La Chine, comme le capitalisme financiarisé, sait que la multipolarité relève d’un « processus » irréversible mais d’un processus dans lequel le « socialisme », en tant que transition, ne peut se contenter de mettre ses pas à la place de ceux des Etats-Unis . Nous n’employons pas le terme de Zugzwang par hasard, mais bien pour marquer l’originalité de la situation de l’hégémonie des Etats-Unis et le cadre nouveau que se fixe la Chine. Celle-ci témoigne d’une prudence extrême dans ses engagement, elle insiste toujours sur les limites de ceux-ci « dans la mesure de ses moyens » et manifeste seulement de la confiance dans la capacité de la nation qu’elle aide à résoudre le problème face y compris à l’agression. tant que l’on ne comprend pas ce qu’une partie du capital financiarisé a compris il ne peut pas y avoir de stratégie politique des communistes et des forces progressistes, seulement des « incantations ».
Ce n’est pas rien et on le voit avec Cuba, c’est une aide matérielle très concrète comme un rôle diplomatique très actif. Mais on aurait tort de croire que la Chine veut imposer son hégémon en comblant tout le vide laissé par les Etats-Unis. Soit en prenant en charge un protectorat comme le fait les USA d’une manière de plus en plus catastrophique pour « les protégés », et en continuant espérer diriger les politiques intérieures. Pour autant la Chine ne renonce pas au « socialisme », à son internationalisation mais il s’agit plutôt de prendre date sur des processus, elle apporte des aides à la souveraineté mais celle-ci relève des nations confrontées à la faillite de cette hégémonie, faillite interne et internationale. Si l’affirmation de Franck Marsal sur le fait que pour la France seul le socialisme peut arracher notre pays à la crise et au déclin programmée, pour moi il ne saurait y avoir de « socialisme » sans lucidité sur ce qu’est la multipolarité, parce que celle-ci est déjà là et que le capital financiarisé lui agit déjà en ce sens comme le prouve la visite de Stamer en Chine. L’article que nous publions ici a le mérite de dire clairement que le premier ministre anglais est allé en Chine pour voir les conditions
Pour le capitalisme, impérialisme financiarisé, la La géopolitique n’est plus une variable de fond, mais un facteur déterminant de l’allocation des actifs. Les pays qui se positionnent comme des intermédiaires indispensables peuvent s’accaparer une valeur économique disproportionnée, devenir une Suisse ou un Luxembourg entre USA et Chine. mais la Chine, comme les pays progressistes ayant choisi le socialisme, ou simplement le refus du pillage, doivent maitriser ces flux pour les diriger vers la stabilité de leur monnaie, leur développement industriel et la satisfaction des besoins et de la sécurité d’abord du peuple chinois ensuite des peuples dont sud dont le développement ouvre de nouvelles possibilités alors que l’économie du nord global ne peut plus assurer ce que dans les pires conditions elle a apporté dans ce domaine.
Pour que l’on mesure ce qu’est selon nous le Zugzwang, il faut non seulement analyser les limites de « l’interventionnisme » des USA par rapport à ce qu’était le même interventionnisme sous Reagan, Bush et qui se dégradait déjà sou Obama et Biden. Mais il faut également suivre la politique de la fraction dominante du capitalisme qui a pris acte de la multipolarité déjà là et joue sa propre stratégie dans un certain désarroi perceptible à Davos.
