Les médias français accentuent leur aspect de canards sans tête continuant à voler. Leur tête réelle étant depuis toujours l’atlantisme et leur allégeance aux USA, devoir affronter la réalité de ce sur quoi ils ont bâti leur narratif est une entreprise désespérée. Il ne leur reste plus que tenter d’attribuer à la « folie » d’un personnage ce qui est le fondamental de l’impérialisme occidental, à savoir un narcissisme désinhibé dans le pillage, l’exploitation et la force brutale comme ultime fondement de leur droit planétaire. Nous analysons par ailleurs quelques pistes concernant ce thème particulier de la « folie présidentielle » disons tout de suite qu’il présente la caractéristique de dévier de l’analyse de la folie du système et qu’il faut le ramener à ce trait essentiel. En considérant que dans un même mouvement les médias et plus généralement les « forces politiques » dans leur immense majorité tentent d’imposer l’idée que la protection contre la « stratégie du fou » est dans l’Union européenne (telle qu’ils la rêvent). Et ce au moment même où elle donne le spectacle achevé de sa soumission, de ses divisions, voire de l’aspect grotesque de ses actions. Ceux qui timidement tentent de dire qu’il faut la paix, la sortie de l’OTAN avancent dans la confusion : pourquoi faudrait-il se priver de protection si nous sommes devant trois fous furieux et leurs affidés que seraient Trump, Poutine et Xi, et que toutes les victimes (sauf au Groenland) sont d’abominables dictatures en crise économique sans jamais parler de blocus et sanctions.
Parce que le fait est là: Comment poursuivre leur « narratif » alors que s’effondrent un par un ce sur quoi était fondée la rationalité du discours ? il ne leur reste plus qu’un « pivot », l’anticommunisme sous toutes ses formes, le négationnisme, la xénophobie, la diabolisation et il n’y a pas que le capital, la droite, les conservateurs à avoir porté cet anticommunisme. Il a été même souvent délégué aux partis de gauche et aux « communistes » eux-mêmes et ceux-ci continuent alors ne pas pouvoir s’en détacher. sous des formes diverses qui vont de la négation de ce qu’apporte le socialisme, l’égalité entre « stalinisme » et hitlérisme, l’acceptation de la déformation de l’histoire et la poursuite de toutes les divisions qui ont permis l’affaiblissement du socialisme, du mouvement ouvrier et des luttes de libération nationale.

Ce qui est tragique est le refus massif d’autocritique des médias et des forces politiques, de toutes je dis bien TOUTES les forces politiques à des degrés divers de voir l’ampleur de leur égarement vers l’atlantisme.
Tant qu’il n’y aura pas cette autocritique en reprenant les FAITS depuis des décennies au moins et en les recomposant en fonction de la réalité de ce qu’est ce stade crépusculaire de l’impérialisme, « les faux pas » se multiplieront comme cet interview d’un faux parti communiste du Venezuela par le journal la Marseillaise qui est simplement l’écho de tant d’autres actes jamais soumis à autocritique parce qu’ils relèveraient de ce qui sous couvert de « démocratie » consacrerait l’autonomie des « élus » et de la presse, alors que toute l’activité des communistes est subordonnée aux élections et à la défense de la dite presse, leur seule « visibilité ». Quand de telles « erreurs » se combinent avec une censure assumée de livres comme le nôtre et de sa problématique. Est-ce un simple hasard ?
Parce que le pire est de se priver de ce qu’implique « le basculement » dont Histoire et societe tente de montrer la réalité, de refuser le point d’appui que cela peut représenter, non! Il est poursuivi le silence sur ce qu’est le monde multipolaire avec l’idée que l’on ne peut toujours pas défendre la Chine communiste puisqu’un « régime » communiste n’est que tyrannie, il est préféré ne rien dire sur ce qu’est l’impérialisme, tirer l’idée d’une équivalence. Dans un tel contexte il sera impossible d’échapper à cette descente aux enfers vers le fascisme et la guerre.
Nous ne saurons pas profiter de ce moment stupéfiant où l’UE, Macron, nos propres généraux, ceux que nous devons abattre en premier cherchent à défendre l’Ukraine contre Poutine et le Groenland contre Trump et ne trouvent de solution que dans le fait d’une part de déclarer qu’ils se battent contre Poutine au Groenland, voire contre Xi et dans le même temps déplacer la diabolisation folle de Poutine sur le seul Trump qui se contente de « balancer »…
On doit considérer, selon notre analyse du rôle fondamental que prend la défense de la souveraineté dans le bloc historique qui se constitue à travers le monde multipolaire, que nous ne pouvons pas comme au temps de l’URSS tout subordonner à la défense du camp socialiste. De l’expérience historique on ne peut ni accepter la « coexistence pacifique », l’électoralisme qui supposait au meilleur des cas une URSS interventionniste, l’enfermement dans une idéologie de la démocratie, il faut concrétiser. Cela passe par la reconnaissance du fait, voire du principe du socialisme répondant à des défis et caractéristiques fortement masqués par l’histoire des nations et des configurations régionales, le patriotisme en lutte contre le chauvinisme dans le concret. On doit également mesurer que le droit international, qui demeure celui de la coexistence entre systèmes socialistes et d’autres, est toujours régi par le principe qui veut qu’un Etat n’a pas d’amis mais des intérêts et que ceux-ci peuvent être mieux défendus par la négociation que par la guerre et qu’il faut agir en ce sens. Sur toutes ces questions qu’on le veuille ou non le plus avancé est le PCF et la CGT mais dans une confusion entretenue sur ce qu’est l’impérialisme.
