Histoire et société

Dieu me pardonne c'est son métier

Un Cubain adresse une lettre ouverte au président Trump

Ce qui est le plus admirable chez le peuple et les dirigeants cubains (mais à l’inverse de la France ceux-ci sont indissociables) est l’absence totale de paranoïa et le refus de confondre les gouvernements ennemis et leur peuple, à commencer par celui des Etats-Unis. Cette lettre est un exemple de cette dignité cubaine basée sur une culture, une éducation politique mais pas politicienne, un internationalisme sans rivage. La radio qui la diffuse est consacrée au dialogue entre Cuba et les Cubains exilés (en particulier pour des raisons économiques) à Miami. Elle se donne pour principal objectif de lutter contre les campagnes de désinformation qui partent des Etats-Unis et en particulier des mafieux de Floride et du ministre des affaires étrangères des USA qui est un pur produit de ces cercles haineux. Le prétexte évoqué par Trump de la menace que ferait peser sur les Etats-Unis l’existence de Cuba, pour risible qu’elle soit, a provoqué cette digne réponse qui comme toute discussion entre Cuba et les Etats-Unis exige le respect mutuel. Jamais la distance ne sera apparue aussi grande entre les dirigeants des USA et de l’occident en général et ce petit pays qui comme l’a dit Obrador mérite d’être inscrit au patrimoine immatériel de l’humanité (note et traduction de Danielle Bleitrach pour histoire et société).

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Lettre ouverte à #DonaldTrump, président des #États-Unis

Monsieur le Président, je suis un Cubain de 75 ans, paisible et tranquille, diplômé en histoire de l’art de l’Université de La Havane. Depuis cinquante ans, je me consacre à la promotion et à la diffusion de la musique à travers la radio, la télévision et des articles de presse, qu’il s’agisse de musique issue de notre patrimoine culturel ou de musiques du monde entier, notamment d’Amérique du Nord.

Monsieur le Président, permettez-moi de dire que notre peuple, voisin de cette grande nation que vous dirigez, admire sincèrement la culture américaine sous toutes ses facettes.
S’agissant du cinéma, il est rare de trouver un Cubain qui ne porte pas une grande estime aux films de votre pays. Pour ma part, Casablanca est mon film préféré, tout comme Rencontres du troisième type de Spielberg, Les Oiseaux d’Alfred Hitchcock et Sur le lagon d’or de Mark Rydell, parmi tant d’autres.

En matière de sport, quel amateur de baseball cubain ne se délecte pas des matchs magnifiques de la Ligue majeure de baseball ou des rencontres de basketball de la prestigieuse NBA ? À ce propos, il est impossible de ne pas mentionner la présence dans notre pays du grand joueur d’échecs Robert Fischer, invité d’honneur des 17èmes Olympiades mondiales d’échecs à La Havane en 1966. Inutile de préciser que Fischer était le joueur préféré des Cubains, tant ses coups brillants sont devenus légendaires.

Monsieur le Président, en ce qui concerne la musique de votre pays, c’est un véritable plaisir de savourer une telle diversité et une telle qualité. De l’esprit expérimental inégalé de Jimi Hendrix à la poésie singulière de Bob Dylan et aux harmonies vocales inoubliables de Crosby, Stills, Nash & Young, les années 1960 constituent un véritable trésor qu’il est impossible d’ignorer. Si l’on se tourne vers le blues et le jazz, je chéris les voix de Muddy Waters et de B.B. King, ainsi que celles de Bessie Smith et d’Ella Fitzgerald, cette dernière étant une véritable icône de la chanson américaine. Le talent novateur de Miles Davis continue d’inspirer les musiciens de jazz du XXIe siècle, tout comme Wynton Marsalis a donné un concert fabuleux avec Eric Clapton au Kennedy Center.

Bien que j’aie fait la promotion de tous ces artistes à la radio et à la télévision cubaines, je suis également responsable du Centre culturel du Sous-marin jaune, où des groupes de rock de notre pays interprètent des reprises de classiques du rock de toutes les époques, non seulement pour le plaisir de nos clients habituels, mais aussi pour celui des groupes d’étudiants de votre pays qui, en visitant le nôtre, sont agréablement surpris d’entendre des chansons comme Sweet Home Alabama de Lynyrd Skynyrd à bord de notre sous-marin.

Bien sûr, j’ai toujours été fan de Bruce Springsteen depuis l’époque de Badlands, mais maintenant je l’admire encore plus depuis la sortie récente de la chanson Streets of Minneapolis, dédiée aux voisins immigrés et à la mémoire des citoyens américains Renee Good et Alex Pretti, assassinés par des « voyous fédéraux » qui ont imposé la « terreur d’État » dans les rues de Minneapolis sur ordre du « roi Trump ».

Bien entendu, notre lettre s’adresse avant tout à nos frères et sœurs des États-Unis qui considèrent le peuple cubain comme un voisin formidable et qui, outre leur désir de découvrir par eux-mêmes les progrès sociaux que nous avons réalisés, apprécient notre soleil estival généreux, notre musique joyeuse et la légendaire camaraderie cubaine. C’est à eux que nous adressons cet appel sincère à la solidarité, les exhortant à empêcher la mise en œuvre de leur décret visant à bloquer l’importation de pétrole dans notre pays en imposant des droits de douane aux pays fournisseurs.

Monsieur le Président, nous sommes certains que c’est le peuple américain lui-même qui vous destituera en raison des graves conflits que vous avez engendrés et des atrocités que vous commettez à travers le monde, au mépris des principes fondamentaux des relations internationales, voire des lois de votre propre pays. Toutefois, compte tenu de vos déclarations concernant votre intention de bombarder et d’envahir notre pays, permettez-moi d’apporter une précision importante au sujet d’un slogan qui a été instrumentalisé de manière offensante.

Lorsque le commandant en chef Fidel Castro a prononcé pour la première fois le slogan « La patrie ou la mort », c’était lors des funérailles des victimes de l’explosion du navire français La Coubre, le 5 mars 1960, dans le port de La Havane. Ce slogan signifie que les Cubains sont prêts à donner ce qu’ils ont de plus précieux – leur vie – jusqu’à la mort, s’il le faut, pour défendre la terre sacrée de leur patrie. Il ne s’agit absolument pas de semer la mort, comme vous le faites avec cette indolence et cette impudence qui vous caractérisent, comme si la perte de vies humaines, d’innocents, vous était indifférente pour servir vos ambitions personnelles.

Enfin, un avertissement : nous, Cubains courageux, conscients du sens de l’honneur et de la dignité, qualités humaines qui vous font défaut, vous conseillons, Monsieur le Président, qu’il n’est jamais prudent de s’en prendre aux plus petits ou aux personnes apparemment sans défense, car vous pourriez vous attirer une riposte inattendue et implacable.

N’oubliez pas que notre slogan « Patrie ou Mort » se termine par la résolution la plus ferme : Nous vaincrons, nous vaincrons pour la vie.

Je vous dis adieu, Monsieur le Président, avec la certitude d’avoir exprimé mon infinie admiration et mon profond respect pour le peuple américain, et d’avoir clairement indiqué que, malgré mon âge, je me battrai aux côtés de mes compatriotes jusqu’au bout.

Sincèrement,

✍️ Guille Vilar.

Tiré du mur de l’ICS Cuba

#CubaResteFort #ValidationDeCuba

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