C’est vrai au niveau international comme ça l’est au sein de ses alliés de l’OTAN et surtout aux Etats-Unis mêmes. Qu’il s’agisse du déploiement militaire dont l’aspect massif n’implique pas une intervention au sol mais des bombardements et au pire des opérations terroristes ciblées. L’agitation et le spectacle suivi d’un recul après le barnum, ne se traduit pas par un changement de régime si ceux qui restent en place ne le veulent pas. Il faut percevoir que les « résistances » qui vont dans le sens du socialisme s’ancrent sur la souveraineté nationale comme l’a manifesté le premier ministre canadien à Davos mais cette souveraineté nécessite un appui populaire. L’essentiel est bien la capacité à travailler dans le sens d’un soutien de la population, en renforçant le patriotisme mais en l’appuyant sur des résultats concrets en matière d’égalité et de distribution des ressources y compris celles obtenues comme au Venezuela par la fin du blocus sur le pétrole et les investissements dans son extraction. Le tout est de conserver la souveraineté nationale dans ce domaine mais avec des résultats concrets, y compris contre la corruption, l’accaparement des ressources. la Chine apporte l’aide matérielle sous diverses formes qui vont du don à Cuba à des conditions de commerce plus favorables.
C’est l’application de son propre socialisme et de la manière dont elle en use avec le capitalisme étranger. Nous ne pouvons pas parler de socialisme en ignorant la multipolarité et l’influence des pays socialistes, des gouvernements progressistes. Ni les stratégies capitalistes face à la poussée des peuples et celle du peuple français. La Chine insiste avec raison non seulement sur ses avancées en matière productive mais sur le marché qu’elle représente pour les autres économies. Encore une donnée qui est volontairement sous-estimée dans les discours politiques alors qu’en fait elle commande toute la stratégie de nos capitalistes déjà intégrés dans la mondialisation.
L’autonomie stratégique qui permettrait une nouvelle coopération allant vers la paix et le développement n’est pas la voie choisie par l’UE et ses gouvernants qui n’offrent à leurs peuples sous couvert d’une défense dérisoire et le maintien de la guerre contre l’ennemi de l’occident qu’ils continuent à recréer à travers la Russie que l’aggravation de leur situation et le renforcement d’inégalités insoutenables, les conditions mêmes qui sont celles aux Etats-Unis. Pourtant, il y a aussi des amorces en ce sens.
Parce que l’interventionnisme de l’hégémonie US si elle prend avec le tempérament de Trump un aspect caricatural poursuit la logique des gouvernements antérieurs et il aboutit à un résultat économique désastreux qui va de l’augmentation de l’inflation au blocage des investissements. Là encore l’intervention de la Chine va alors dans le sens de la stabilisation dans la mesure de ses moyens.
Les marchés financiers et le capital ont parfaitement compris cette stratégie et ils tentent à leur tour comme l’analyse cet article sur la visite de Stamer en Chine de prendre acte de la possibilité de constituer (avec l’aide de Hong Kong et de membres hauts placés dans l’appareil d’Etat? ) un centre financier « multipolaire ».
Donc la multipolarité est déjà là et le capital lui-même le sait. Désormais l’enjeu est entre le capitalisme et le socialisme, la Chine en est le leader mais là aussi elle va agir dans la limite de ses moyens. En laissant, l’hégémonisme multiplier les foyers qu’il embrase et dans chacun il ne peut que perdre.
Oui je suis bien d’accord avec l’affirmation de Franck Marsal : le socialisme est la seule issue mais je crois qu’il faut être beaucoup plus conscient de la nouveauté du terrain et c’est parce qu’il n’existe pas une réflexion sur l’enjeu de la multipolarité dans AUCUNE force politique en France que je ne crois pas que l’on puisse dans la stratégies de partis, de syndicats, espérer telles qu’ils sont avec leur « immédiateté » en particulier « électoralistes » espérer l’effort collectif nécessaire que l’on voit déjà apparaître par exemple à Cuba, au Venezuela, au Mexique, en Afrique et dont nous donnons quelques exemples.
C’est pour cela que l’on ne pourra pas avec une réflexion sur le socialisme qui laisse les manettes de l’international à ceux qui sont encore et toujours dans la vassalisation atlantiste en espérant après un bon suzerain et une UE autonome stratégiquement et répondant aux intérêts des peuples sont pour moi en pleine illusion. Même si la poussée de la base est le seul facteur susceptible de faire reprendre pied dans la réalité et qu’il existe des forces politiques, syndicales plus aptes à tenir compte de la réalité. Nous sommes là aussi dans un processus simplement il est à des stades différents de maturité.
