Histoire et société

Dieu me pardonne c'est son métier

Trump : le chaos règne ; de quel côté êtes-vous ? une chanson des mineurs du Kentucky…

La question est posée à la classe ouvrière, aux opprimés, à la jeunesse, et ici en priorité à tous ceux qui prétendent être contre Trump mais n’en sont que les « rivaux » pour le même système, les démocrates. Mais la question est étendue aux « alliés » européens, à travers cette vieille chanson des mineurs du Kentucky « de quel côté êtes-vous? » Le Minnesota a ceci de particulier qu’à la différence de Los Angeles ancré sur le prolétariat latinos et africain, et le monde « woke », il a une tradition prolétarienne « européenne » et de « trappeurs » , celle de l’industrialisation comme celle des pionniers.(1). mais quelle que soient les « opprimés » auxquels s’adresse l’invite: Il ne suffit pas de se proclamer dans un camp, encore faut-il montrer par ses actes à quel point on le renforce par l’unité et par la clarté des objectifs, le refus de la censure atlantiste et « européenne » qui reste dominante, la courte vue derrière des « gourous » emphatiques. On ne se proclame pas dans un camp, on prouve son appartenance dans les FAITS, en renforçant la lucidité des « masses » sur les potentialités réelles, en ne cultivant pas la confusion. Avant de se croire un communiste, un antifasciste prêt à affronter la mort et la torture on a le simple courage de ne pas être lâche face aux tâches à accomplir pour agrandir le camp nationalement et internationalement (note et traduction de Danielle Bleitrach).

La politique de Trump à Minneapolis reflète sa haine des Africains et son désir de vengeance politique. Photo
La politique de Trump à Minneapolis témoigne de sa haine des Africains et de son désir de vengeance politique. (Photo AP)

Miguel Tinker Salas* et Victor Silverman*

25 janvier 2026

Le monde a été secoué par des événements dramatiques ces deux dernières semaines : l’invasion du Venezuela, l’enlèvement de son président et de son épouse, les bombardements du Nigeria, les menaces militaires contre l’Iran et, plus récemment, l’ultimatum de Trump visant à annexer le Groenland, rejeté par ses alliés, et une grève générale à Minneapolis en défense des immigrants. Ces événements nous rappellent la vieille chanson des mineurs du Kentucky : « De quel côté es-tu ? » 

Nombreux sont ceux qui affirment que les actions chaotiques de Trump sont sans précédent et mettent en péril l’« ordre mondial » fondé sur des règles, établi après la Seconde Guerre mondiale. D’autres soutiennent que Trump se contredit, puisqu’il a critiqué, durant la campagne présidentielle, les démocrates pour leur engagement dans des guerres interminables. D’autres encore citent le document de la Stratégie de sécurité nationale, publié en novembre 2025, qui indique que les États-Unis réduiraient leur présence internationale pour se concentrer sur l’hémisphère occidental, où la Chine est le principal partenaire économique de l’Amérique du Sud. L’empire américain ne renoncera pas à son rôle de gendarme du monde : la réalité est que les forces militaires américaines restent déployées à travers le globe. Aucune base militaire n’a été abandonnée, et aucun traité de défense n’a été dénoncé. 

L’erreur fondamentale de ces positions est de supposer que Trump est guidé par des principes quelconques ou qu’il respecte les lois internationales ou nationales. Outre ses graves limitations cognitives, la seule chose que le magnat ait clairement démontrée, c’est qu’il est un président opportuniste ; son seul instinct politique est son ego et son enrichissement personnel. Les personnes les plus influentes dans sa sphère politique sont ses conseillers et les milliardaires qui ont contribué à sa campagne et qui profitent financièrement de ses décisions. La première vente de pétrole vénézuélien a profité à un important donateur de Trump, et une partie des fonds a été déposée sur un compte bancaire au Qatar que le président prétend contrôler. 

