Histoire et société

Dieu me pardonne c'est son métier

Youri Afonine : « Nous ne laisserons pas les adversaires de Lénine transformer la Russie en Ukraine »

Cet article montre ce que nous refusons de voir : tandis qu’a été imposé à l’Europe, à l’impérialisme qui porte le fascisme le droit d’exercer en toute liberté, amicalement son influence et donc de retourner le potentiel révolutionnaire des masses européennes et française en ivresse de haine et de destruction, le KPRF a réussi à interdire ce retournement qui a caractérisé les pays qui avaient déjà choisi le fascisme. Quand on feint de marquer une analogie entre l’URSS et le nazisme c’est parce que l’on ne mesure pas la lucidité qui s’appuie sur Marx, Lénine comme je l’explique dans mon petit livre qui refuse l’exercice de la puissance comme base de la révolution, le « triomphe de la volonté » qui n’est qu’un appât pour la colère des masses ; là aussi l’incapacité à travailler, l’abandon de toute connaissance historique a permis les faux procès et le fait que le fascisme selon le mot de Pasolini et de Fidel Castro se présente comme « un antifascisme auquel on a attribué le titre d’antistalinisme et de démocratie ». Ce que décrit Afonine c’est un peuple russe vacciné contre les illusions de ce genre de « révolution ». Et quand ils veulent ne signer la paix qu’avec un peuple revenu de ses erreurs ils disent simplement ce qu’un certain Kalina répondait aux Allemands en 1934 à une proposition d’accord puisque la Pologne aux mains de Pidulski livrait Danzig à l’influence allemande, un partage. Nous en apportons témoignage à travers le choix des communistes russes mais aussi y compris à travers la présentation d’un texte de Douguine publié par ailleurs sur les aspects actuels ésotériques de l’impérialisme autour de Trump. Douguine qui est un conservateur spiritualiste ne se laisse avoir ni par Bernard-Henry Lévy en lequel il voit un inculte, ni par la volonté de puissance des délirants de la Silicon Valley, alors que nous sommes totalement démunis y compris par la censure qui est acceptée par tous sur l’Histoire ce qui est l’objet de mon petit livre à paraître en janvier (note de Danielle Bleitrach traduction de Marianne Dunlop)

Je voudrais ajouter un témoignage méconnu, les livres ne manquent pas, ce qui manque c’est la capacité à les lire à en diffuser le contenu et désormais la volonté de censure pour empêcher toute prise de conscience : Qui a lu le livre de Hermann Raushning Hitler m’a dit (1). Ce sont les mémoires d’un junker, ces aristocratiques allemands qui ont choisi Hitler face à la défaite et cet homme raconte sa découverte du nihilisme du personnage qui le pousse à tenter de s’en dégager, il n’a jamais trouvé son public, parce qu’il était tout de même un collaborateur qui insistait sur le caractère « révolutionnaire » de l’homme Hitler et de son système pourtant il y a des moments passionnants justement quand il décrit les tentatives de dialogue entre l’Allemagne nazie et l’URSS, ces tentatives débutent avant Munich et le pacte germano-soviétique à propos de Dantzig au printemps 1934, dont Raushning rend compte des pourparlers entre Dantzig et la Pologne qui prenaient des allures trainantes ou, plus exactement étaient arrivés au point mort. Depuis l’accord germano-polonais, l »Allemagne avait la possibilité d’exercer amicalement son influence en Pologne en faveur de la ville libre. Dans ce contexte, il fait le point sur les relations avec Moscou et ses discussions personnelle avec Kalina qui représentait Moscou à Dantzig qui écoute les propositions d’alliance et qui finit par lui dire « votre national-socialisme a l’esprit révolutionnaire, me dit-il lors d’un déjeuner, mais à quoi employez-vous cette force révolutionnaire ? Votre prétendu socialisme, n’est qu’un appât pour les masses. Ce que vous faites n’est qu’une révolution sauvage désordonnée et sans but. Ce n’est pas une révolution dans le sens du progrès social. Ce que vous voulez c’est la puissance. Pour l’obtenir vous abusez de la force révolutionnaire de l’Allemagne. Vous représentez pour nous un danger plus grand que les vieilles puissances capitalistes. Le peuple allemand était sur le chemin de la liberté, mais vous allez le décevoir. Vous allez laisser après vous un peuple découragé, méfiant et incapable de tout effort productif. Un jour les masses vous abandonneront. Il se peut que vous vous rapprochiez de nous ; mais peut-être sera-t-il trop tard. Nous ne conclurons un accord avec l’Allemagne que quand le peuple allemand aura compris son erreur actuelle. Cela se produira sûrement. Nous pouvons attendre » (p.185 à 187)

