déterminant dans la diffusion de cette idéologie anticommuniste, dite antitotalitaire et certains des gens qui s’affirment de gauche comme Glucksman, BHL et d’autres paraissent en lien directs avec la CIA, mais il en est d’autre qui sont simplement comme la social démocratie toujours persuadé de la défaite avant d’avoir combattu et uniquement préoccupés de leurs ambitions électorales. Cette gauche là que jadis on qualifiait de réformiste a simplement exercé son réformisme en accompagnant la contrerévolution et continue sur la même lancée. C’est pour cela que l’on a besoin d’un parti communiste qui ne se mette pas en position de défaite avant d’avoir combattu. Ignorer le contexte international, le sous estimer participe de ce défaitisme social démocrate. Le sociaux démocrates ne sont pas des ennemis mais il ne peuvent pas diriger une guerre patriotique et nous sommes dans une guerre patriotique.

Chaque bataille qui est menée dans un tel contexte ne sera pas une victoire finale pour aucun camp dans cette guerre prolongée et souvent les conditions sont telles que la seule issue est la négociation mais en refusant que celle-ci soit une capitulation et en affaiblissant à chaque fois dans la guerre prolongée la position de l’impérialisme autodestructeur qui en fait essuie une défaite dans son objectif d’asservissement et tente de transformer par son narratif la nécessité pour lui de renoncer à ses objectifs en victoire. Nous sommes en plein dans un de ces moments. Trump veut l’impression d’une victoire, il en besoin face à sa base aux Etats-Unis qui n’approuve pas cette guerre, ses conséquences sur les prix et encore moins l’engagement de troupes dans des guerres qui ne mènent nulle part. Il raconte que l’Iran a demandé à négocier et qu’il s’agit d’une capitulation, il avance un plan qui est celui en 15 points qui se négociait et dont les négociations ont été interrompues par une agression scélérate qui paraît l’oeuvre d’Israël. Un tel plan après ces jours de guerre, la résistance, le prix paye ne saurait être accepté. L’Iran reconnaît des contacts indirects avec Washington, mais nie tout accord. Téhéran insiste sur le fait que les affirmations américaines concernant un accord sont fausses. Trump croit qu’un accord sera conclu car il y a un « changement de régime » en Iran. Ce qui apparaît de plus en plus comme un bluff aux coût exorbitant. par parenthèse nous semblons ignorer que les « contacts » entre l’Iran et les USA ignorent complétement l’Europe et notre Macron qui se sont mis hors jeu et même les monarchies du Golfe, ils se sont déplacés en Asie centrale avec le rôle nouveau du Pakistan qui lui non seulement est chiite, a une frontière commune avec l’Iran mais a aussi une relation avec la Chine et a su dans son conflit avec l’Inde avoir un rôle apparemment privilégié avec les USA, une paix officiellement négociée par Trump mais dans lequel les choix de la Russie et de la Chine ne pouvaient être ignorés. La stratégie de la Chine n’a jamais été d’humilier l’adversaire et dans ce cas laisser une porte de sortie aux USA tout en améliorant la position du monde multipolaire, un endiguement.

sur le contenu du dernier plan revendiqué par Trump, et sur la part de ce plan qui a été mise à jour par rapport au document désormais obsolète que les États-Unis ont présenté aux Iraniens en mai dernier.

Le fait que ce plan puisse en grande partie être une redite d’un accord que l’Iran n’a pas accepté il y a un an suggère soit un manque de sérieux des États-Unis quant aux pourparlers prévus cette semaine, soit, plus probablement, la volonté de Trump, pour une raison ou une autre, la spéculation, une manière de masquer un nouvel assaut, de faire croire lundi qu’il avait fait plus de progrès vers un accord qu’en réalité, le tout alors que se traite non pas directement mais indirectement une nouvelle avancée du monde multipolaire. Ce que nous devons considérer comme une avancée vers la paix.

Tout cette perception de la réalité par rapport à l’enfumage qui nous voue à la défaite tient peut-être au constat simple qu’il est impossible pour un parti communiste de prétendre l’être s’il s’obstine à ignorer le mouvement du capital, la dynamique de la lutte des classes et le fait que cet aspect structurant joue en dernière instances dans des situations que l’histoire, la géographie ont façonnées.

