Je ne sais pas pourquoi mais il y a des moments où personne ne parait comprendre ce que je dis. Les meilleurs, ceux qui résistent aujourd’hui en France en général m’ignorent ce qui est normal vu les conditions historiques depuis pas mal d’années, moi et ceux qui tentons de les alerter. Quant à la poignée qui me lisent ils sont même tellement persuadés d’avoir compris qu’ils ne prennent plus la peine de lire ce que j’écris, ils survolent à la recherche de tout ce qui les conforte dans l’étape actuelle de leur réflexion ou ils se valorisent eux-mêmes de leur perspicacité et souvent ils font de véritables contresens sur mon analyse. Et pire, ils aboutissent au résultat inverse de ce à quoi je les invite à porter leur pensée en action. Et je parle là des meilleurs ceux qui ont la force de résister, de tenter de reprendre pied dans la réalité, des hommes et des femmes de bonne volonté qui sont apparemment les seuls de qui on peut espérer quelque chose. Donc résumons nous ! Non! Nous sommes pas dans la même situation qu’en 1934, fort heureusement, ils en sont à la parodie mais il faut néanmoins que je me souvienne de ce qu’Hitler m’a appris et ce que l’Internationale a continué à m’enseigner pour prétendre retrouver une perspective patriotique, un socialisme à la française négocié, pensé dans un contexte géopolitique face à ceux qui continuent à s’unir pour faire de l’Europe l’ultime bastion d’un chauvinisme désespéré à l’image de l’Ukraine… …
Cela dure depuis trente ans au moins et ceux qui ne me censurent pas sont persuadés d’avoir compris et stratégiquement pratiquent soit le gauchisme, soit des compromis de sommet qui ne mènent nulle part. Ils s’obstinent à me répéter des choses qui les ont éveillés et qui souffrent d’un manque évident de formation théorique, d’expérience internationaliste. Certes je suis nulle et il me manque une dimension, celle qui sait emporter la conviction, organiser et je me demande pourquoi c’est quelqu’un comme moi qui me retrouve en train de vous faire mesurer les rapports de forces, les possibles et votre propension à toujours vous placer là où la défaite vous attend. Celle d’où ils pourront contribuer à ce rêve fou de l’impérialisme, la victoire sur toute résistance illustrée par ce dessin immonde:

Alors même que Cuba est à la fois le panache, la gloire et la lucidité de la révolution face à ses faux semblants, celle de cette capacité d’attente et de ruse qui a très vite compris ce qui allait être fait du continent européen, voire de l’Amérique latine.
Le fascisme c’est le néant, la mort, le communisme c’est l’amour de la vie à en mourir…
Le néant …
Ou juste,
« L’extrême droite ne représente que 2 pour cents du corps électoral en Ukraine »
et qui pourtant s’impose parce qu’on a détruit les résistances.
S’attaquer à l’atlantisme est une autre paire de manche !
alors que La prochaine guerre en Europe sera entre la Russie et le fascisme, sauf que ce fascisme s’appellera démocratie » dit Fidel.
Que de clairvoyance parce que Fidel est un boulimique de lectures, il est incroyablement vivant et proche de son peuple cubain qui dit je suis Fidel…
Ces brutes immondes qui rêvent d’en finir avec la dignité, et le souci d’alléger la souffrance des hommes, se prennent pour l’élite, celle à qui tout est permis ; fort heureusement ils sont loin de l’avoir emporté et leur folle apparente masque mal leur mise en échec fondamental. C’est là-dessus que devraient porter nos reflexions, sur l’alternative, il y a comme une esquisse mais elle est volontairement frappée d’inertie, asphyxiée par les rumeurs et toujours les interdits jetés sur des gens comme moi. Certains ont compris cela mais ils sont encore soumis à l’idéologie de la défaite sous ses formes gauchistes ou opportunistes et refusent de réfléchir à la manière de se débarrasser de cette chape de plomb.
Pourtant l’expérience historique ne se reproduit jamais de la même manière et fort heureusement nous sommes dans un autre rapport de force que ne l’était le monde dans les années trente avec « l’étrange défaite » voulue et acceptée mais il s’avère qu’en Europe il y a un remake.
Donc je vous demande de lire ce que je place dans le chapô de l’intervention d’Afonine et qui renvoie comme l’ensemble de ce que j’écris en ce moment à la question du basculement historique et ces derniers jours à la « situation révolutionnaire ». Donc à l’état de la classe dominante et du bloc historique qui s’est constitué dans la contrerévolution et qui se fissure engendrant soit la conscience de la nécessité de la transformation, soit reste dans la logique antérieure dudit bloc historique et copie servilement la désagrégation du système et c’est le fascisme qui n’est pas un patriotisme mais un expansionnisme, qui engendre la guerre. Je ne fais que vous résumer Marx, Lénine et des tas d’autres qui n’étaient pas devenus un champ de poireaux prêts à se faire cueillir.