Danielle Bleitrach
Le voyage de Starmer en Chine montre que le Royaume-Uni identifié à la City prend place dans le monde multipolaire.
Un Royaume-Uni qui commerce avec Washington et Pékin, ne choisit pas entre les deux mais peut-être avec Hong kong, prend acte du fait que la Chine qui applique une réglementation prévisible et qui attire les capitaux étrangers devient un centre d’arbitrage géopolitique. avec lequel il faut compter pour perdurer. Stamer « le socialiste » n’est rien d’autre que le personnel politique de la City comme l’était avant lui Tony Blair. Alors qu’à Davos, le ministre canadien a manifesté une autonomie stratégique susceptible de dégénérer en guerre économique et que l’Allemagne est en train de s’enfoncer dans le désastre du « réarmement » , Starmer adopte une approche inverse, témoignant d’un pragmatisme commercial dans un monde où l’idéologie se cristallise en politiques publiques. Stamer révèle que pour une grande partie des capitalistes entre ces deux forces que sont des USA erratiques et une Chine stable se trouve un espace lucratif pour les capitaux, et Londres souhaite s’en emparer. Mais il ne faut pas imaginer que ce capitalisme financiarisé accepte de se soumettre au socialisme de marché, non ce qui est attendu de la Chine est un pur effet levier pour la city.
par Nigel Green27 janvier 2026

Keir Starmer est arrivé cette semaine à Pékin avec un message destiné à déstabiliser Washington et à intriguer les capitaux mondiaux : la Grande-Bretagne ne choisira pas entre les États-Unis et la Chine.
Les investisseurs devraient interpréter cette phrase comme une déclaration de stratégie. La Grande-Bretagne cherche à tirer profit de la fragmentation géopolitique à venir.
Les menaces de Donald Trump d’imposer des droits de douane suite aux récentes ouvertures du Canada envers la Chine illustrent la rapidité avec laquelle la diplomatie économique peut dégénérer en guerre économique. Starmer adopte une approche inverse, témoignant d’un pragmatisme commercial dans un monde où l’idéologie se cristallise en politiques publiques. Entre ces deux forces se trouve un espace lucratif pour les capitaux, et Londres souhaite s’en emparer.
La mondialisation n’est pas terminée ; elle est fragmentée. Le commerce, les technologies et les capitaux circulent désormais par des voies politiques concurrentes. Les gouvernements façonnent les chaînes d’approvisionnement, les monnaies réagissent aux signaux diplomatiques et les investisseurs sont contraints de « politiquer les prix » avec la même intensité que les bénéfices et l’inflation.
Le voyage de Starmer à Pékin semble être un pari sur le capitalisme multipolaire. La Grande-Bretagne souhaite jouer un rôle de pivot économique et est donc étroitement liée au système financier américain tout en maintenant des relations économiques avec la Chine. Il s’agit là d’un pur levier.
L’ambition de Londres est claire. Les places financières qui entretiennent un accès à plusieurs blocs de pouvoir peuvent capter les investissements transfrontaliers, la demande de devises et les opérations de structuration d’entreprises. Il semble que Downing Street considère que, dans un monde divisé en sphères d’influence, les intermédiaires deviennent les véritables acteurs du pouvoir.
La Grande-Bretagne occupe une position unique. Elle possède l’un des marchés de capitaux les plus profonds au monde, une monnaie mondiale et un système juridique auquel les multinationales font confiance. Un Royaume-Uni qui commerce avec Washington et Pékin, dont la réglementation est prévisible et qui attire les capitaux étrangers devient une plaque tournante de l’arbitrage géopolitique.
Les marchés valorisent déjà ce comportement : les pays qui préservent la liberté de choix attirent la production multinationale, les flux de capitaux souverains et les investissements en capital-risque. La pureté idéologique est un atout en politique, mais, comme l’histoire nous l’enseigne, un handicap sur les marchés.