Il faut dire il est vrai que nous ne sommes pas habitués y compris les antiimpérialistes, à la fois reconnaitre l’importance d’un monde multipolaire et le rôle déterminant de la Chine socialiste dirigée par un parti communiste avec des partenariats stratégiques comme Cuba, le Vietnam, la Corée du nord la Russie, les non alignés, mais aussi prendre en compte la poussée de la lutte des classes et du sud, et ce poids de la souveraineté des nations sous des modes inusités. Il faut chaque fois chercher l’unité à partir de la contradiction principale, du but. Nous avons besoin d’un énorme travail théorico-pratique et pas d’esprits timorés et paresseux qui trouvent dans la censure ou les querelles de clocher de quoi satisfaire leurs aspirations qui ne sont plus de des conformismes ou des peurs. Nous ne saurions tout embrasser c’est pour cela que nous avons besoin d’un intellectuel collectif qui sache distinguer entre l’expression et la dispcipline nécessaire des décisions de congrès et le foisonnement des réflexions, apports dans lesquels nous nous rangeons.
Nous n’allons pas plus loin dans notre analyse parce que nous ne sommes pas en état de FAIRE et donc nous suggérons et il nous semble que le moment est celui de la sous-estimation des possibles, de la force et de la nouveauté des résistances. Il en adviendra d’autres c’est un moment tactique dans « une guerre prolongée »…
La censure très consciente que nous subissons, nous petit groupe de travail histoire et societe, dans notre tentative pour tenter de défendre une autre logique a été celle des médias « bourgeois » un peu moins que d’habitude mais en premier lieu celle de la « gauche » et de la presse encore vaguement liée au PCF. Où il a été tenté de la caricaturer en histoire de personnes. Il ne faut jamais faire ce que veut l’adversaire, donc ici comme partout il faut en dépasser le côté « petites histoires » y compris celui d’auteurs blessés c’est sur ce mode que chacun s’enferme dans l’individualisme narcissique qui ne caractérise pas que Trump.
Il faut dans chacun des obstacles que nous rencontrons avoir la volonté de le replacer dans ce qui relève de la résistance d’un système qui a fait son temps. Depuis le mois de novembre où j’ai commencé à rédiger ce livre à paraître et qu’il faudrait chaque jour transformer tant nous sommes dans une période d’accélération, mais qui sur le fond est anticipateur, j’ai tenté de prendre autrement la petite expérience qui a été la nôtre en la mettant en regard de la réalité des enjeux à savoir cette liquidation du communisme.
C’est un principe plus général : il fallait lutter contre l’immédiateté de l’indignation celle d’un sentiment d’auteur blessé voire entre nous la tentation de l’attribuer à l’autre, ce qui est la tendance spontanée. Il faut au contraire replacer chaque obstacle dans la totalité qui en explique l’invraisemblable et parfois stupide permanence dans laquelle il prend son efficacité. Au contraire y voir un cas de figure de l’impossibilité de dépasser un consensus ancré dans le theorico pratique. Ce que je décris dans mon petit opuscule comme l’antichambre du fascisme accepté, voulu. Il ne s’agit même plus de dénoncer des personnes, elles doivent l’être dans leur responsabilité institutionnelle, mais bien de comprendre ce en quoi elles sont, vendues ou non, pièces d’une autodestruction voulue ou non, les instruments de quelque chose dont il faut impérativement se débarrasser parce que tant que nous n’irons pas jusqu’au bout de cette « illusion » qui entretient l’absence de perspective, elle reviendra. Cet impossible vision de l’issue aujourd’hui nous l’abordons avec TROIS FAITS.
1- La sous-estimation des résistances, celle de la Chine mais aussi celle de tous ceux qui ont entrepris cette résistance. Nous insistons aujourd’hui là-dessus. Cette sous-estimation voire cette négation des résistances prend de multiples visages mais revient toujours à nous placer en position de défaite et à ne voir d’issue que dans un compromis avec l’impérialisme qui passe par une supposée « autonomie » et un ni l’un, ni l’autre.
2- la diabolisation à travers le personnage caricatural de Trump et les « divisions » au sein de la classe dominante, tout ce qui est bien réel mais masque que c’est la fin de l’impérialisme et sa recherche désespérée de la poursuite de son hégémonie qui est en cause et pas simplement un épisode qui disparaîtra avec de nouvelles élections d’un maitre plus aimable.
3- L’incapacité à construire une unité, ce que l’on peut définir comme un nouveau bloc historique correspondant à ce basculement, cette transition que nous appelons le socialisme, la tendance au contraire par des unions politiciennes de sommet et l’absence d’une perspective révolutionnaire qui rassemble, la division permanente qui prend des aspects caricaturaux derrière des gourous de pacotille sans parler des « hommes providentiels » devenus ceux derrière qui on court avec un cierge ou un gourdin. il faut aussi prendre garde de ne pas ossifier la résistance dans les seules réponses du passé, celles-ci sont précieuses mais il faut être attentif au terrain et mesurer en particulier ce qui apparait depuis ce monde multipolaire.
Personne n’a aujourd’hui de solutions mais nous avons besoin de ne plus continuer à entretenir les illusions sur lesquelles nous vivons depuis au moins les années quatre-vingt qui est sans doute le moment où l’impérialisme a réussi à transformer sa crise en contre révolution et de voir la réalité de ce qui est aujourd’hui dans ce monde multipolaire. Nous n’avons pas d’autre ambition et ne nous proposons pas comme leader de cette mise à plat indispensable. Que chacun mesure son utilité réelle et fasse là où il est le peu pour qu’il en soit ainsi.
Danielle Bleitrach
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