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Dieu me pardonne c'est son métier

Les alliés des Etats-Unis dans le Golfe persique s’interrogent sur ses capacités de protection

Monde

Hier, le pétrole a commencé par une hausse vertigineuse, puis s’est rétracté après des déclarations, comme toujours contradictoires, de Trump expliquant que « la guerre avec l’Iran est presque terminée » et la perspective de l’utilisation des réserves stratégiques de pétrole par les pays du G7. Il est probable que les agences et gestionnaires du marchés, les banques dominantes du grand capital sont intervenues à tous niveaux pour calmer la tempête. C’est une chose qui est bien rodée, lorsque les marchés fluctuent trop. Deux possibilités se présentent alors : soit la fluctuation ne reposait pas sur des tendances fondamentales, mais sur un concours de circonstances, dans ce cas, l’intervention calme la tempête et le temps redevient clair. Soit la fluctuation n’était que la traduction d’un mouvement objectif et durable, et dans ce cas, l’effet de l’intervention n’est que temporaire et le mouvement repart de plus belle quelques jours plus tard. La guerre déclenchée par l’agression états-unienne a déjà modifié en profondeur la structure des relations dans l’espace géographique du proche et moyen orient. Elle a fait apparaître un espace entre les deux ennemis jusqu’ici déclarés, Israël-USA d’un côté, Iran de l’autre. Jusqu’ici, les conflits entre ces protagonistes se déroulaient soit par des acteurs intermédiaires, autour de la Palestine, soit survolaient une série de pays, qui ne se sentaient qu’indirectement concernés, protégés qu’ils étaient par le « parapluie états-unien ». Cette protection avait deux composantes : la première, réelle, consistait en une série de bases militaires, pour lesquelles les pays concernés payaient (cher) la protection. L’autre partie était d’ordre symbolique, dissuasif : les USA étant la première puissance mondiale, personne – en tous cas aucun état de la région – ne pouvait s’en prendre à ces bases, et donc, à ces pays. Ces deux modes ont volé en éclats. Les bases et pays concernés ont été attaqués par l’Iran, et pas qu’un peu, massivement. Les armes et notamment la défense anti-missile s’est révélée très faible. Et dans la série des « clients » de la protection des USA, ces pays se sont soudain aperçus qu’ils étaient très mal placés : les moyens sont aujourd’hui principalement affectés à Israël. Pour les dirigeants, en général réactionnaires et autocratiques de ces pays, c’est un désaveu cinglant, eux qui se pensaient « à la table des grands ». Malgré les efforts de leurs dirigeants pour se tenir à l’écart du conflit, ces pays sont directement concernés et leur structure sociale va inévitablement se polariser (note de Franck Marsal pour HistoireetSociété)

Les pays de la région du Golfe se sentent vulnérables après que Washington a unilatéralement déclenché un conflit contre l’Iran.

attaques en provenance d'Iran

Les pays de la région du Golfe persique envisagent de revoir leurs investissements de plusieurs milliards de dollars dans l’économie américaine afin de faire pression sur le gouvernement pour qu’il mette fin aux hostilités. Photo : EFE.

Les alliés des États-Unis dans le Golfe persique s’interrogent sur ses capacités de protection.


7 mars 2026

Les pays du Golfe ont mis en doute samedi la capacité et la volonté des États-Unis de les protéger des menaces existentielles qui pèsent sur eux, selon l’analyse des médias internationaux. Cette méfiance est apparue après que Washington a lancé une guerre contre l’Iran sans consulter ses alliés régionaux.

Les pays du Golfe persique se sentent trahis par les États-Unis . Ayant entretenu des liens étroits en matière de sécurité avec l’administration Trump, ils envisagent désormais de revoir leurs investissements de plusieurs milliards de dollars dans l’économie américaine afin de faire pression sur les États-Unis pour qu’ils cessent les hostilités.

À présent, ils estiment que Washington a failli à sa mission de les protéger des menaces existentielles . Cette situation fait suite à une guerre contre l’Iran, lancée sans consultation de ses alliés régionaux , les laissant extrêmement vulnérables. L’Arabie saoudite, le Qatar, les Émirats arabes unis, Bahreïn et le Koweït sont les pays touchés.

Dans ce climat de méfiance, les médias britanniques rapportent que ces pays envisagent de revoir leurs investissements de plusieurs milliards de dollars dans l’économie américaine. Cette mesure pourrait servir de levier pour forcer la fin du conflit.

Ce retrait potentiel de capitaux intervient alors que la région est devenue un champ de bataille en raison des contre-attaques iraniennes. Les forces iraniennes ont frappé des cibles militaires américaines dans la quasi-totalité du Moyen-Orient, affectant des installations américaines dans les pays du Golfe et en Irak.

Le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) a confirmé, dans le cadre de ses opérations de représailles, le lancement de plus de 2 000 drones et 600 missiles contre des positions américaines et des cibles israéliennes.

L’absence de concertation de Washington et l’efficacité des ripostes iraniennes ont ébranlé la confiance, longtemps accordée à la protection du Pentagone . Cette situation contraint les dirigeants régionaux à revoir leurs engagements stratégiques et financiers envers les États-Unis, marquant un tournant dans les relations bilatérales.

La riposte de Téhéran s’est étendue au-delà des frontières saoudiennes, atteignant des cibles stratégiques aux Émirats arabes unis. Selon des médias internationaux, le consulat américain à Dubaï, bastion historique de l’espionnage et de la surveillance des affaires iraniennes par les diplomates américains, a été la cible de frappes de drones qui ont directement touché le parking et plusieurs zones opérationnelles du siège consulaire.

L’évaluation des dégâts a confirmé deux attaques directes contre l’ambassade et des centres de renseignement à Riyad, ayant entraîné  l’effondrement de toitures et des dommages importants aux infrastructures critiques. Ces actions soulignent la vulnérabilité des missions diplomatiques américaines dans la région, qui demeurent en état d’alerte maximale face à la vigueur de la contre-offensive de la République islamique.

Auteur : teleSUR-er – RP

Source : Agences

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