TOPO EXPRESS
Des FAITS incontournables. La pseudo autonomie proclamée par le Canada et l’UE se heurte à la réalité de l’appartenance à l’OTAN et au soutien à une guerre par procuration en Ukraine qui est à la base d’une catastrophe politique et économique pour la dite UE. Le cas le plus paradoxal de ce leurre d’indépendance est celui de l’Allemagne qui ne cesse de payer cette guerre mais s’enfonce toujours plus dans cette voie sans issue dans une logique qui rappelle celle des années 1930. Mais la situation française encore plus erratique par rapport à son ex-empire colonial est tout aussi chaotique avec une avancée qui parait inexorable vers le fascisme et la guerre dont personne ne veut. C’est par ce constat d’ailleurs que je débute dans le Zugzwang et ce qui s’est passé hier dans les rues de lyon nous laisse entrevoir ce vers quoi conduit le chauvinisme attisée par cette caste et qui se pare abusivement de « patriotisme » : « Une censure militaire nous asservit; sa finalité: taire la responsabilité de nos dirigeants dans le suicide français, voire celui du genre humain. Non rassurez-vous il ne s’agit pas d’écrire un ultime chapitre de l’Apocalypse mais d’insister sur le fait que nous sommes la proie d’une classe/caste de goujats. Pourquoi militaire ? c’est un rappel de l’indignation de Zola, dans l’affaire Dreyfus comme d’ailleurs de l’affirmation de Jaurès dénonçant lui aussi l’effroi de l’abime vers lequel cette caste nous roule » quand ces gens-là parlent de patrie pour mieux la trahir« (1) (note et traduction de danielle Bleitrach pour histoireetsociete)
(1) Danielle Bleitrach . le Zugzwang La fin du libéralisme libertaire. Et après . Delga février 2026 p.7
Géopolitique, 12 février 2026, Thomas Fazi
Les nations européennes ne peuvent pas être souveraines au sein de l’OTAN.
La réunion annuelle du Forum économique mondial à Davos n’est pas réputée pour être un foyer de résistance anti-impérialiste, et encore moins pour son discours anti-américain. Pourtant, ce ton a indéniablement prévalu dans de nombreux discours prononcés lors du dernier Forum.
L’intervention la plus marquante et la plus controversée est venue du Premier ministre canadien Mark Carney [que j’ai analysée en détail ici ]. Carney a ouvertement proclamé la mort du prétendu « ordre international fondé sur des règles », allant jusqu’à remettre en question son existence même. Il a admis que cet ordre avait toujours été, au moins en partie, une imposture : une imposture dans laquelle la puissance hégémonique appliquait les règles de manière sélective pour servir ses intérêts, tandis que les puissances subordonnées participaient à cette imposture parce qu’elles en tiraient profit.
Mais cet accord, selon Carney, s’est effondré, les États-Unis ayant retourné leurs instruments de coercition contre leurs propres alliés occidentaux. « Ce n’est pas de la souveraineté. C’est exercer sa souveraineté en acceptant la subordination », a-t-il déclaré, faisant clairement allusion aux menaces de Trump contre le Groenland et le Canada.
La conclusion de Carney est que les puissances moyennes occidentales doivent rompre les rangs de l’hégémon et se coordonner pour lui résister.
Nombre de dirigeants européens réunis à Davos semblaient partager ce sentiment. « Être un vassal heureux est une chose, être un esclave malheureux en est une autre », a observé le Premier ministre belge Bart De Wever. « Ce n’est pas le moment d’un nouvel impérialisme ou d’un nouveau colonialisme », a déclaré le président français Emmanuel Macron. Face à l’unilatéralisme agressif de Trump, « il est temps de saisir cette opportunité et de construire une Europe nouvelle et indépendante », a affirmé la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.
