Il ne m’apparaissait pas que l’on pouvait attendre de ces élections une véritable clarification des enjeux ni ce qui va avec une dérive à droite, mais les résultats sont les meilleurs qu’ils auraient pu être et préservent l’avenir. comme dans le cas de la belle victoire de Pierre Belloch à Vitry, la reconquête de Nimes . Qui parle et d’où parle-t-il, c’est la première question que l’on devrait se poser: en ce qui concerne ces brèves impressions, l’auteur en est danielle Bleitrach – qui ne suis membre d’aucun parti à l’inverse d’autres animateurs de ce blog. Franck Marsal en particulier fera certainement sa propre analyse de ces élections dont il a été acteur. Je précise donc que mon unique préoccupation est l’existence d’un parti communiste qui n’est pas celui existant après des décennies de « liquidation ». Un parti communiste dégageant une perspective vers le socialisme, un parti qui organise la classe ouvrière, le monde du travail, les couches populaires, et ne se contente pas d’en faire des distributeurs de tracts derrière leur champion du moment, un parti qui a une ligne claire respecté à l’interne et qui crée les conditions du rassemblement le plus large en faveur de la paix et de le reconstruction du pays, l’intervention citoyenne. Bref un parti qui me restitue l’honneur d’être française et pas de me faire abuser par des gens qui parlent de patrie pour mieux la trahir et la lier à la guerre, à la misère, à l’angoisse du lendemain.
Pour le reste j’ai refusé d’intervenir sauf quand les uns ou les autres s’inscrivent a contrario de ce que j’estime l’essentiel, en disant comme tout citoyen ce que l’on peut déplorer de ce jeu de dupe, des divisions stériles, des censures consensuelles et du manque de courage qui ne mène nulle part.
Dans cette optique qui est désormais la mienne, en assumant le décalage par rapport au mediatico-politique français, au nom des engagements d’une vie, il me semble que nous sommes devant des résultats, qui confirment les résultats du premier tour: il n’y a pas la vague annoncée ni pour le RN, ni pour LFI. Le PS, les Républicains sauvent les meubles mais sans que pour autant la question des alliances à nouer soit levée, ni pour les uns ni pour les autres. L’ambiance sur les plateaux de télévision dit bien l’embarras des commentateurs, eux qui n’ont cessé de nous faire peur. Ces courte vues qui peuvent déjà difficilement se concevoir face aux « intérêts » locaux sont impossible dans les échéances futures. Alors même qu’il est clair que beaucoup n’ont agi que dans la perspective d’une candidature aux présidentielles. Ils l’on fait quitte à détruire ce que pouvait représenter des municipalités pour les besoins et les revendications de couches populaires de plus en plus frappées par la crise et l’on sait que ce n’est qu’un début.
A priori, les communistes, étrangement absents des dits plateaux de télévision, alors qu’ils confirment et amplifient leur assise territoriale sont pris dans cette confusion. Pourtant partout les communistes maintiennent et amplifient leur audience et créent les conditions d’un congrès qui pourrait être sur le fond et concerner de ce fait plus que les militants actuels de ce parti. Ce qui me semble une nécessité, il faut à la fois que ce congrès soit l’affaire des militants pour qu’ils se sentent enfin engagés dans une orientation collective mais celle-ci doit être ouverte à tous ceux qui attendent quelque chose de crédible. Les Français ne renoncent pas à la politique, ils disent non au politicien qui est devenu un champ clos d’ambitions au sommet qui ruisselle les divisions, les communistes ne sont pas les plus mal placés pour ce terrain là. Il faut réfléchir à tout cela au fait que ceux qui s’abstiennent le plus sont les couches populaires mais aussi les jeunes avec 60% d’abstention chez les 18-35ans. Il y a là une responsabilité qui devrait dépasser les jeux politiciens, le parti communiste jadis en était capable, il n’y a pas de forces politiques aptes à lui succéder dans ce domaine, sans clientélisme mais avec la conscience de l’importance de ceux qui sont les vrais artisans du changement.
