Bulletin d’information d’Andrew Korybko
Peut-être faut-il replacer les résultats des municipales dans ce qui a été systématiquement écarté des débats en laissant Macron complètement inféodé à l’UE et quoiqu’il en dise à l’OTAN, avancer dans la zone de tous les dangers en Ukraine. Ce que l’on présente dans une manipulation médiatique comme une atomisation dont les seuls maitres seraient le RN et LFI, n’est-il pas d’abord l’incapacité à apporter des solutions à des menaces qui marquent de plus en plus le quotidien des Français, l’énergie, la militarisation de l’économie avec le sacrifice des services publics, de la santé, de l’éducation ? (note et traduction de Danielle Bleitrach pour histoireetsociete)
André Korybko 16 mars 2026

Si les États-Unis supervisent l’optimisation du complexe militaro-industriel de l’UE, de sa logistique militaire et d’autres questions liées à la défense dans le but de « surpasser » les capacités russes dans ce domaine, alors le défi auquel la Russie pourrait être confrontée le long de sa frontière occidentale pourrait être similaire à celui de juin 1941.
Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a réaffirmé la position de longue date de la Russie lors d’un récent entretien, déclarant : « Nous n’attaquerons aucune partie de l’Europe. Nous n’avons absolument aucune raison de le faire. Et si l’Europe choisit de concrétiser ses menaces de guerre et de lancer une attaque contre la Russie, le président a précisé qu’il ne s’agira pas d’une opération militaire spéciale de notre part, mais d’une riposte militaire d’envergure, mobilisant tous les moyens militaires disponibles, conformément à la doctrine en la matière. »
Pour être clair, la Russie n’a jamais envisagé de déclencher une Troisième Guerre mondiale en envahissant les pays baltes et/ou la Pologne, dont les populations hostiles constitueraient une menace sécuritaire permanente en cas d’occupation. Ces affirmations contraires ne sont que le reflet des traumatismes liés aux périodes les plus sombres de leur histoire conflictuelle avec la Russie, dont les détails dépassent le cadre de cette analyse. Il suffit de savoir que les accusations de revanchisme russe militant à leur égard sont dénuées de tout fondement.
Cela étant dit, il ne fait aucun doute que la Pologne et ses alliés européens de l’OTAN constituent, de manière générale, une menace crédible pour la sécurité de la Russie. Cependant, la nature de cette menace évolue et, par prudence, Poutine n’autorisera pas une première frappe au risque de déclencher une Troisième Guerre mondiale. Avant le développement par la Russie de missiles hypersoniques, l’infrastructure de défense antimissile américaine en Pologne limitait les capacités de riposte nucléaire russe, mais ces mêmes armes ont depuis rétabli la parité stratégique en neutralisant cette menace.
La dernière menace émanant de Pologne à l’encontre de la Russie concerne son renforcement militaire sans précédent, qui lui a permis de disposer de la plus grande armée de l’UE avec plus de 215 000 hommes, avec l’objectif d’atteindre 300 000 hommes d’ici 2030 et un demi-million d’ici 2039 (dont 200 000 réservistes). « L’Allemagne rivalise avec la Pologne pour mener la stratégie d’endiguement de la Russie », tandis que l’UE a promulgué l’année dernière le plan « Réarmer l’Europe » de 800 milliards d’euros , et que toutes ces réserves atteindront rapidement la frontière russo-biélorusse en raison de l’« espace de Schengen militaire ».
Il s’agit du pacte conclu début 2024 entre les Pays-Bas, l’Allemagne et la Pologne pour faciliter le passage des troupes et du matériel à travers leurs frontières, avec des projets d’adhésion de la Belgique et de la France. Le flanc oriental de l’OTAN se militarise également rapidement, non seulement en doublant ses acquisitions d’armements et ses effectifs, mais aussi en renforçant ses infrastructures. La « ligne de défense de l’UE », qui relie la « ligne de défense balte » et le « bouclier oriental » polonais, se transforme rapidement en un nouveau rideau de fer.
Plus inquiétant encore, la stratégie de défense nationale de Trump 2.0 affirme que « l’OTAN européenne surpasse largement la Russie en termes d’échelle économique, de population et, par conséquent, de puissance militaire latente ». Il est donc impératif de gérer au mieux cette situation afin de contenir efficacement la Russie. Bien que la Russie soit en train de remporter la « course logistique » et la « guerre d’usure » contre l’OTAN en Ukraine, il lui sera de plus en plus difficile de conserver son avance, et la potentielle supériorité de l’UE sur ses capacités pourrait devenir une menace existentielle en cas de conflit.
C’est dans cette perspective que Lavrov a fortement laissé entendre que la Russie utiliserait l’arme nucléaire en réponse à toute invasion hypothétique de l’UE. Si les États-Unis supervisent l’optimisation du complexe militaro-industriel, de la logistique militaire et d’autres aspects liés à la défense de l’UE, le défi auquel la Russie pourrait être confrontée à sa frontière occidentale pourrait être similaire à celui de juin 1941. Contrairement à cette époque, la Russie est aujourd’hui une superpuissance nucléaire, et cela pourrait être le seul facteur dissuasif pour l’UE d’envahir son territoire.
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