Le déploiement de troupes européennes au Groenland, conjugué à la vision du Premier ministre canadien Mark Carney d’une nouvelle forme de relations internationales, marque un tournant symbolique dans les relations entre les États-Unis et leurs alliés. Ces derniers demeurent néanmoins des alliés, et les liens économiques entre les États-Unis, le Canada, l’Europe et le Mexique restent considérables – ils sont même essentiels à l’économie et à la politique des deux hémisphères. L’issue du congrès de Davos, où Trump a renoncé à son ambition d’annexer le Groenland, souligne qu’en définitive, il n’a ni l’intention ni la capacité de remodeler l’équilibre des pouvoirs mondiaux ; il se contente de monopoliser l’attention médiatique et de s’enrichir personnellement. 

Le chaos qui règne sur la scène internationale se répercute également aux États-Unis, mais avec des conséquences inattendues. La ville de Minneapolis, dans le Minnesota, est devenue l’épicentre des politiques fascistes promues par Trump. Minneapolis s’est attiré les foudres de Trump car son gouverneur était candidat à la vice-présidence lors de la précédente élection et parce qu’elle abrite la plus importante communauté somalienne du pays, qu’il accuse de fraude. La politique de Trump à Minneapolis témoigne de sa haine envers les Africains et de son désir de vengeance politique. 

Depuis décembre 2025, la ville est assiégée par les forces de l’ICE, la police fédérale que Trump utilise comme bras armé pour mener des raids et agresser la population qui résiste. L’ICE ne fait aucune distinction ; ses actions se sont transformées en chasse à l’homme. Ils ont assassiné Renee Good, une mère de trois enfants, alors qu’elle quittait un événement, tué l’infirmier Alex Pretti, tiré des balles en caoutchouc au visage de manifestants et arrêté des personnes avec ou sans papiers, y compris des citoyens. L’ICE a arrêté plusieurs enfants, qu’elle utilise comme otages pour expulser ultérieurement leurs proches. 

Ce que Trump n’avait pas prévu, c’est que Minneapolis deviendrait l’épicentre de la résistance à sa politique xénophobe. Des groupes se sont organisés pour signaler la présence de l’ICE dans la ville à l’aide de sifflets, tandis que d’autres filment leurs actions. D’autres encore organisent le transport des sans-papiers, des banques alimentaires ont été mises en place et une aide juridique est proposée. Vendredi, une grève générale a paralysé la ville et des milliers de personnes sont descendues dans la rue malgré le froid glacial. Face à la résistance de divers secteurs de la ville, Trump menace d’envoyer 1 500 soldats fédéraux en renfort des opérations de l’ICE. 

Trump instrumentalise le chaos pour détourner l’attention des problèmes qui accablent les États-Unis : l’inflation galopante et le coût exorbitant du logement et des soins de santé. Un récent sondage révèle que seulement 32 % de la population estime que sa vie s’est améliorée sous sa présidence. Pire encore, son projet d’annexion du Groenland ne recueille que 17 % de soutien. Sa politique étrangère, le rejet unanime de cette annexion et de son prétendu « Conseil de paix », ainsi que la résistance à ses actions à Minneapolis, l’ont isolé. 

Trump cherche à supplanter les principes de justice, de solidarité et d’égalité conquis au prix de siècles de sang et de sacrifices. Bien que bafoués par les hypocrites au pouvoir, ces idéaux continuent d’inspirer la majorité de l’humanité. Ces valeurs expriment l’essence même d’une communauté ; elles ne viennent pas d’en haut, mais, à l’inverse du chaos prôné par Trump, elles émanent de nous-mêmes. 

Ce que les manifestants proclament dans les rues, ce sont les valeurs humaines que Trump et la droite mondiale tentent d’anéantir. L’avenir reste incertain, mais nous savons de quel côté nous sommes. 