Il ne faut pas négliger l’impact de ce que représente ce parti même quand la mémoire tend à être effacée. En ce qui concerne Paris qui semble hors norme, tous les commentateurs ont souligné le rôle joué par une politique de défense de l’habitat social auquel le nom de Iann Brossat est attaché. En revanche, les unions de dernière minute et au sommet seulement connaissent un échec et il faut regarder pourquoi avec lucidité, l’union pour l’union n’est pas un recours. Quelle que soit la faiblesse du PCF, il apparait comme affrontant la droite et l’extrême-droite, on ne peut pas en dire autant de LFI. LFI a l’issue de ce scrutin n’apparait pas dans cette position conquérante et on peut s’interroger sur sa capacité jouer les coucous dans le nid de la gauche et incapable de conquérir des mairies sur sa droite et encore plus l’extrême droite, bref LFI, même non diabolisé ce qui est une bonne chose, ne paraît servir qu’à diviser la gauche et donc à conforter droite et extrême droite à cause du poids de la tactique présidentielle de son leader, ce qui entretiendra les divisions à gauche. Il en de même du RN qui exerce son « avancée » sur les terres de droite. Il y a une traduction des scores nationaux dans ces conquêtes mais aussi une fragilité dans la plupart de ces rares implantations, ils sont loin d’avoir transformé le tissu territorial, celui que l’on, dit le plus proche. et qui manifeste des résistances historiques.
les défaites étaient prévisibles et n’hypothèquent pas l’avenir, même la défaite à laquelle nous sommes le plus sensible à savoir la municipalité de Venissieux. L’analyse se fera mais il nous semble que cette défaite se joue dans un contexte départemental de confusions maximales, y compris celui de multiples tactiques ( la sortie « anti-islamiste » de l’ancien maire André Gérin totalement irresponsable), avec l’hostilité de la fédération du PCF du Rhône, l’incapacité à dégager une ligne pour le département qui ne soit pas celle de marquer partout des buts contre son camp avec une atomisation préjudiciable, des choix a contrario comme à Vaux en Velin. Tout cela a existé dans l’ancienne ceinture rouge et dans des anciens bastions de la région parisienne ou dans les Bouches du Rhône, dans le reste de la France, mais a pu être combattu y compris grâce à un engagement de la direction du PCF et suffisamment de relais dans l’amorce de choix de classe créant un contexte qui a freiné le chaos , abstention, et avancée du RN. Rien n’est joué mais rien n’est perdu au contraire. Venissieux était seul à porter une ligne dans un environnement de désagrégation des droites mais aussi de la gauche et du parti communiste lui-même.
Je voudrais ici citer un commentaire de Franck Marsal dans le dialogue qui est celui d’histoireetsociete et qui n’anticipe pas sur l’analyse qu’il fera lui même : « Tu as employé récemment Danielle une expression qui me fait réfléchir depuis quelques jours, tu as évoqué en parlant des affres de la « gauche », du ruissellement de l’idéologie dominante.Cette expression m’a fait mettre le doigt sur le fait que ce que nous combattons sur le plan idéologique, l’idéologie dominante, ne se présente pas à nous comme un bloc homogène, mais plutôt comme une cascade d’éléments en apparence contradictoires. C’est à dire que l’idéologie bourgeoise ne domine pas parce qu’elle parvient à se faire adopter comme un bloc cohérent, ce qui serait très difficile. Il lui suffit de répandre ce qui est nécessaire pour que se dominent dans les principales strates de la société, des idéologies qui peuvent présenter des divergences, voire des oppositions partielles sur des terrains parfaitement secondaires tout en restant parfaitement alignées sur l’essentiel. C’est pour cela que la bourgeoisie a besoin d’un appareil politique coûteux (auquel Marx opposait l’exemple du « gouvernement bon marché » de la Commune de Paris), complexe, générant sans cesse des oppositions stériles.
C’est ce que l’on trouve à la base du néo-impérialisme, de hégémon, qui ne gouverne pas les pays dominés en imposant un gouvernement venu de l’étranger, mais sélectionne les gouvernants et les oppositions qui peuvent s’écharper sous divers prétextes mais savent très précisément où se situent les lignes rouges de Washington : ils s’alignent spontanément, le plus souvent sans besoin de leur rappeler.
Ce qui fait l’isolement actuel d’un Pedro Sanchez, à l’exception duquel l’opposition des élites européennes au « Trumpisme » reste pour l’instant tout à fait conforme à ce Trump souhaite : des déclarations extrêmement mesurée cachant qu’on facilite autant que possible la perpétuation de la domination. »
Alors que nous approchons inéluctablement désormais du moment où cet ensemble va se fracturer, il est imprtant de réfléchir à la construction du bloc de classes et de couches sociales qui pourra lui donner le coup de grâce.
