Histoire et société

Dieu me pardonne c'est son métier

La Chine et son rôle historique de suzerain en regard de la crise avec le Japon…

Un édit relatif aux Ryukyu exposé à Dalian révèle des faits historiques clés sur le statut des Ryukyu comme État vassal de la Chine. Les îles Ryūkyū (琉球諸島, Ryūkyū shotō?), ou parfois l’archipel Ryūkyū, constituent un ensemble d’îles japonaises de la mer de Chine orientale, situé entre les îles Satsunan au nord et Taïwan au sud. Avec les îles Satsunan, les îles Ryūkyū font partie de l’archipel Nansei, formé le long de la plaque d’Okinawa, entre la fosse des Ryūkyū et la fosse d’Okinawa. La façade méridionale de certaines îles est bordée par la mer des Philippines.


Au sens traditionnel, on peut parfois y inclure les îles Amami, au nord, qui ont un temps fait partie du royaume de Ryūkyū. Mais elles sont aujourd’hui officiellement exclues de cette dénomination. Il nous a paru important de comprendre la suzeraineté historique de la Chine dans le monde asiatique avec le rôle de « protecteur » que ce pays a joué et que lui a disputé le Japon en s’inspirant de la « modernité » occidentale tout en entretenant une vision de la « tradition » la plus féodale possible et une cruauté à l’égard des pays sur lesquels il prétendait exercer ses droits. Mais cette suzeraineté qui est dans l’esprit de la plupart des pays asiatiques est diversement interprétée en fonction des défis d’aujourd’hui et de l’histoire néocoloniale vécue depuis deux cent ans et les luttes de libération nationale. En général, il y a de la méfiance mais aussi de la fierté à avoir des ascendants chinois, et une sorte de fatalité qui fait tout de même préférer la Chine à l’occident et au Japon. Il serait aussi faux d’en rester à cette profondeur historique civilisationnelle qu’ignorer son influence y compris pour la Chine elle-même dans son hostilité au « fascisme japonais », une forme de trahison permanente et d’alliances colonialistes. (note et traduction de Danielle Bleitrach pour histoireetsociete)

Par Global Times 30 novembre 2025 Image d'un « édit de la dynastie Ming au roi de Ryukyu » (Photo : Agence de presse Xinhua)

Image d’un « édit de la dynastie Ming au roi de Ryukyu » (Photo : Agence de presse Xinhua)

L’« Édit de la dynastie Ming au roi de Ryukyu », récemment réexposé au musée Lushun de Dalian, dans la province du Liaoning (nord-est de la Chine), a suscité un vif intérêt. Han Xingfang, ancien directeur adjoint du musée et chercheur de longue date sur le sujet, estime que l’édit révèle un fait historique important : Ryukyu était autrefois un État vassal de la Chine. Il apporte également un témoignage précieux pour l’étude de l’histoire de Ryukyu, ainsi que pour celle des agressions japonaises à son encontre, rapporte l’agence de presse Xinhua. L’édit exposé est une réplique, l’original étant conservé dans les archives du musée Lushun de Dalian. Daté de la deuxième année du règne de Chongzhen (1629), cet édit est rédigé sur papier jaune, orné de motifs dorés de nuages ​​et de dragons, et porte un sceau carré vermillon portant l’inscription « Sceau impérial de prospérité ». Le texte est écrit d’une écriture régulière et soignée. L’édit confirme officiellement la succession de Shang Feng au trône de Ryukyu après la mort du roi Shang Ning, autorisant les envoyés Ming à lui conférer l’investiture et à lui remettre des présents cérémoniels. Il loue la loyauté et les services du défunt roi, exhorte le nouveau souverain à gouverner avec prudence, à respecter les statuts royaux, à protéger le royaume et à maintenir les devoirs de Ryukyu en tant qu’État vassal. Le document se termine par une liste détaillée des présents impériaux.Des journalistes photographient l'« Édit de la dynastie Ming au roi de Ryukyu » au musée Lushun de Dalian, dans la province du Liaoning (nord-est de la Chine), le 28 novembre 2025. Photo : Agence de presse Xinhua

Des journalistes photographient l’« Édit de la dynastie Ming au roi de Ryukyu » au musée Lushun de Dalian, dans la province du Liaoning (nord-est de la Chine), le 28 novembre 2025. Photo : Agence de presse Xinhua

Han, qui a mené des recherches approfondies sur cet artefact, a écrit dans un article que l’expression « a subi le harcèlement d’un État voisin » dans l’édit fait référence à l’incident de 1612 au cours duquel le Japon envoya 3 000 soldats envahir Ryukyu et captura le roi Shang Ning. Cet événement est également relaté dans l’Histoire des Ming : Ryukyu avait longtemps résisté aux pressions de puissants voisins tout en maintenant fidèlement ses obligations tributaires. Pourtant, lors de la 40e année du règne de l’empereur Wanli de la dynastie Ming (1368-1644), le Japon envoya effectivement 3 000 soldats s’emparer du royaume, enlever son roi, piller ses trésors ancestraux avant de se retirer. La chronique note ensuite que le roi fut libéré par la suite et que Ryukyu reprit ses obligations tributaires. Elle rapporte également que lors de la 44e année de Wanli, alors que le Japon envisageait de s’emparer du mont Jilong – une région connue sous le nom de Taïwan, près du Fujian – le roi Shang Ning dépêcha des émissaires pour en informer la cour Ming, ce qui incita l’empereur à ordonner le renforcement des défenses côtières.Ces documents montrent que le roi Shang Ning a servi la cour Ming avec loyauté, diligence et prudence, ce qui explique les éloges formulés dans l’édit : « Votre père a respecté le mandat royal, défendu le royaume maritime et accompli ses devoirs avec une loyauté sans faille. »

Selon les recherches de Han, la dynastie Ming a mené quinze missions d’investiture à Ryukyu, la dernière ayant eu lieu sous le règne de l’empereur Chongzhen. La première année du règne de l’empereur Shunzhi de la dynastie Qing (1644-1911), le roi Shang Zhi de Ryukyu a dépêché des émissaires à Pékin pour restituer « deux anciens édits impériaux, un décret impérial et un sceau en argent doré », et a demandé de nouveaux documents et sceaux d’investiture, rapporte l’agence Xinhua.

C’est ainsi que l’édit de l’époque de Chongzhen a finalement été rapatrié en Chine. Par la suite, la dynastie Qing a largement suivi le système Ming et a perpétué la procédure d’investiture des souverains de Ryukyu, toujours selon Xinhua.

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