Déclaration du président du Comité central du Parti communiste de la Fédération de Russie qui lui aussi dégonfle la baudruche comme nous le faisons inlassablement. Il y a en effet quelque chose de stupéfiant dans la manière dont pris à leur propre propagande les « élites » politico-médiatiques sont en train de s’auto-intoxiquer autour de ce bouffon qui a choisi d’une manière ubuesque d’ériger le caprice de la toute puissance à un tel niveau de délire. Les communistes russes avec le très lucide Ziouganov disent à quel point le « monstre » ne fait peur qu’à ceux qui veulent bien être apeurés et choisir la position de la défaite (note de Danielle Bleitrach, traduction de Marianne Dunlop pour Histoireetsociete).
Dès les premiers jours de la nouvelle année 2026, le président Trump a brusquement abandonné son masque de pacificateur et montré que son véritable objectif était le chantage et la domination mondiale. Ce faisant, il s’est révélé être un dirigeant américain bien plus agressif que son prédécesseur Biden, que Trump critique sans relâche précisément pour ses aventures en matière de politique étrangère.
Après l’attaque contre le Venezuela et l’enlèvement inédit du président de ce pays, Nicolas Maduro, Trump, encouragé par la facilité apparente de sa « victoire », a déclaré que toute l’Amérique latine lui appartenait. Il a interdit aux pays d’Europe et d’Asie de mener des activités indépendantes sur ce continent. Dans le même temps, il a averti que le Mexique, Cuba et la Colombie pourraient être les prochaines victimes de son agression.
M. Trump n’a manifestement pas l’intention de s’arrêter à l’Amérique latine. En Asie, il s’est déjà posé en principal complice de l’attaque d’Israël contre l’Iran. En Afrique, il a autorisé les frappes de l’armée de l’air américaine contre le Nigeria, s’immisçant ainsi dans un conflit de longue date entre éleveurs musulmans et agriculteurs chrétiens. En Europe, même les fidèles alliés des États-Unis ont été stupéfaits et paniqués par l’intention de Trump de retirer le Groenland au Danemark. Dans toutes les guerres des 75 dernières années, à commencer par la guerre de Corée, les faucons américains ont cherché à s’appuyer sur le plus grand nombre d’alliés possible. Mais Trump est tellement convaincu de sa toute-puissance qu’il refuse non seulement l’aide des Européens, mais les traite aussi avec un mépris évident. Désormais, si le Danemark campe sur ses positions concernant le Groenland, le monde ne sera pas surpris de voir son Premier ministre capturé par le groupe « Delta » en même temps que Copenhague est bombardée.
À l’heure actuelle, il ne s’agit plus d’une violation du droit international. On assiste à une destruction délibérée et totale de tout le système des relations interétatiques qui s’est construit au fil des siècles. Trump tente de remplacer les normes généralement acceptées et convenues dans le cadre de l’ONU par la loi du plus fort et de l’arrogance. C’est un défi lancé à l’humanité tout entière.
Il y a déjà eu des précédents dans l’histoire mondiale. Au début du XIXe siècle, l’empereur français Napoléon s’est proclamé maître de l’Europe, puis du monde entier. Au milieu du XXe siècle, le Führer allemand Hitler, après avoir conquis l’Europe, a revendiqué la domination sur tous les continents. Et voilà qu’au XXIe siècle, un nouveau « maître du monde » s’est déclaré en Amérique du Nord. Les deux premiers cas, comme on le sait, se sont très mal terminés pour les prétendants à la domination mondiale. Il n’y a aucune raison pour que Trump, comme ses prédécesseurs européens, ne se casse pas le cou en tentant de conquérir le monde entier.
Donald Trump s’est imaginé en super-héros capable de ramener l’Amérique latine à l’état de arrière-cour des États-Unis, comme elle l’était il y a 200 ans. Il a l’intention de priver des dizaines de pays de ce continent de leur liberté et de leur indépendance. Mais les peuples d’Amérique latine ont déjà prouvé, au cours de nombreuses batailles victorieuses contre l’impérialisme américain, leur volonté et leur capacité à défendre fermement leurs intérêts. La mort de Che Guevara en Bolivie en 1967 n’a pas arrêté les processus révolutionnaires sur le continent. Les brillants exemples en sont fournis par les éminents combattants contre l’impérialisme que sont Fidel Castro et Hugo Chávez. À maintes reprises, les forces progressistes ont pris le pouvoir dans les principaux pays d’Amérique latine. Le plus grand pays du continent, le Brésil, est dirigé par le président socialiste Lula da Silva.
Dans le drame vénézuélien, ce sont le peuple et ses dirigeants légitimes et courageux qui auront le dernier mot. Malgré les déclarations absurdes de Trump selon lesquelles ce pays sera désormais dirigé par le secrétaire d’État américain Rubio, le Venezuela a déjà déclaré qu’il n’avait pas l’intention de se plier à la dictature. Les menaces de Washington ne feront guère peur à un peuple qui tient à son indépendance.