Nous sommes entrés dans une nouvelle phase de cette guerre prolongée et le congrès du PCF, toutes les forces progressistes doivent le mesurer si elles veulent réellement vaincre toutes les menaces que porte un ordre ancien qui n’a pas d’autres solutions que la guerre, la misère, la destruction planétaire. Peut-il y avoir aujourd’hui une force politique qui ignore ce contexte ? Dans lequel la lutte des classes et l’intervention populaire est appelé à jouer un rôle de plus en plus décisif? En tenant compte de ce que l’histoire de la nation française a créé de mémoire : il était frappant de constater l’absence de tout représentant du PCF sur les plateaux de télévision lors des résultats des municipales mais aussi le fait que l’on entendait ci et là , comme on le constate également en Italie, se multiplier les référence des hommes politiques au fait que leurs parents étaient des communistes… Quel parti est resté dans la mémoire, celui de Maurice Thorez, voir de Georges Marchais(1) ou celui de Robert Hue, Marie Georges Buffer, Pierre Laurent?

Une des leçons de ce scrutin municipal est qu’apparemment une gauche unie sur des programmes municipaux peut représenter une issue temporaire limitée à ce type de scrutin, mais il faut aussi prendre garde à ce qu’elle révèle au plan national et international. Le cas marseillais est particulièrement intéressant, effectivement on mesure que la division de LFI ne mène nulle part et laisse mal augurer du rôle que pourra jouer à l’avenir Melenchon qui a réussi à bâtir jusque dans ses victoires un plafond de verre qui pèse sur ces capacités à être le leader de la gauche. L’assaut mené contre Vitry, Venissieux, la part la plus combative du PCF avait une sens dans le cadre de l’obsession présidentielle et la haine vouée en priorité au PCF, à Fabien Roussel, accusé de lui avoir volé la victoire ce qui était une pure illusion, laissera des traces et était une victoire à la Pyrrhus. L’état dont il a laissé ses troupes à Marseille dit beaucoup de choses sur sa manière de conduire son mouvement. Pourtant sa diabolisation n’est pas une bonne chose parce qu’elle s’exerce aux dépends souvent de fondamentaux qu’il a réussi à minoriser dans sa tactique de division et de destruction de tous ses concurrents à gauche en particulier les communistes. LFI est un mouvement qui a réussi à fédérer des gens qui ne sont pas tous entrés dans ce combat de chef au sommet et un dialogue avec ces militants est nécessaire il doit se faire sur le fond., comme avec tous les groupuscules qui continuent à être satellisés autour du PCF avec un cierge ou un bâton., tous ceux qui ont conservé et transmis une mémoire d’une adhésion.

En revanche, si on peut dire également que le Rassemblement national est freiné dans les grandes villes, il ne s’agit pas de la même dynamique, le cas marseillais démontre qu’il a dans Marseille et la métropole quasiment remplacé la droite traditionnelle et qu’il s’implante partout en France dans les villes moyennes y compris dans des bastions communistes comme Vierzon. L’absence d’unité non seulement des forces de gauche mais du parti communiste lui-même qui se répercute dans les syndicats, les associations, pèse lourdement dans ces pertes de bastion, c’est encore plus facile quand il y a eu un intermède du PS ou des écologistes. Il y a le rôle des individus mais il y a surtout un défaut stratégique que nous venons de dénoncer avec le fait que l’on ne peut pas avoir de stratégie de rassemblement au plan intérieur si l’on ignore le contexte mondialisé des crises multiples que l’on doit affronter. Là encore dans cet enfermement chauvin, inculte, le Rassemblement national est plus efficace que nous.

Danielle Bleitrach

(1) La télévision rendant un hommage à la « vertu incarnée » qu’aurait été Jospin a ressorti son attaque de Georges Marchais représentant de la classe ouvrière… C’est exactement ce moment que je décris dans le Zugzwang aux alentours de 1983. Celui où un PS qui a réussi à nous faire admettre une position défaitiste à l’égard de l’austérité, du libéralisme, des privatisations, attaque la représentativité de la classe ouvrière et ses révolutionnaires professionnels en les transformant en individus inefficaces, totalitaires… Au nom des couches moyennes…

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