Le contrôle des communications internet internationales permet bien sûr un contrôle de leur contenu et donc de l’activité de l’ensemble des populations concernées. Derrière ces aspects, se situe la question du contrôle de l’internet, réseau fondé par les USA et en particulier l’agence de la défense DARPA et qui demeure largement sous le contrôle et la position dominante d’acteurs états-uniens, en particulier les multinationales principales dites GAFAM. Le principal câble sous-marin reliant l’Amérique du Sud à l’Asie par le Pacifique est un câble entre le Chili et l’Australie appartenant à la firme Google. L’administration Trump qui s’est fixé comme objectif de reprendre le contrôle complet de l’Amérique du Sud en fait un cheval de bataille, mais, comme le montre l’article ci-dessous, il n’a pas suffit pour elle d’obtenir l’élection d’un gouvernement d’extrême-droite dans ce pays. Les intérêts économiques du Chili eux-mêmes et les liens avec la Chine pour le développement du pays portent par nécessité ce pays vers le monde multipolaire, c’est à dire vers le développement de partenariats avec l’ensemble des pays, dont la Chine bien entendu (note de Franck Marsal pour Histoire&Société).
Pierre Cappanera
17 h ·
CHILI, Santiago le 6 mars 2026
Les USA sont vent debout contre ce projet de câble sous-marin direct entre la Chine et le Chili. Ce serait le premier câble qui relierait directement l’Asie à l’Amérique Latine. Jusqu’à présent toutes les liaisons entre Asie et Amérique Latine passent par les USA comme la très grande majorité des communications entre Amérique Latine et Europe. Dans l’univers de la communication, l’Amérique Latine est une île qui dépend des USA.
Ces câbles de communication sous-marins appartiennent dans la majorité des cas aux grandes entreprises US (Google, Facebook, Amazon, Microsoft…). Le projet Chine-Chili serait un partenariat entre Chine et Chili, sans entreprise US.
La droite chilienne et ses médias se sont immédiatement alignés sur la position US.
Mais c’est là que l’on découvre que l’entreprise créée pour mener ce projet a fixé son siège au cabinet d’avocats du futur ministre de la Défense de Kast. De plus un des principaux artisans chiliens de ce projet est le fils d’un des anciens ministres de Piñera. Enfin le futur ministre des Affaires étrangères de Kast était le PDG du groupe Luksic, le plus puissant groupe industriel et financier du Chili. Et aujourd’hui ce groupe travaille principalement avec la Chine.
Le président de l’association des exportateurs chiliens de l’Agroalimentaire (deuxième poste d’exportation après les minéraux) a envoyé une lettre a Kast pour lui rappeler que son secteur dépendait énormément de la Chine, pas des USA. Donc attention à ne pas se fâcher avec la Chine !
La Chine représente 40% du commerce extérieur chilien, loin devant les 15% des USA.
Kast a choisi pour le moment de ne pas trancher. Il va bien falloir pourtant qu’il le fasse rapidement. Il ne veut fâcher ni les USA ni la Chine ni ses propres amis qui se font beaucoup d’argent en travaillant avec la Chine. Il sait que si la Chine considère que le Chili n’est plus un partenaire fiable, les conséquences pourraient être très dures. En même temps, il y a là une belle opportunité pour le Chili : ce câble se fera de toute façon un jour avec ou sans la permission de Trump. Sauf qu’il pourrait ne pas passer par le Chili mais par le Pérou, l’Équateur ou la Colombie…
Cette situation représente bien toutes les contradictions du système impérialiste US. Les USA qui veulent reprendre la main au Chili, n’ont absolument pas les moyens de remplacer la Chine. Kast voudrait bien s’aligner derrière Trump mais il n’est pas libre de ses mouvements. Il dépend d’abord des grands groupes économiques chiliens qui, pragmatisme oblige, ont les yeux tournés vers la Chine.
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