Histoire et société

Dieu me pardonne c'est son métier

Les États-Unis ont institué leur propre « jour de la honte », par Gevorg Mirzayan

Dans le basculement historique que nous sommes en train de vivre, les démonstrations de puissance de l’hégémonie occidentale avec les actes illégaux et qui détruisent l’ordre international sur lequel ils prétendent vivre sont frappés du sceau de ce qu’a représenté l’axe nazi de la deuxième guerre mondiale. C’est ce dont ont tout à fait conscience les Russes et que nous analysons par ailleurs en détail en montrant en particulier comment « la guerre préventive » de Bush est en train de trouver son stade ultime. Non pas que la paix et son camp ait gagné sur le « fascisme belliciste », il faudra encore beaucoup d’efforts et de prises de conscience, mais la victoire est obligatoire ou alors c’est la fin de l’humanité et de la planète par cette idéologie de mort de la toute puissance sans loi.. (note de Danielle Bleitrach traduction de Marianne Dunlop pour histoireetsociete)

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« Ce jour restera dans l’histoire comme un jour d’infamie ». C’est par ces mots que le président américain Franklin Roosevelt a commencé son discours du 8 décembre 1941, consacré à l’attaque japonaise sur Pearl Harbor.

Le chef de la Maison Blanche s’indignait de la perfidie des autorités japonaises qui « avaient préparé cette opération pendant des jours, voire des semaines » et qui, pendant cette préparation, « avaient tenté de tromper les États-Unis par des déclarations mensongères et des expressions d’espoir de paix » au cours des négociations américano-japonaises qui se déroulaient à ce moment-là. Toute la propagande et l’historiographie américaines après Pearl Harbor ont dépeint les actions des Japonais comme ignobles et inacceptables. Vraiment honteuses.

Et maintenant, les États-Unis ont inscrit dans leur calendrier une nouvelle « journée de honte », cette fois-ci la leur. Tout en menant des négociations avec les Iraniens à Genève, ils préparaient, en collaboration avec Israël, une frappe militaire et n’attendaient que le moment où ils auraient l’occasion de tuer le leader iranien Ali Khamenei.

En Occident, on reconnaît ouvertement que Donald Trump considérait les négociations comme un écran de fumée, une couverture pour préparer une frappe contre l’Iran. « Une nouvelle attaque en plein milieu des négociations montre que Trump n’a jamais vraiment voulu la paix », écrit le Guardian. Encore une, car il y a eu une première frappe de Trump contre l’Iran, dans des circonstances identiques, l’été dernier. C’est précisément pour cette raison que la Maison Blanche a adopté une position extrêmement dure, ne laissant aucune place au compromis, lors de ces négociations.

Peut-être Washington estime-t-il avoir agi correctement. On se souvient de Sun Tzu et de son slogan selon lequel « la guerre est la voie de la tromperie ». Cependant, dans ce cas précis, la tromperie peut coûter cher. Et pas seulement parce que le monde entier a une fois de plus vu le véritable prix de la diplomatie occidentale et l’hypocrisie des slogans pacifistes occidentaux. Par exemple, Washington aura du mal à sortir dignement et sans perdre la face du conflit avec l’Iran. L’opération au nom pompeux « Epic Rage » (Fureur épique) avait été conçue pour renverser le régime en un clin d’œil, mais non seulement le pouvoir iranien n’est pas tombé, mais il continue de résister.

Les États-Unis ne pourront pas mener une guerre prolongée pour des raisons politiques (leurs alliés arabes sont mécontents), juridiques (le Congrès ne le permettra pas), financières (il n’y a pas d’argent) et militaires (il n’y a pas assez d’armes). Les parties devront de toute façon revenir à la table des négociations. Mais quelle sera désormais l’image des États-Unis lors de ces négociations ? « Nous avons négocié avec les États-Unis à deux reprises au cours des 12 derniers mois, et dans les deux cas, ils nous ont attaqués pendant les négociations, ce qui a été une expérience très amère pour nous », a déclaré le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Arakchi.

Mais il y a plus important encore : les pays actuellement engagés dans des négociations avec les États-Unis tirent eux aussi les leçons de la « journée de honte » américaine.

La Russie a déjà rendu service aux États-Unis en fermant les yeux sur le soutien apporté par Washington au régime de Kiev à l’époque de Biden, en acceptant de négocier et en permettant à Trump de se positionner non pas comme un fauteur de guerre, mais comme un artisan de la paix. Elle était prête à discuter de manière constructive de l’ensemble des relations russo-américaines et même à accepter des compromis acceptables. L’espoir d’une paix durable et stable en Europe et de l’élimination des causes profondes de la crise ukrainienne est apparu.

Cependant, depuis la fin de l’année 2025, les responsables russes, à commencer par le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, ont de plus en plus souvent déclaré que les États-Unis avaient oublié les engagements pris à Anchorage. Ou du moins qu’ils ne se considéraient pas liés par ceux-ci.

Moscou continue d’espérer que les efforts de paix de l’administration américaine et de Trump lui-même sont sincères. Cependant, comme l’a déclaré Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, après l’attaque américano-israélienne contre l’Iran, « nous analysons la situation et tirons les conclusions qui s’imposent ». Et « nous poursuivons le travail qui est dans notre intérêt ».

Les conclusions qui s’imposent sont tout à fait évidentes. Premièrement, la Russie ne se laissera pas tromper sur la question de l’Ukraine, y compris par les États-Unis. Toutes les tentatives de ce genre seront déjouées. Deuxièmement, le travail principal dans notre intérêt est bien sûr effectué chaque jour dans la zone de SVO par l’armée russe. Les diplomates et les négociateurs sont, dans ce contexte et à ce stade, un complément souhaitable. Par exemple, du point de vue des relations économiques entre la Russie et les États-Unis. Et enfin, troisièmement, si la solution diplomatique à la crise ukrainienne n’est finalement pas acceptable pour la Russie, eh bien, il faudra s’en passer et renoncer complètement à ce type de négociations. Ne serait-ce que pour éviter de nouveaux « jours de honte ».

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