(1) Herman Rauschning. Hitler m’a dit. avant-propos de Raoul Girardet Hachette littéraire. 1979

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Comment réagiriez-vous face à des personnes qui proposeraient de détruire les célèbres églises en bois de l’île de Kiji ? Ou de démolir le Kremlin de Kazan et l’ancienne citadelle fortifiée de Derbent ? Ou encore de démonter la colonne Alexandre à Saint-Pétersbourg ?

Vous les traiteriez probablement de vandales. Ou plutôt de provocateurs effrontés, appelant ouvertement à commettre des crimes pénaux, prévus par l’article 243 du Code pénal russe « Destruction de monuments historiques et culturels ». D’ailleurs, tous les monuments cités ont en commun d’être inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.

Cette liste comprend également l’ensemble architectural du Kremlin de Moscou et de la Place Rouge, dont font partie le mausolée de Lénine et la nécropole près des murs du Kremlin, où sont enterrés les dirigeants et les héros légendaires de l’ère soviétique.

Ces monuments sont la quintessence de notre grande histoire du XXe siècle. C’est depuis le mausolée que Staline s’est adressé aux troupes lors du défilé dans Moscou assiégée le 7 novembre 1941, c’est vers le mausolée que les drapeaux fascistes pris comme trophées ont été jetés le 24 juin 1945, c’est depuis le mausolée que le premier cosmonaute de la planète Terre, Youri Gagarine, a salué ses compatriotes.

Cependant, certains individus appellent à détruire ou à déplacer le mausolée et le nécropole. Au cours de l’année, ils ont généralement trois moments forts : le 22 avril, jour de l’anniversaire de Lénine, le 7 novembre, anniversaire de la Grande Révolution d’Octobre, et aujourd’hui, 21 janvier, jour de la commémoration d’Ilyitch.

Ils rabâchent sans cesse la nécessité « d’enterrer Lénine », « d’exaucer son souhait de reposer aux côtés de sa mère », etc.

Nous sommes fatigués de leur expliquer que Lénine est déjà enterré. Son corps repose sous terre dans un bâtiment spécialement construit pour son enterrement, le mausolée. Nous avons souligné mille fois qu’il n’existe aucune preuve fiable que Lénine ait exprimé le souhait d’être enterré aux côtés de sa mère.

En fait, ce ne sont que des suppositions. Et aucun des proches de Lénine ne s’est jamais prononcé en faveur de sa réinhumation. Au contraire, la nièce de Vladimir Ilitch, Olga Oulianova, a déclaré un jour aux journalistes : « Si un dirigeant politique n’aime pas le mausolée, il n’a qu’à ne pas s’y rendre, et qu’il aille voir ailleurs ».

Nous rappelons également aux détracteurs de Lénine que la décision d’enterrer son corps dans le mausolée a été prise par le IIe Congrès pan-soviétique, dont les délégués représentaient un immense pays, bien plus grand que l’actuelle Fédération de Russie.

Il n’existe aujourd’hui aucun organe qui puisse légitimement revoir la décision de nos ancêtres de créer le mausolée de Lénine.

