Il ne s’agit pas seulement cette fois d’une position du KPRF mais une affirmation tout à fait officielle et qui a des racines plus anciennes que l’URSS même si c’est l’URSS qui a créé les conditions de cette fraternité des peuples. Encore aujourd’hui on ne comprend pas l’Asie centrale ni même la présences russe dans d’autres continents si l’on ne mesure pas ce que représentent les Russes et la fidélité à leur parole donnée. Il s’avère que Delga va rééditer le livre d’Henri Alleg croissant vert et étoile rouge qui écrit au lendemain de la chute de l’URSS nous invitait déjà à comprendre les liens au sein de l’Asie centrale, c’est également une question que nous avons esquissé dans la première partie écrite par Marianne et moi sur les relations entre la Chine et la Russie avec une intégration du monde musulman dans laquelle le rôle de l’URSS a été fondamental et dont Poutine assume l’héritage comme il le fait pour Cuba. (note de Danielle Bleitrach traduction de Marianne Dunlop pour histoireetsociete)
par Irina Alksnis, chroniqueuse pour RIA Novosti
L’année de l’unité des peuples de Russie, qui, selon le décret de Vladimir Poutine, est célébrée cette année, nous rappelle que nos ennemis considèrent cela comme notre principale vulnérabilité, alors que nous savons bien qu’il s’agit en réalité de la source la plus importante de notre force. Cependant, la grande diversité ethnique d’un pays, quel qu’il soit, peut effectivement lui causer des problèmes, notamment ceux que ses adversaires inspirent et utilisent contre lui.
C’est pourquoi, cette année, il a été décidé au plus haut niveau de rappeler à tout le monde, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays, l’essentiel : l’unité des peuples de Russie. Ce qui nous unit, ce n’est pas seulement un passeport identique à la couverture rouge et l’application « Gosuslugi » sur notre smartphone, mais aussi le fondement grandiose de l’unité historique, culturelle et spirituelle, l’unité du passé, du présent et de l’avenir, sur laquelle repose la Russie.
La Russie est un pays unique. Sa composition ethnique est incroyablement diversifiée et en même temps très simple : environ 81 % de la population est russe. En principe, en politologie, le seuil de 80 % est la limite standard au-delà de laquelle un pays est considéré et agit comme un pays mononational, avec les conséquences que cela implique en matière de construction de l’État et de politique. Tout simplement parce qu’une telle domination d’un seul groupe ethnique lui permet de créer un État « à sa mesure », en tenant compte exclusivement de ses propres intérêts.
Cependant, la Russie s’est historiquement formée et développée comme une puissance qui non seulement ne réprime pas la diversité ethnique, mais au contraire offre des conditions favorables au développement de tous les peuples qui la composent. La Russie a choisi cette voie et a remporté la course historique en créant un pays-civilisation unique, qui a surmonté à maintes reprises des crises graves et des épreuves extrêmement difficiles et qui s’est invariablement hissé au sommet du succès et de l’influence mondiaux.
On ne saurait surestimer l’importance du peuple russe dans la création d’une telle situation. Le peuple russe est objectivement le fondement de l’État (en raison de ces 81 %), mais son ouverture, sa disposition non seulement à interagir, mais aussi à accepter et à percevoir, sont devenues des éléments essentiels du fondement culturel, spirituel et social sur lequel la Russie s’est développée en tant que pays et État.
Le secret principal du succès non seulement national ou étatique, mais civilisationnel de la Russie a été clairement formulé par le danseur de ballet Nikolai Tsiskaridze : « Je n’ai jamais voulu changer de lieu de vie, je n’ai jamais voulu changer de pays, je n’ai jamais voulu changer de langue. Je suis géorgien, je suis citoyen russe, je suis artiste russe. Et pour moi, le plus précieux de tout, c’est que je suis un artiste russe. Pour moi, il n’y a rien de plus grand que le théâtre russe, pour moi, il n’y a rien de plus grand que le ballet russe, pour moi, la littérature russe et la langue russe sont très précieuses. Je les aime, tout simplement. »
Cette triade identitaire de près de 150 millions de personnes – origine ethnique / citoyen russe / russe – non seulement ne comporte aucune contradiction interne, mais au contraire, elle est le ciment qui soude l’unité du pays.
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Une personne de n’importe quelle origine ethnique peut atteindre en Russie des sommets incroyables, littéralement cosmiques, et ce dans n’importe quel domaine : la science, les affaires, l’administration publique, la culture, l’armée, etc. De nombreux « Russes non russes » ont servi la gloire de la Russie et se sont sacrifiés pour elle, et cela fait depuis longtemps partie de notre code national.
L’ouverture russe, qui est particulièrement évidente dans le monde moderne en rapide évolution et changement, est idéale pour aller de l’avant. Elle voit des possibilités, des perspectives et des chances. Elle est prête à accepter et à emprunter l’expérience des autres. L’ouverture en soi signifie une orientation vers l’avenir, vers quelque chose de nouveau, d’inconnu auparavant.
Cependant, certaines choses – les plus importantes – restent immuables pour nous, siècle après siècle. Ce sont celles qui unissent notre peuple : la langue russe et la culture russe, un héritage historique commun, des héros communs et des valeurs communes. Ce sont elles qui nous permettent de conserver notre stabilité intérieure dans les moments les plus turbulents, notre confiance sereine en notre capacité à surmonter toutes les épreuves et à sortir vainqueurs de tous les combats.
Nous pouvons parfois oublier ces choses simples, évidentes, mais très importantes. Cette année, l’Année de l’unité des peuples de Russie, nous les rappellera.
Note de la traductrice Marianne Dunlop :
Irina Alksnis est la fille d’un dirigeant soviétique, lui-même petit-fils d’un chef de l’Armée Rouge, célèbre pour s’être opposé à la perestroïka de Gorbatchev. Bien que proche du pouvoir, ses références sont très marquées par l’époque soviétique.
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