La livre sterling pourrait tirer un avantage inattendu de la réussite de cette stratégie. Les devises soutenues par des marchés profonds et une crédibilité institutionnelle ont tendance à attirer les capitaux en période de tensions géopolitiques. Un Royaume-Uni positionné comme un intermédiaire plutôt que comme un belligérant correspond vraisemblablement à ce profil.
Le changement le plus profond est structurel. Les chaînes d’approvisionnement dans les semi-conducteurs, l’IA et le matériel technologique, les infrastructures énergétiques et la défense se dupliquent d’une région à l’autre. Les droits de douane accélèrent la fragmentation, mais cette fragmentation crée une demande d’intermédiaires, d’instruments de couverture et de services financiers.
Le défi pour la Grande-Bretagne est la mise en œuvre. La diplomatie symbolique doit se traduire par des réformes réglementaires, une politique industrielle clarifiée et une politique d’attraction des capitaux dynamique. Sans cela, ce déplacement se résume à une simple opération de communication. Avec ces actions, Londres pourrait redevenir la place financière centrale des capitaux multipolaires.
L’histoire favorise les intermédiaires. La Suisse, Singapour et Hong Kong ont bâti leur influence mondiale en s’engageant auprès de plusieurs centres de pouvoir durant des périodes de rivalités géopolitiques. La Grande-Bretagne tente une reconversion similaire au XXIe siècle, forte de son envergure, de sa langue et de son infrastructure financière.
Les puissances moyennes tirent profit des affrontements entre géants. Par exemple, le Mexique, le Vietnam, l’Inde, certaines régions d’Afrique et les économies du Golfe absorbent déjà les activités manufacturières et les capitaux détournés. La Grande-Bretagne ambitionne de capter la dimension financière de cette redistribution.
Les services financiers représentent sans doute le plus gros enjeu. Les cotations transfrontalières, les émissions obligataires, le conseil en fusions-acquisitions, la gestion d’actifs, le change et le règlement des litiges convergent tous vers les juridictions perçues comme stables et ouvertes. Le Royaume-Uni indique clairement sa volonté de rester ouvert aux deux camps.
L’affirmation de Starmer selon laquelle le Royaume-Uni n’a pas à choisir remet directement en cause la géopolitique binaire. La rhétorique de Trump insiste sur l’alignement. Pékin cherche à étendre son influence par l’intégration économique. Les investisseurs privilégient l’accès sans obligation d’allégeance.
Un monde fragmenté accroît les primes de risque mais multiplie les opportunités. Les dépenses de défense augmentent. Les infrastructures énergétiques deviennent stratégiques. Les écosystèmes d’IA et de technologies se développent. Les capitaux se dirigent vers les juridictions offrant sécurité juridique et profondeur de marché.
Pendant des décennies, Londres a prospéré en tant que plaque tournante mondiale lors des périodes d’intégration. La prochaine étape favorise les centres qui gèrent la désintégration. Jouer le rôle de Suisse financière entre Washington et Pékin pourrait déterminer la trajectoire économique de la Grande-Bretagne.
Les marchés jugeront les résultats, non la rhétorique. Les flux de capitaux, les investissements directs étrangers, la stabilité monétaire et le volume des transactions révéleront si la Grande-Bretagne peut transformer l’ambiguïté en avantage.
Le voyage de Starmer à Pékin doit être perçu comme un signal fort pour les investisseurs : la Grande-Bretagne entend être compétitive à l’ère des capitaux multipolaires. Les menaces de Trump concernant les droits de douane sont synonymes de volatilité. Cette volatilité alimente les marchés financiers, les stratégies de couverture et les capitaux spéculatifs.
La géopolitique n’est plus une variable de fond, mais un facteur déterminant de l’allocation des actifs. Les pays qui se positionnent comme des intermédiaires indispensables peuvent s’accaparer une valeur économique disproportionnée.
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