Oui c’est exactement ce que je tente d’avancer dans mon livre sur le Zugzwang et quand je cite Lénine sur les divisions de la classe dominante.. les divisions au sein du monde politicien français actuellement sont le « ruissellement » de la classe dominante : leur origine n’est pas à rechercher dans la gauche ou dans la droite mais dans le mouvement du capital: la réponse n’est pas dans l’enfermement dans ces jeux politiciens auxquels semblent nous condamner les élections mais bien dans la réponse apportée partout à ce capital mortifère et autodestructeur et seul un véritable parti communiste peut organiser la rupture, le Que faire?
C’est pour cela que nous publions ce texte de Marie Christine Burricand qui dit calmement ce qui paraît évident à savoir que les camarades de Venissieux ont parié sur l’avenir et cet avenir est apparu dans maint endroit y compris quand le représentant du PCF ne l’a pas emporté comme dans le cas du Havre mais a posé un point de vue de classe et néanmoins rassembleur. Quand après un tel travail, celui des camarades de Venissieux obligés de se garder à droite comme dans une pseudo radicalité de gauche, il y a seulement 25 voix qui séparent les communistes de Vénéssieux des « coucous » de LFI, ce pseudo succès contre les communistes ou même contre le reste de la gauche est très fragile non seulement parce que le vainqueur ne voit même pas qu’il perd son assise de député, cela rappelle l’implantation de Melenchon à Marseille, le fait que dans les quartiers conquis théoriquement par LFI en ce temps là on en est à 70% d’abstention, il faut mesurer les vulnérabilités ainsi créées voire qu’alors face à des couches plus aisées c’est le blocage de Toulouse, ou celui d’Avignon… Il faut considérer la « dynamique » d’un tel assaut en dehors de prétendre assurer une assise territoriale à Mélenchon. Quel est l’avenir de cette « victoire » sur les communistes ? parce que l’assaut fratricide qui a été mené ici comme à Vitry et dans le Val de Marne de la part d’un candidat France Insoumise est plus qu’inquiétant il joue un jeu qui ressemble plus à celui de Doriot. Alors qu’il faut rassembler pour faire face aux défis qu’il sera difficile d’éviter. Il faut plus que jamais poursuivre dans une ligne qui est celle du courage et de l’union à la base, sans ennemi a priori mais en dénonçant les divisions politiciennes.
En se disant que le chemin tracé pour peu qu’on en poursuive le fil est celui du refus de la défaite dont je m’acharne à dire qu’il n’y a pas d’autre voie et dans ce « remplacement » il n’y a aucune réponse ni au plan local ni à celui de la nation dans son développement et de sa souveraineté. Est-ce que pour autant on peut considérer que cette résistance du PCF est à la hauteur des enjeux certainement pas mais nul ne pourra le faire à la place des communistes eux-mêmes dans leur capacité comme l’esquisse ici M.C. Burricand à partir de ce que représente une municipalité communiste et les enseignements que l’on peut tirer d’une bataille.
(note de danielle Bleitrach)
C’est déjà extraordinaire de l’avoir gardé si longtemps! par M.C Burricand
C‘est dans une tranquille discussion un matin d’été que ma plus jeune fille de 25 ans m’a fait cette remarque alors que je lui faisais part de mes inquiétudes quant aux municipales qui allaient se dérouler; Cette petite phrase a raisonné en moi pendant tous ces longs mois d’une campagne difficile, parce qu’elle disait l’essentiel: le combat des communistes, toujours avec le souci du rassemblement de la gauche, pour cette ville et le fait que ce qui a été réalisé ne pourra s’effacer, même par la lanterne magique de la France Insoumise.
La vie politique est faite de victoires et de défaites mais aucune défaite n’efface durablement le chemin tracé pour peu d’avoir le courage d’en poursuivre le fil. 25 petites voix nous séparent de la liste conduite par Iir Boumertit, qui n’a pas réussi à battre la droite sur sa circonscription trop occupé à battre la gauche, Et si nous avons perdu, nous n’en sommes par pour autant défaits et bien debouts . Le temps viendra demain des « pourquoi » , « comment » et « que faire ». Mais c’est dans ce que nous avons construit ensemble que nous trouverons la force d’avancer, merci à tous ceux qui ces derniers mois ont donné de leur temps et de leurs forces!
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