Histoire et société

Dieu me pardonne c'est son métier

Les ultras-riches déboursent jusqu’à 200.000 dollars pour s’enfuir mais quelle est la réaction des Etats du Golfe…

Nous prétendons dans notre livre que nous sommes dans un contexte de censure militaire comparable à celle de l’affaire Dreyfus dans lequel alors que l’on prétend défendre la patrie, on se bat pour une caste immonde qui nous conduit à l’abime. Le premier travail est de dépasser ce tintamarre et de se poser la question de savoir qui s’exprime dans les médias et même sur les réseaux sociaux et quelles sont les populations que l’on prétend défendre. Quand il s’agit de Dubaï et d’autres monarchies du golfe, mais Dubaï est caricatural, pour illustrer la défense de nos exilés fiscaux et de nos « influenceuses » qui ne cessaient de vanter les vertus des modèles de ces plateformes de l’ultralibéralisme et de l’argent apparemment facile. Ces États pétroliers ou gaziers corrompus et ne vivant que de l’exploitation de gens misérables de l’océan indien, quand ce n’était pas comme à Barhein un sultanat sunnite avec une population massivement chiite périodiquement en révolte matée grâce à l’aide des USA. Ce qui fait que l’opinion et donc celle des dirigeants est loin d’être unanime en faveur de l’opération aventuriste et criminelle menée contre l’Iran et maintenant contre le Liban. est-ce que la stratégie de l’Iran dans ce domaine aussi est en train de marquer des points…

Nous sommes dans une guerre prolongée dont le front commence à s’élargir et de ce point de vue il faut éviter deux écueils : celui qui suivrait la propagande occidentale et qui fait de ses échecs matière à triomphe. C’est le plus fondamental de cette période et la description ici de cette fuite éperdue des richissimes et de leurs publicistes a le mérite de rétablir une réalité, celle qui conduit à une répétition de ce qui s’est passé au Vietnam, en Afghanistan. En mesurant que nous avons là une caisse de résonance qui va bien au-delà du Golfe et le soutien de fait apporté aux Etats-Unis et à Israël est une poudrière dont Macron a choisi de nous faire partager le destin.

Qui a la parole dans les monarchies du Golfe, dans la planète et en France ? Bonne question, avez-vous entendu s’exprimer l’inquiétude massive de nos compatriotes qui faute de perspectives politiques réagit à sa manière en se ruant vers les pompes à essence. Que penser des « sondages » aux mains du pouvoir qui proclament une remontée de Macron dans l’opinion publique ? Il y a -t-il la moindre correspondance entre l’opinion réelle et celle qui prétend organiser un consensus autour de l’idée qu’Israël ne fait que se défendre ?

Mais nous nous méfions également des bulletins de triomphe prématurés même s’il faut montrer comme le fait cette présentation dans la deuxième partie de cet article concernant la protestation au sein même de l’élite dirigeante de ces monarchies du Golfe qui pense que la paix est là sans effort en particulier pour notre propre gouvernement Macron qui s’est tout de même refendu d’un bulletin destiné à rassurer sur la nature de l’engagement français et ce alors même qu’il poursuit une politique coordonnée avec le couple infernal USA et Israël (note et traduction de Danielle Bleitrach pour histoireetsociete)

Une débacle qui fait irrésistiblement songer à celle du Vietnam et de l’Afghanistan. Description dont nous n’avons pas changé une ligne…

Certains habitants fortunés de Dubaï déboursent plusieurs centaines de milliers de dollars pour quitter les Emirats arabes unis. REUTERS/Kai Pfaffenbach

Certains habitants fortunés de Dubaï déboursent plusieurs centaines de milliers de dollars pour quitter les Emirats arabes unis. REUTERS/Kai Pfaffenbach© Kai Pfaffenbach

« Il est temps de partir » : les grandes fortunes de Dubaï cherchent par tous les moyens à quitter ce scintillant paradis fiscal cosmopolite, déboursant parfois des centaines de milliers de dollars pour fuir une guerre régionale dont elles redoutent la durée.

Entre le désert et la mer, la ville des Émirats arabes unis attire de longue date les millionnaires, séduits par sa fiscalité avantageuse, sa sécurité et des autorités favorables à l’entrepreneuriat et au commerce. Mais quand missiles et drones iraniens ont commencé à pleuvoir samedi au-dessus des gratte-ciel, certains ont payé des sommes astronomiques pour s’assurer une voie de sortie, l’espace aérien émirati étant partiellement fermé et les vols commerciaux extrêmement rares.

« Quand on a vu le feu, on s’est dit ‘OK il est temps de partir’ », raconte Evrim, résidente turque, en référence à l’incendie survenu dans un hôtel de luxe près de sa maison, sur le célèbre archipel d’îles artificielles The Palm, après la chute d’éclats de missiles. Avec son époux et leurs deux jeunes enfants, elle a payé 200 000 dollars pour s’envoler du sultanat d’Oman voisin vers Genève, où ils comptent s’installer en attendant la fin de la guerre.

La famille ne voulait pas attendre, craignant un enlisement du conflit surtout en cas d’entrée en guerre de l’Arabie saoudite, qui contrôle une grande partie de l’espace aérien régional. Pour rejoindre Mascate, ils ont conduit pendant six heures à travers le désert. « On était très anxieux, explique-t-elle. Surtout pour les enfants, quand ils ont entendu le son (des interceptions de missiles), ils ont eu peur ».