Ces déclarations ont conduit certains commentateurs à suggérer que les tensions transatlantiques, latentes depuis le retour au pouvoir de Trump, dégénèrent en révolte contre Washington. Cependant, une analyse plus approfondie révèle une réalité bien différente.
Un premier indice est que tous les dirigeants européens réunis à Davos, y compris Carney lui-même, ont réaffirmé leur engagement envers l’OTAN et la guerre par procuration en Ukraine. Comment peut-on prétendre, de manière crédible, rechercher l’« indépendance » vis-à-vis des États-Unis tout en restant fermement intégré à l’OTAN – principal instrument par lequel Washington a longtemps soumis militairement ses « alliés » occidentaux – et en soutenant activement une guerre par procuration qui a été le principal moteur du déclin économique de l’Europe et de son hyper-vassalisation géopolitique ?
Aujourd’hui, on parle d’une prétendue « OTAN européenne », une OTAN sans les États-Unis. Mais c’est une illusion. L’OTAN est structurellement ancrée dans le leadership, les capacités et les structures de commandement des États-Unis. Par conséquent, le réarmement européen au sein de l’OTAN ne représente pas une rupture avec l’ordre établi ; au contraire, il renforce le système atlantiste et accentue la dépendance structurelle de l’Europe à l’égard de la puissance américaine. Ceci devrait dissiper toute illusion d’autonomie ou de souveraineté stratégique européenne.
Le Groenland est l’exemple le plus frappant du décalage entre les discours et la réalité. Publiquement, les dirigeants européens se présentent comme les défenseurs de la souveraineté danoise, condamnant les menaces d’annexion de Trump comme des violations du droit international. Pourtant, dans les faits, ils ont déjà pris des mesures pour militariser le Groenland – et l’Arctique en général – dans le cadre de l’OTAN. Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, l’a clairement affirmé à Davos : « Le président Trump et d’autres dirigeants ont raison. Nous devons faire davantage. Nous devons protéger l’Arctique de l’influence russe et chinoise. »
Cette position est présentée comme une réponse alternative aux menaces de Trump. En réalité, elle équivaut à une capitulation : le Groenland passe sous contrôle américain via l’OTAN. Trump lui-même s’est vanté que les négociations en cours accordent aux États-Unis un « accès total » sans qu’ils aient à débourser un centime.
Ironiquement, il s’agit d’un exemple classique de cette même « souveraineté performative » que Carney dénonçait : une position qui parle le langage de l’autonomie tout en acceptant pleinement le fait matériel de la subordination à travers les structures de commandement intégrées de l’OTAN, les infrastructures critiques contrôlées par les États-Unis et les architectures financières occidentales.
Parallèlement, malgré tous les discours sur le droit du Groenland à l’autodétermination, les préférences des Groenlandais sont ignorées. Nombre d’entre eux expriment leur frustration d’être traités comme des objets de négociations géopolitiques plutôt que comme un peuple. Si certains Groenlandais reconnaissent la nécessité d’une surveillance et d’une sécurité accrues dans l’Arctique compte tenu des tensions internationales , ils insistent sur le fait que cela ne doit pas porter atteinte à leur souveraineté ni servir de prétexte à une mainmise extérieure. Mais la réalité est que la décision a déjà été prise, indépendamment de tout consensus local.
Dès lors, il convient de se demander si cet épisode ne constitue pas une manœuvre classique de policiers corrompus visant à atteindre leur objectif de longue date : la militarisation du Groenland. La logique est bien connue : on présente d’abord le pire scénario ; puis, une solution « alternative » – longtemps recherchée mais jusqu’alors politiquement inacceptable – est présentée comme le seul moyen viable d’éviter la catastrophe.
En fin de compte, la rhétorique de Davos sur l’autonomie et la résistance semble moins relever d’un changement géopolitique que d’une redéfinition de l’empire, dans laquelle le langage de la souveraineté est de plus en plus invoqué alors même que les structures de dépendance persistent, voire s’intensifient.
Source : ACrO–P’olis
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