Une attaque perfide avec 150 moyens d’attaque aérospatiale et un raid mafieux contre la résidence du président sont une chose. Une opération terrestre dans les montagnes et les jungles du Venezuela en est une autre. L’armée américaine est capable d’attaquer un adversaire manifestement plus faible, puis d’annoncer des victoires historiques. Mais lorsqu’elle rencontre une résistance farouche, il apparaît rapidement qu’elle est loin d’être la meilleure. Nous l’avons tous vu récemment en Afghanistan et en Irak.
Quant aux accusations de Trump contre Nicolas Maduro concernant le trafic de drogue, elles sont d’un cynisme et d’une hypocrisie stupéfiants. Plus que tout autre pays au monde, les États-Unis ont contribué à faire de la toxicomanie un fléau mondial. C’est grâce à leurs efforts dans les années 1960-1970, pendant la guerre du Vietnam, que la production d’opium dans le « triangle d’or » a connu une expansion sans précédent. Elle était menée à la jonction des frontières de la Thaïlande, de la Birmanie et du Laos afin de financer les opérations secrètes de la CIA. Après l’occupation de l’Afghanistan en 2001, les États-Unis ont vigoureusement relancé la production de héroïne dans ce pays, assurant son approvisionnement en Europe via leurs bases en Albanie.
En Amérique latine, la Colombie anticommuniste est devenue à une époque le principal producteur de cocaïne. De nombreux documents et enquêtes journalistiques indiquent l’existence de liens étroits entre l’Agence américaine de lutte contre la drogue et les barons de la drogue colombiens. Le CIA a utilisé les revenus du trafic de drogue, entre autres, pour financer des opérations visant à renverser le gouvernement de gauche de Daniel Ortega au Nicaragua. Les États-Unis eux-mêmes sont l’un des plus grands producteurs de marijuana au monde. Ils ne sont donc pas en droit d’accuser le président légitime du Venezuela, Nicolás Maduro ! Au contraire, le monde entier devrait accuser Washington de rendre l’humanité dépendante à la drogue.
La tentative ouvertement criminelle de Trump de faire chanter le peuple vénézuélien en kidnappant son président est vouée à l’échec. Aucun tribunal américain n’a le moindre droit de juger le chef d’un État souverain. Ce que l’administration Trump a fait, c’est un enlèvement de personnes par un groupe de criminels agissant de concert. Ce n’est pas Maduro et son épouse que la justice doit juger, mais les organisateurs et les auteurs de ce crime, y compris M. Trump lui-même.
Bien sûr, la Maison Blanche, avec l’obstination d’un bouledogue fou, continuera à retenir Nicolas Maduro en otage. Mais le président populaire du Venezuela est déjà devenu le symbole de la résistance à l’impérialisme. C’est précisément ce symbole mondial de la résistance au régime d’apartheid en Afrique du Sud qu’était Nelson Mandela à son époque.
Le KPRF considère qu’aujourd’hui, Nicolas Maduro est le principal prisonnier politique de la planète. Les cœurs des personnes honnêtes et courageuses ne peuvent rester indifférents à cela. Nous appelons toutes les forces populaires, patriotiques et antifascistes à lutter ensemble pour la libération du président vénézuélien.
Les cercles impérialistes tentent de passer à l’offensive stratégique. Pour les contenir, il est nécessaire de déployer un vaste mouvement social à travers le monde. Nous appelons les partis et les associations, toutes les forces progressistes, à mener des consultations approfondies et à élaborer des mesures concrètes pour contrer activement la réaction. Dans cette situation complexe, les travailleurs et leurs organisations doivent faire entendre leur voix. Aujourd’hui, il est particulièrement important que nous agissions de manière unie pour défendre la paix, la sécurité et la justice.
Avec l’enlèvement criminel du président Maduro et de son épouse Cilia Flores, les problèmes de Trump ne s’arrêtent pas là, mais ne font que commencer. Ces dernières années, l’équilibre des forces dans le monde a considérablement changé. Les pays du BRICS et de la SCO, les États du Sud global, dont l’Amérique latine est une partie importante, s’affirment de manière de plus en plus convaincante. La puissance militaire de la Russie et la puissance économique de la Chine sont capables de réduire à néant les prétentions de Washington à la domination mondiale. Nous appelons tous les États de la planète qui tiennent à leur développement souverain à condamner fermement les actions de Washington.
Il est tout à fait clair que le capital mondial est capable de toutes les aventures. La situation internationale devient de plus en plus explosive. Afin d’affronter dignement cette période de nouvelles épreuves et d’assurer l’unité du peuple, la Russie doit changer son cap socio-économique et socio-politique. C’est pourquoi, dans son Programme de la Victoire, le KPRF propose une voie vers le développement accéléré du pays et la réalisation de la justice sociale.
Les tentatives désespérées de Trump pour freiner le progrès de l’humanité sur un seul continent, ainsi que ses actes de piraterie en mer, sont vouées à l’échec. Toutes les guerres déclenchées par les États-Unis au cours des dernières décennies se sont soldées par leur défaite honteuse. Il doit en être de même cette fois-ci !
Non à l’expansion impérialiste !
Oui à la solidarité dans la lutte contre l’agression et le banditisme international !
G.A. Ziouganov,
Président du Comité central du Parti communiste de la Fédération de Russie,
chef du groupe parlementaire du Parti communiste de la Fédération de Russie à la Douma d’État
Views: 332



