La question se pose partout : comment combattre et vaincre l’impérialisme, alors qu’avec Trump, il ne se fixe plus aucune limite dans la violence, le chantage, le mensonge ou la manipulation ? C’est exactement le sujet que nous abordons aujourd’hui en tentant de montrer à quel point cette entreprise de régression qui conduit seulement au fascisme et à la guerre se nourrit de confusions, de censure et de diffamation contre ceux qui sont dans votre camp pour mieux en réalité contribuer aux campagnes menées par un impérialisme dont la seule force est dans notre faiblesse. Dans mon livre, j’insiste sur le fait que l’impérialisme n’a cessé de lancer des campagnes contre le socialisme mais celles-ci se sont heurtées à un mur. Pourquoi quelques mois après l’atrocité du coup d’Etat de Pinochet au Chili alors que dans les geôles du Chili on torturait les enfants devant leur mère pour les forcer à parler, on massacrait les poètes dans les stades, alors que la victoire du Vietnam contre les atrocités subies par l’armée française, puis des Etats-Unis, pourquoi dans un tel contexte la campagne contre le goulag lancée par une ordure antisémite et fasciste comme Soljenitsyne relayée par « les nouveaux philosophes », une bande de médiocres a-t-elle pu « prendre » et mettre en cause la victoire de l’URSS, son rôle libérateur ? C’est cela qu’il faut comprendre : qu’est-ce qui favorise le fascisme comme seule réponse alors que la situation peut paraitre révolutionnaire ? Ce qui s’est passé à Munich ce weekend, cet alignement sur Rubio, ce corrompu, ce mafieux haïssant ce que représente Cuba venant enrôler la « décadente » UE dit tout… (note de Danielle Bleitrach pour histoireetsociete)
Le PCF organise dans de nombreuses villes des rassemblements pour Cuba ce weekend. Cela a nécessité une mobilisation active du réseau militant communiste, car l’urgence de la situation a poussé à fixer une première date d’action dans un délais courts, une grosse semaine. Et dans ces conditions, le parti a agi sur la base de ses propres forces. Nous étions une cinquantaine à Bordeaux et je vois passer déjà des photos de rassemblements similaires dans de nombreuses villes. C’est une double bonne nouvelle :

Paris malgré la pluie, ils sont nombreux place Vauban… mais pas à la hauteur de ce qui devrait être un rassemblement comparable à ceux en faveur du Vietnam. Que s’est-il donc passé?
1) Les conditions sont réunies pour mobiliser autour de Cuba la solidarité internationaliste.
2) Le PCF est capable d’initier des mobilisations sur la bases de ses propres forces. Cela ne vaut bien sûr qu’à condition de ne pas s’arrêter là et de fixer d’autres dates, d’élargir la préparation et la campagne d’information, de mobiliser les travailleurs largement.

il y avait Paris mais partout en France malgré la tempête et la pluie comme ici Cuba si dans l’Auxerrois il y a eu des présences symboliques.
Poussons la réflexion un cran plus loin : comment vraiment se donner les moyens de vaincre, puisque visiblement, la bataille est engagée désormais à un niveau global ?
Il me semble qu’il y a deux axes essentiels :
1) il faut remonter des conséquences aux causes : la cause des guerres et de la misère, c’est le capitalisme impérialiste. La cause des difficultés de Cuba, c’est la politique impérialiste de blocus des USA. La cause des tensions dans le golfe persique et au proche – moyen orient, c’est la politique impérialiste de contrôle de cette zone stratégique pour le commerce et l’industrie mondiale. La cause de la guerre en Europe, c’est le coup d’état de 2014 en Ukraine, organisé par les USA et le Royaume britannique, et qui, le premier, annihila la souveraineté ukrainienne, déjà fragile. Et ainsi de suite.
C’est une même guerre qui se déploie sur plusieurs terrains simultanément.
Une guerre pour le maintien de la domination mondiale. Ce capitalisme impérialiste dont le centre organisateur est les USA est finissant, en difficultés, sans solutions face au développement de la Chine et des BRICS qui préparent les bases de nouveaux rapports mondiaux mais n’en est pas moins dangereux. Ce que tente l’impérialisme (et ce n’est pas nouveau), c’est d’isoler chaque pays ciblé pour le vaincre séparément, pour en faire un exemple, remporter (au moins) une victoire, afin de gagner du temps et en espérant renverser le rapport de force. Cuba, le Venezuela, la Russie, l’Iran ou la Chine sont visés bien qu’étant des pays très différents, avec des régimes politiques et des sociétés très différentes pour une seule et unique raison : ils ont une politique de souveraineté, ils échappent au contrôle impérialiste et cela est conçu comme une menace pour l’ordre mondial. Indépendamment de notre point de vue sur leur politique intérieure, le respect de leur souveraineté, le refus de les voir transformés en pion de l’impérialisme ou détruits et démembrés comme l’ont été la Libye, la Yougoslavie ou l’Irak doit être affirmé clairement. Il faut donc développer la conscience d’une bataille globale des peuples et des nations contre l’impérialisme, pour la paix, la liberté et la souveraineté.
2) Reprenons la métaphore du Zugszwang, cette situation du jeu d’échecs où un joueur est acculé et n’a que des coups perdants, que des coups qui vont progressivement l’affaiblir. Dans cette situation, la partie doit néanmoins être jouée avec finesse et détermination jusqu’au bout. L’engagement doit être total et collectif. Ainsi, il est illusoire et dangereux dans la situation actuelle de se retourner simplement vers la Chine (ou la Russie, ou les BRICS) en pensant que la force de ce pays nous dispense de mener le combat. Au contraire : la politique des USA, c’est quiconque n’est pas soumis à nous est contre nous. Le raidissement impérialiste se poursuit et s’accélère, même si cela accélère aussi sa chute inévitable. Au-delà de toutes les actions indispensables de solidarité, la bataille est aussi à mener ici, pour que la France regagne sa propre souveraineté, pour qu’elle s’émancipe du contrôle impérialiste. Cela pose toute la question de l’UE, qui chaque jour devient à la fois plus coercitive vis à vis des états-membres récalcitrants, n’hésitant pas à intervenir dans leur vie politique et leurs élections pour pratiquer également le « regime change » impérialiste et en même temps plus soumise et suiviste par rapport au leaderhip US.
Views: 33



