Histoire et société

Dieu me pardonne c'est son métier

Zugzwang, quésaco ? par Jaklyne Boyer

La video de mon débat à la librairie Tropique connait un succès imprévu elle a déjà dépassé le chiffre de lecteurs de toutes nos publications, peut-être est-ce la fin de la civilisation écrite à laquelle je reste si attachée. Jaklyne qui l’a visionnée mais a aussi lu le livre nous a envoyé ce compte-rendu de lecture. Et je confirme qu’il y a là le sens de ce livre, le sens d’une vie puisque j’invite chacun à réfléchir au sens qu’il donne à la sienne… dans ce temps du grand basculement…

Comment rendre compte de cet essai foisonnant et dense ? Comment inviter à y entrer et à le lire ? Parler de son autrice,  une sociologue,  universitaire,  une « vielle dame » comme elle le dit d’elle même souvent ? Une juive, idem ? Mais surtout une indécrottable communiste, blacklistée par le PCF actuel, ce qui n’est pas à son honneur. J’ai finalement choisi de présenter mon texte qui se veut avant tout une invitation à entrer dans la proposition de Danielle Bleitrach et agir pour faire  bouger les lignes :

Publié le 22 mars 2026 par Boyer Jakline

chapitre 2, page 27 : Est-ce que quelqu’un a la moindre idée de ce qui se passe en réalité ? 

Questionnement qui est à l’origine de mon blog. Car l’enjeu numéro 1 avant d’aller plus avant, c’est de dévoiler l’enfumage : le réel méthodiquement nié,  réécrit sur le mode  » les faits sont libres, mais les commentaires sont sacrés « . C’était une boutade d’un étudiant brillant en journalisme que j’ai eu le bonheur de croiser.  Il y a 20 ans. Depuis c’est devenu la réalité de « l’information ». Un mot a même été créé : la post vérité.

Or, l’enjeu est vital pour ceux qui ne se résignent pas.  Où sommes-nous ? Dans quel monde vivons nous ? Et surtout qu’est-ce qui est déjà là qui justifie ces efforts fantastiques des dominants pour que nous n’y ayons pas accès ?

Ce qui est déjà là et de manière irréversible c’est le monde multipolaire soit la fin du l’hégémonie totale de l’impérialisme sur la planète. Et tous les efforts de l’impérialisme pour récupérer cette position le place dans une situation plus difficile. Voilà le Zugzwang, terme emprunté au jeu d’échec, ce jeu stratégique où les Russes sont si efficaces. Il s’agit d’un geste qu’entreprend un joueur en difficulté qui, loin de le sortir de l’impasse, le met en position plus difficile. Lui et toute la partie. L’opération en cours contre l’Iran plaide pour cette analyse. Mais il y en a eu d’autres avant. Le monde multipolaire est composé de pays, anciens pays colonisés qui ont repris leur marche en avant après avoir gagné leur indépendance. Ils sont divers, à bien des égards en opposition entre eux, mais unis par leur volonté de souveraineté. 

Petite remarque en passant.  Quelqu’un a écrit : les Russes jouent aux échecs,  les Américains au poker. Y compris menteur,  j’ajouterai.  Avoir à sa tête un businessman, « syndic de faillite » selon Danielle Bleitrach, amplifie le recours au poker menteur.

Ce caractère est-il irréversible ? Oui  selon l’essai.

Notre pays est-il dans la catastrophe ? Non, ce sont les dominants qui diffusent dans toute la société leur catastrophe car, non, aujourd’hui ils n’arrivent plus à faire ce qu’ils veulent… malgré les apparences  vous savez que l’on dit trompeuses.

Elle prétend que notre pays est dans une situation révolutionnaire,  mais citant Lénine après Marx, la situation peut être révolutionnaire dans ses conditions objectives, sans qu’advienne une révolution car il y faut la condition subjective, l’intervention des masses. Or  ces conditions subjectives ne sont pas réunies.

Les conditions objectives, vite dit, « quand le sommet  ne peut plus et ceux d’en bas ne veulent plus ». Il est aussi relevé dans un autre moment, discussion avec des amis Algériens que la révolution est quelque chose de grave, on ne s’y engage pas comme ça… ce que savent les peuples.

Le zugzwang chez nous, c’est convoquer des élections législatives anticipées   recevoir une gifle des électeurs, s’assoir sur le résultat des élections et se retrouver dans une situation pire. Tout le pays dans une situation pire  pas seulement l’irresponsable élu de l’Élysée.

Dans sa vie tumultueuse, Danielle Bleitrach a eu des rencontres essentielles. Cuba en premier lieu et j’en retiens ce qui me paraît décisif pour nous ici et maintenant, l’injonction de Fidel Castro : ne jamais laisser entrer dans nos esprits l’idée de la défaite. Si vous êtes vaincus dans la tête, vous êtes déjà vaincus. Cette idée est toujours vivante à Cuba qui subit un dernier assaut génocidaire du syndic de faillite.

Or, la solidarité internationale prend une nouvelle dimension.  Se souvenir : Cuba n’est pas qu’une île, Cuba est un défi. Pour toute l’Amérique latine. Pour le monde entier. 

Réflechissez aux si nombreux moments chez nous où  nous sommes invités à geindre. Meilleur moyen de LEUR accorder la victoire. Alors que dans les souterrains de la société et de la conscience commune  « la taupe de l’histoire creuse et avance ». Et l’histoire révolutionnaire a de quoi se nourrir en France,  non ? Voir, dernier en date, l’écho mondial, oui mondial, du mouvement des Gilets Jaunes. Voilà qui a donné aux acteurs de cette lutte un « sens à leur vie », ce a quoi invite le lecteur Danielle Bleitrach : quel est le sens de notre vie? Pas moins.

Peut-être vais-je finir cet invitation à lire l’ouvrage en citant Victor Hugo, qu’elle convoque pour expliquer le sous-titre de son essai « le cahier du pourquoi ». Victor Hugo qui était interrogé sur les mouvements révolutionnaires en France,  pourquoi ces mouvements, répondit : parce que… »

L’ouvrage est une invite à un autre « parce que « .

Beaucoup de choses encore à y découvrir, à réfléchir et partager pour nourrir l’indispensable agir. Ici, c’est mon parti pris.

En lien, la vidéo d’une rencontre autour du livre dans une librairie parisienne il y a quelques jours. 

« Le Zugzwang. La Fin du libéralisme libertaire. Et après ? » de Danielle Bleitrach

« Le Zugzwang. La Fin du libéralisme libertaire. Et après ? » Danielle Bleitrach – rencontre à la librairie Tropiques autour de son livre

Le béret, guerillera ? « Le béret, c’était pour me protéger de la pluie incessante » m’explique-t-elle au téléphone. (Je remercie jaklyne de me permettre de souligner que le béret que je n’ai pas quitté durant mon séjour parisien (il y a une autre video dans laquelle j’ai la même coiffure qui va bientôt être diffusée) n’est pas simplement un rappel de mes sympathies cubaines mais une manière de lutter contre le climat parisien et la pluie froide et incessante qui vous laisse hirsute quand vous l’enlevez.

Publié dans Du grain à moudre1917-1991. Et après…

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