Une illustration historique de la différence entre ce qui à partir de la passivité récupère la colère des masses impose un déchaînement sauvage et désordonné généralisé. Et pourquoi on ne peut nulle passer un compromis de la peur devant ce qui favorise un tel détournement surtout dans un congrès dont on donne par avance par un compromis de sommet les clés à la « droite » qui va imposer l’inertie.
Je voudrais ajouter un témoignage méconnu, les livres ne manquent pas, ce qui manque c’est la capacité à les lire, à en diffuser le contenu et désormais la volonté de censure pour empêcher toute prise de conscience : Qui a lu le livre de Hermann Raushning Hitler m’a dit (1) ?
Ce sont les mémoires d’un junker, ces aristocratiques allemands qui ont choisi Hitler face à la défaite et cet homme dont l’histoire est connue raconte sa découverte du nihilisme du personnage Hitler qui le pousse à tenter de s’en dégager, à savoir que cet individu et son système ne restaurera jamais la grandeur allemande et l’humiliation de la première guerre mondiale. Ce livre n’a jamais trouvé son public, parce qu’il était tout de même un collaborateur qui insistait sur le caractère « révolutionnaire » de l’homme Hitler et de son système et qui semblait découvrir un peu tard que son maître n’était pas quelqu’un de bien, et s’est réfugié aux Etats-Unis devant l’avancée des troupes soviétiques.
Quand un individu de cette espèce insiste sur des aspects bien réels, ceux d’une ressemblance entre Russes et Allemands, il dit quelque chose qui n’est pas faux, ne serait-ce qu’à travers Engels et Marx (2) mais il faut connaître la manière dont la jeune diplomatie soviétique, celle de Lénine, privilégie face à l’Angleterre qui est toujours le pire des représentants de l’impérialisme des relations avec l’Allemagne vaincue et traversée de courants révolutionnaires. Encore aujourd’hui comme dans les relations entre Poutine et la chancelière Merkel élevée en Allemagne de l’est ce type dialogue avait du sens et faisait appel à une profondeur historique qui a totalement été détruite chez nous.
Voici donc ce que raconte cet aristocrate :
Pourtant il y a des moments passionnants justement quand il décrit les tentatives de dialogue entre l’Allemagne nazie et l’URSS, ces tentatives débutent avant Munich et le pacte germano-soviétique à propos de Dantzig au printemps 1934, dont Raushning rend compte des pourparlers entre Dantzig et la Pologne « qui prenaient des allures trainantes ou, plus exactement étaient arrivés au point mort. Depuis l’accord germano-polonais, l’Allemagne avait la possibilité d’exercer amicalement son influence en Pologne en faveur de la ville libre » dans ce contexte, il fait le point sur les relations avec Moscou et ses discussions personnelles avec Kalina qui représentait Moscou à Dantzig qui écoute les propositions d’alliance et qui finit par lui dire « votre national-socialisme a l’esprit révolutionnaire, me dit-il lors d’un déjeuner, mais à quoi employez-vous cette force révolutionnaire ? Votre prétendu socialisme, n’est qu’un appât pour les masses. Ce que vous faites n’est qu’une révolution sauvage désordonnée et sans but. Ce n’est pas une révolution dans le sens du progrès social. Ce que vous voulez c’est la puissance. Pour l’obtenir vous abusez de la force révolutionnaire de L’Allemagne. Vous représentez pour nous un danger plus grand que les vieilles puissances capitalistes. Le peuple allemand était sur le chemin de la liberté, mais vous allez le décevoir. Vous allez laisser après vous un peuple découragé, méfiant et incapable de tout effort productif. Un jour les masses vous abandonneront. Il se peut que vous vous rapprochiez de nous ; mais peut-être sera-t-il trop tard. Nous ne confluerons un accord avec l’Allemagne que quand le peuple allemand aura compris son erreur actuelle. Cela se produira sûrement. Nous pouvons attendre »(p.185.186 et 187)
(1) Herman Rauschning. Hitler m’a dit. avant propos de Raoul Girardet Hachette littéraire . 1979
(2) Marx insiste beaucoup sur le fait que le peuple allemand est déjà le guerrier par procuration de l’affrontement impérialiste.
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