Les Émirats, ciblés selon les autorités par plus de 800 drones et 200 missiles, avec trois morts à déplorer, subissent de plein fouet les frappes iraniennes sur le Golfe, en représailles à la campagne israélo-américaine. Les aéroports et les installations pétrolières, au cœur de l’économie, comptent parmi les cibles touchées.

Plusieurs gouvernements étrangers, dont le Royaume-Uni et l’Allemagne, envoient des avions à Oman pour évacuer leurs ressortissants, alors qu’un nombre réduit de vols commerciaux partent des aéroports émiratis.

Mais les plus aisés trouvent des alternatives. Glenn Phillips, responsable des relations publiques pour Air Charter Service, un courtier proposant des services de jets privés à l’international, indique que « la demande augmente clairement ». « Nous avons déjà organisé un certain nombre de vols d’évacuation et d’autres sont prévus (…), principalement au départ de Mascate », développe-t-il. Tout en ajoutant que « l’itinéraire vers Oman est le plus prisé ». Néanmoins, l’encombrement à la frontière nécessite d’attendre trois ou quatre heures.

Selon lui, les prix s’envolent en raison du manque d’avions, beaucoup étant cloués au sol. Même les opérateurs de jets privés hésitent à voler en raison de préoccupations sécuritaires.

La demande de voitures privées pour quitter les Émirats a explosé, indique Mike D’Souza, coordinateur des opérations chez Indus Chauffeur à Dubaï, qui note que sa clientèle est principalement composée de riches occidentaux. Beaucoup rejoignent l’Arabie saoudite, où les aéroports fonctionnent encore, même si l’obtention de visas pour le royaume peut constituer un défi.

Pour les plus modestes, la fuite est ardue. Un expatrié britannique, qui a souhaité garder l’anonymat, a confié qu’il lui a été extrêmement difficile de trouver un vol commercial au départ de Mascate pour lui-même, sa femme enceinte et leur fils de trois ans. « Les prix sont extrêmement élevés et les sièges disparaissent rapidement pendant que vous essayez de réserver », explique-t-il.

Ils ont finalement réussi à décrocher un vol pour la ville indienne d’Hyderabad, d’où ils s’envoleront pour la Thaïlande. « Même si mon fils ne comprend pas ce qu’il se passe, cela l’a clairement perturbé et ma femme a également été anxieuse. Cela dit, nous aimons profondément Dubaï, que nous considérons comme notre chez-nous », témoigne-t-il. « Nous avons pleinement l’intention d’y revenir une fois que notre bébé sera né et que la situation se sera calmée », poursuit-il. Sans pour autant savoir quand.

les Etats du Golfe comme l’a prévu l’Iran sont-ils en train face à l’incapacité des occidentaux à assurer leur sécurité sont-ils en train de conclure des accords pour arrêter les frappes ?

Les États du Golfe concluent des accords avec l’Iran pour arrêter les frappes. Les bases américaines dans la région ne seront jamais reconstruites.Le Qatar déclare qu’il n’autorisera pas les États-Unis à utiliser son espace aérien contre l’Iran.

Si cela se confirme, c’est un basculement historique : les bases américaines ne protègent plus le Golfe, elles le mettent en danger. »

Monique Plaza :

« Ahmad Al Habtoor, éminent milliardaire des Émirats arabes unis, vient de publier une lettre ouverte à Trump. Elle est cinglante.

« Qui vous a donné l’autorité d’entraîner notre région dans une guerre contre l’Iran ? Qui vous a autorisé à transformer notre région en champ de bataille ? »

Al Habtoor est une figure majeure : milliardaire, ancien diplomate et voix politique influente dans le Golfe. Quand il parle, les dirigeants des Émirats arabes unis l’écoutent.

Ses questions :

* Était-ce votre décision ou la pression de Netanyahu ?

* Avez-vous calculé les dommages collatéraux avant de tirer ?

* Vous avez placé les pays du CCG au cœur d’un danger qu’ils n’ont pas choisi.

* Vos initiatives du « Conseil de la paix » ont été financées par les États du Golfe. Aujourd’hui, nous sommes attaqués. Où est passé cet argent ?

* Vous aviez promis de ne pas faire de guerre. Vous avez mené des opérations dans sept pays : Somalie, Irak, Yémen, Nigéria, Syrie, Iran et Venezuela.

* 658 frappes aériennes durant votre première année de mandat = autant que durant tout le mandat de Biden (que vous avez critiqué).

* Les opérations de guerre coûtent entre 40 et 65 milliards de dollars, soit potentiellement 210 milliards de dollars au total.

* Votre cote de popularité a chuté de 9 % en 400 jours.

* On a promis la paix aux Américains. Or, leurs impôts financent la guerre.

La phrase la plus cinglante : «Avant même que l’encre de votre initiative du Conseil de la paix ne soit sèche, nous nous retrouvons confrontés à une escalade militaire qui met en péril toute la région. Où sont donc passées ces initiatives ? »

Al Habtoor n’est pas un simple critique. Il fait partie de l’establishment. Il est bien connecté. Lorsque les élites des Émirats arabes unis commencent à remettre publiquement en question les décisions de Trump, ce sont les alliés arabes les plus proches des États-Unis qui disent : « Nous n’avons pas signé pour ça. »

La lettre conclut : « Le véritable leadership ne se mesure pas aux décisions de guerre, mais à la sagesse, au respect d’autrui et à la volonté de construire la paix. »

🔻Tweet de KhalafAlHabtoor:

https://twitter.com/khalafalhabtoor/status/2029442279170293996…

🔻Tweet de Mario Nawfal ayant présenté ce texte:

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