Les faucons tentent systématiquement de dépeindre leurs adversaires comme irrationnels afin de faire paraître toute diplomatie avec l’autre camp impossible et inutile.
Daniel Larison
18 février
NB. Cet article d’un citoyen des Etats-Unis explique assez bien pourquoi moi en tant que citoyenne française j’ai le plus grand mal à suivre ceux qui en France s’interrogent sur les victimes désignées made in USA et contribuent à leur propagande imbécile. Bien que n’ayant pas pour le gouvernement iranien la même sympathie que j’éprouve pour Cuba, la Chine, la Russie, le Venezuela, et tous les autres peuples et gouvernants qui résistent à ces pillards tordus et hypocrites, je trouve indécent ceux qui tout en prétendant ne pas suivre Trump dans ces « excès », nous font le coup de l’irrationnel ou la pureté des moeurs en ce qui concerne les victimes. Alors que rien n’est plus bigot, plus cinglé, plus apocalyptique que cette bande de tarés républicains ou démocrates à la tête de cette grenade dégoupillée que sont les Etats-Unis. C’est digne d’un politico-médiatique qui célèbre debout un facho de première en oubliant qu’il y a plus de 50 morts attribués à l’extrême droite dans des « bagarres » de voyous, et 6 à des trublions radicaux qui ont le cerveau comme un pois chiche eux aussi (note et traduction de Danielle Bleitrach pour histoireetsociete)

qu’est-ce qu’on fait si ces cinglés s’en prennent à la Belgique, on appelle à la rescousse ce réac de première qu’était Tintin ou Hercule Poirot? Entre nous la Belgique et le Congo c’est pas mieux que la françafrique… note de DB
Cette semaine, le secrétaire d’État a fait preuve d’une compréhension superficielle de l’Iran :
Ça va être difficile. Il a été très difficile pour quiconque de conclure de véritables accords avec l’Iran, car nous avons affaire à des religieux chiites radicaux qui prennent des décisions théologiques, et non géopolitiques [mise en gras par moi-DL].
Les décideurs politiques américains perçoivent l’Iran post-révolutionnaire de cette manière depuis près d’un demi-siècle. Cette image d’un gouvernement iranien réduit à une simple bande de fanatiques radicaux arrange bien les faucons anti-Iran, car elle leur permet de dépeindre les dirigeants iraniens comme dangereusement irrationnels. Les faucons s’efforcent systématiquement de présenter leurs adversaires comme irrationnels afin de rendre toute diplomatie impossible et vaine. Les tenants de la ligne dure décrivent ainsi l’ennemi pour justifier les politiques les plus agressives et hostiles à son encontre.
Les propos de Rubio reflètent en partie son propre fanatisme idéologique. Rubio, Trump et les autres faucons iraniens prennent des décisions guidées par leurs obsessions idéologiques plutôt que par les véritables intérêts des États-Unis. Ces derniers n’ont aucune raison valable de provoquer une crise avec l’Iran actuellement, mais c’est pourtant ce qu’ils font pour des raisons qui n’ont rien à voir avec la sécurité américaine.
Considérer un adversaire comme un acteur irrationnel est une excuse bien pratique pour justifier sa propre incompétence diplomatique. Négocier un accord mutuellement avantageux entre les États-Unis et l’Iran a certes été complexe par le passé, mais c’est loin d’être aussi difficile que Rubio le prétend. L’inflexibilité et le maximalisme de la partie américaine sont les principaux obstacles à la conclusion d’un accord. Malgré des sanctions et des attaques injustifiées, le gouvernement iranien s’est montré pragmatique et ouvert au dialogue. Ce sont les États-Unis qui insistent, avec une ferveur quasi religieuse, sur les concessions considérables que l’Iran doit faire sur de nombreux points, sans contrepartie.
Le gouvernement iranien a généralement agi en fonction des intérêts sécuritaires perçus du régime et du pays. Il a le plus souvent pris des décisions en se basant sur les intérêts nationaux de l’Iran, tels qu’il les conçoit. Rubio se trompe tout simplement dans son analyse, et c’est l’une des raisons pour lesquelles lui et les autres faucons iraniens se trompent si systématiquement dans leurs choix politiques.
Depuis la mort de Khomeiny en 1989, le gouvernement iranien s’est concentré sur le renforcement de ses défenses et l’établissement de relations avec des alliés et des clients dans la région afin d’éviter la répétition du scénario de la guerre contre l’Irak. Il a démontré sa volonté de négocier sur la question nucléaire dans certaines limites et respectait les termes de l’accord jusqu’à ce que les États-Unis s’en désolidarisent et imposent de nouvelles sanctions.
Rubio recourt également à cette vision grossière et simpliste du gouvernement iranien car la plupart des membres de notre gouvernement n’ont qu’une compréhension superficielle de leurs adversaires. C’est d’autant plus vrai dans le cas de l’Iran. Il croit peut-être apporter un éclairage pertinent, mais il ne fait que révéler au monde entier qu’il se fonde sur des hypothèses des plus caricaturales. À l’instar du « mythe de l’État martyr » que les faucons iraniens colportent depuis des décennies, l’idée que les dirigeants iraniens prennent des « décisions théologiques » en matière de politique étrangère et de sécurité nationale relève d’une profonde ignorance.
L’une des raisons pour lesquelles cette vision simpliste du gouvernement iranien persiste à Washington est l’absence de relations diplomatiques normales entre les États-Unis et l’Iran depuis plus de quarante ans. Cette situation alimente les malentendus et l’hostilité. Même sans un groupe d’idéologues œuvrant quotidiennement à attiser la peur et la haine de l’Iran, nos dirigeants auraient du mal à comprendre un pays qu’ils n’ont jamais visité, étudié ni avec lequel ils n’ont jamais communiqué régulièrement. Les relations américano-iraniennes resteront tendues tant que nos gouvernements n’auront pas établi de relations diplomatiques et entamé un dialogue régulier. Cela ne résoudra pas tous les problèmes, mais c’est une première étape indispensable pour sortir de ce cycle de conflit absurde et évitable.
Malheureusement, cela n’est pas près d’arriver. Un nouveau conflit déclenché par les États-Unis ne fera que dissuader le gouvernement iranien de tout dialogue et discréditer davantage les partisans iraniens de la diplomatie. Les extrémistes iraniens tireront profit de ce conflit inutile et stérile que Rubio et Trump attisent, et c’est le peuple iranien qui, comme toujours, en subira les conséquences.
Views: 72