Professeurs émérites, Pomona College 

@mtinkersalas et @victorsilverman.bsky. réseaux sociaux

(1) La chanson « de quels côtés êtes vous :

Blog de Jean-Marie Meilland

Ce blog souhaite simplement soumettre des réflexions et des informations dont peut-être quelques personnes pourront tirer bénéfice. S’exprimer sur Internet est une habitude aujourd’hui, et pourquoi me pas se servir d’un nouvel instrument, quand bien même il ne serait pas aussi efficace qu’on le dit ? Et d’autre part les autres moyens, telle la presse écrite, sont hostiles ou indifférents à certaines réflexions, critiques et n’allant pas avec la mode, d’autant plus si elles ne viennent pas de personnages bien en cour ou appartenant à une chapelle. Alors, je confie les pages qui suivent au vent (fréquent dans ma ville) pour qu’ils portent plus loin ces poussières d’idées, et ces messages d’indignation ou d’espoir…

De quel côté es-tu ?

Posted on 13 août 2011

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Dans les Etats-Unis des années 30, une fille et femme de mineur, Florence Reece (1900-1986)  composa la magnifique chanson « Which Side Are You On ? » durant une grève. Elle est inspirée d’une chanson traditionnelle anglaise intitulée « Jack Munro » et montre bien la reprise avec  ou sans variantes d’anciennes mélodies pour les adapter à de nouveaux contextes, pratique très courante dans la musique populaire américaine. Cette chanson a été enregistrée et diffusée par le grand chanteur et militant Pete Seeger (1919-2014) et les Almanac Singers dans les années 40. Ces dernières années, des versions en ont été enregistrées par Billy Bragg (à propos des grèves des mineurs en Grande-Bretagne dans les années 1980), par Nathalie Merchant et par le groupe punk américain Dropkick Murphys.

La chanson parle du nécessaire engagement du travailleur aux côtés du syndicat et non du grand patron:

« De quel côté es-tu ? »

« On dit que dans le comté de Harlan

Personne ne peut être neutre;

Ou bien tu seras un syndicaliste,

Ou bien un bandit pour J.H. Blair (le patron de la mine)

….

Ne fais pas le « jaune » pour les patrons,

N’écoute pas leurs mensonges.

Pour nous les pauvres il n’y a pas d’issue

Sans organisation. »

C’est ensemble, en nous organisant, dans tous les secteurs, industrie, bureaux, agriculture, à l’Etat, que nous défendrons nos intérêts et ferons apparaître un monde meilleur. Il faut voir clairement les défauts du système et choisir résolument son camp: il y a des compromis qu’on ne doit pas accepter.

Message vraiment actuel !

Je propose la (très belle) version en concert de Pete Seeger et celle de Billy Bragg.

Dans la vidéo de la version de Pete Seeger apparaît un portrait de Marx. J’en profite pour dire deux mots de Marx. Sans être un marxiste (ni d’ailleurs un -iste précédé d’aucun nom propre), je dois reconnaître que, parmi d’autres, Marx fut un grand socialiste, que sa pensée guida nombre d’organisations et de luttes, et qu’il reste un grand économiste, un grand sociologue et un grand historien nous donnant des clés pour mieux comprendre notre monde. On aurait bien tort de mettre Marx de côté, même s’il est bon de ne pas (de ne plus) lui vouer un culte.

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2 Commentaires

  • Lalan
    Lalan

    Ces méthodes ne sont pas nouvelles mais les médias anti-Trump, les démocrates, « l’état profond » s’en servent pour discréditer le président actuel. Sous Obama plus d’un million d’expulsions et 56 morts…

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    • Falakia
      Falakia

      Réponse à Lalan .
      Je ne sais pas quels sont vos sources .
      Mais Obama sous son mandat a utilisé ICE contre le terrorisme et contre des bandes de criminalités contrairement à Trump lui qui utilise ICE contre les émigrés , immigrants inclus étudiants , enfants scolarisés .

      Répondre

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