Mais les opposants à Lénine deviennent de plus en plus agressifs. Il ne leur suffit plus d’« enterrer Lénine ». Ils racontent des sornettes ésotériques selon lesquelles le mausolée serait un « ziggourat », un « système nécromantique », et appellent à sa démolition, souvent en même temps que la nécropole où reposent plus de 400 héros éminents de notre histoire, dont les maréchaux Joukov et Rokossovski, les cosmonautes Gagarine et Komarov, les scientifiques Korolev et Kourtchatov.

Il est évident que ces profanateurs s’attaquent à une partie très importante de la mémoire historique de notre pays et insultent une grande partie de notre société.

En effet, comme le montrent régulièrement les sondages d’opinion, la majorité de nos concitoyens ont une opinion positive de Lénine, et ce chiffre est en augmentation.

Selon les données du « Centre Levada » *, depuis 2006, le nombre d’évaluations positives du rôle de Lénine dans l’histoire est passé de 40 % à près de 70 %. C’est un résultat tout simplement fantastique, si l’on tient compte des ressources qui ont été consacrées pendant tout ce temps à dénigrer Vladimir Ilitch.

Nous pensons que ceux qui appellent à détruire l’aspect historique de la Place Rouge (ainsi que d’autres monuments historiques importants) devraient faire l’objet d’une sanction juridique, ne serait-ce que sous la forme d’une responsabilité administrative. C’est pourquoi un groupe de députés du parti communiste russe à la Douma, dirigé par Gennadi Ziouganov, a adressé une lettre au procureur général Alexandre Gutsan.

Nous souhaitons connaître la position du parquet concernant notre proposition d’introduire une responsabilité administrative pour les appels publics à la destruction et au déplacement de monuments historiques et culturels d’importance fédérale et régionale.

C’est l’une des mesures à prendre pour que la Russie ne suive pas la voie de l’Ukraine. Car là-bas, la dérive vers le fascisme et la catastrophe nationale a également commencé par la destruction des monuments à Lénine et la lutte contre tout ce qui était soviétique.

Vous vous demandez peut-être : qui, sain d’esprit, pourrait vouloir que la Russie devienne comme l’Ukraine ?

Cependant, si l’on considère les choses d’un point de vue très spécifique, celui du grand capital, l’Ukraine actuelle a indéniablement « réussi ».

Il s’agit d’un système politique où toutes les forces politiques de gauche sont interdites. C’est un pays où presque tous les monuments soviétiques ont été démolis, où toutes les réalisations économiques, sociales, culturelles et scientifiques et techniques de l’URSS sont complètement passées sous silence, où même tous les symboles soviétiques sont interdits, où les falsificateurs de l’histoire ont transformé tous les héros soviétiques en démons et ont déclaré héros les complices des nazis.

Quel est, du point de vue des capitalistes, l’avantage d’un tel État ? C’est que lorsque la politique de gauche, les idées de gauche et le discours de gauche sont complètement éliminés de la société, il est beaucoup plus facile de priver les gens de tous leurs droits sociaux et professionnels.

Il est évident que parmi l’oligarchie capitaliste russe, certains sympathisent avec la « voie ukrainienne ».

C’est la seule explication possible au fait que de nouveaux films et séries anti-léninistes soient financés, que des propagandistes antisoviétiques professionnels occupent des postes dans les grands médias ou y aient des émissions et des chroniques, que quelqu’un paie à Moscou la location de vastes domaines seigneuriaux pour des réunions antisoviétiques aux noms ronflants tels que « I Forum idéologique russe » — nous mentionnons ce forum dans notre adresse au procureur général, car les appels à la destruction du mausolée y fusaient littéralement.

Le scénario ukrainien pour la Russie a donc ses sponsors et ses protecteurs. Mais nous ne laisserons pas les adversaires de Lénine transformer la Russie en une réplique de l’Ukraine.

***

L’auteur est premier vice-président du Comité central du Parti communiste de la Fédération de Russie et député à la Douma d’État.

* Le « Centre Levada » a été reconnu comme agent étranger par décision du ministère de la Justice de la Fédération de Russie du 5 septembre 2016.

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