Histoire et société

Dieu me pardonne c'est son métier

Compte-rendu chinois sur les relations Washington-Paris

Sous l’apparente neutralité du propos chaque mot a un sens et le scénario que nous avons décrit ici est aussi celui retenu par la Chine. Zelenski en accord avec Paris et Londres a voulu adopter une attitude dure avec l’équipe au pourvoir désormais aux Etats-Unis. Mais c’étaient les enfants gâtés, choyés jusqu’ici et ils découvrent le visage qu’a l’Amérique pour le reste de l’humanité. Malheureusement cette bande puérile et effrayante ne sait pas faire autre chose que tenter de poursuivre ses demandes capricieuses, elle est en tout point comparable à Zelenski et mépriser ce propre peuple qu’elle prend en otage. C’est Biden qui a entamé la vassalisation de l’Ukraine mais aussi de l’UE et avec un vassal de ce type on ne met plus les formes. C’est exactement la conclusion à laquelle nous avons abouti dans notre livre : il faut que la France joue ses intérêts nationaux car il n’y a pas de nation européenne et ceux-ci exigent des faits concrets, la sortie de l’OTAN, l’adhésion aux BRICS et le socialisme à la française pour tenir sa classe capitaliste qui montre ce qu’elle vaut en lâcheté et corruption. C’est une capitulation avec Trump qu’elle négocie et elle est prête à lui donner tout ce qu’il demande à condition qu’il lui assure les bénéfices habituels d’une bourgeoisie compradore, des sangsues sur leurs peuples pour acquérir les faveurs du maitre comme dans tout protectorat. (note et traduction de Danielle Bleitrach)

CHINE / DIPLOMATIE

Les dirigeants européens se réunissent en toute hâte après le conflit Trump-Zelensky. L’alliance transatlantique risque de passer de valeurs partagées à des valeurs transactionnelles, selon un expert

Par Fan Anqi 02 mars 2025 Le Premier ministre britannique Keir Starmer et le président ukrainien Volodymyr Zelensky assistent à la signature d’un accord de soutien à l’Ukraine par la chancelière de l’Échiquier britannique Rachel Reeves à Downing Street à Londres, le 1er mars 2025. Crédit photo : VCG

Le Premier ministre britannique Keir Starmer et le président ukrainien Volodymyr Zelensky assistent à la signature d’un accord de soutien à l’Ukraine par la chancelière de l’Échiquier britannique Rachel Reeves à Downing Street à Londres, le 1er mars 2025. Crédit photo : VCG


Après une rencontre à la Maison Blanche avec le président américain Donald Trump qui a dégénéré en querelle entre les deux dirigeants, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a reçu un accueil beaucoup plus chaleureux en Europe, à son arrivée à Londres pour assister à un sommet organisé par le Premier ministre britannique Keir Starmer qui a montré son soutien à Kiev.

Bien que l’ordre du jour du sommet se concentre sur la crise ukrainienne, les pays occidentaux, toujours choqués par l’affrontement féroce à la Maison Blanche, sont ébranlés non seulement à cause du champ de bataille et de l’avenir de la sécurité de l’Europe, mais aussi à cause de la douloureuse prise de conscience que dans le cadre de l’approche américaine « America First », l’alliance transatlantique risque de passer d’une relation de valeurs partagées à une relation transactionnelle, ont déclaré des observateurs chinois.

Starmer a déclaré dimanche que la Grande-Bretagne, la France et l’Ukraine avaient convenu de travailler sur un plan de cessez-le-feu à présenter aux États-Unis, qui a émergé après des pourparlers entre les dirigeants des quatre pays à la suite de l’explosion de Zelensky dans le bureau ovale avec Trump, a rapporté AP. Le Premier ministre a réitéré son affirmation selon laquelle des garanties de sécurité américaines seront nécessaires pour qu’il tienne.

Le sommet de dimanche, organisé par Starmer, comprend des dirigeants de la France, de l’Allemagne, du Danemark, de l’Italie, des Pays-Bas, de la Norvège, de la Pologne, de l’Espagne, du Canada, de la Finlande, de la Suède, de la République tchèque et de la Roumanie. Le ministre turc des Affaires étrangères, le secrétaire général de l’OTAN et les présidents de la Commission européenne et du Conseil européen devraient y assister, selon le rapport de l’AP.

Zelensky est arrivé à Londres samedi et a été accueilli par Starmer au 10 Downing Street. Starmer a exprimé la « détermination absolue » de son pays à se tenir aux côtés de Zelensky et à parvenir à « une paix durable pour l’Ukraine basée sur la souveraineté et la sécurité de l’Ukraine », a rapporté le New York Times.

Les deux parties ont signé un prêt de 2,26 milliards de livres (2,84 milliards de dollars) pour des fournitures militaires ukrainiennes qui seront remboursées à l’aide des bénéfices des avoirs russes gelés, a rapporté la BBC.

Lors des cups de gueule à la Maison Blanche vendredi, heure locale, Trump s’en est pris à Zelensky, l’accusant de ne pas être assez « reconnaissant » pour l’aide militaire américaine. « Vous jouez avec la Troisième Guerre mondiale », a déclaré Trump à Zelensky.

Un journaliste américain a même demandé : « Pourquoi ne portez-vous pas de costume ? » et a accusé Zelensky de ne pas respecter le protoccole .

Zelensky a été prié de quitter la Maison Blanche sans signer un accord avec les États-Unis qui aurait donné aux États-Unis un accès significatif pour développer les précieux minéraux de l’Ukraine.

Le conseiller américain à la sécurité nationale Mike Waltz, qui se trouvait dans le Bureau ovale lors de la réunion, a comparé le dirigeant ukrainien à une « ex-petite amie », qui « veut discuter de tout ce que vous avez dit il y a neuf ans, plutôt que de faire avancer la relation », a déclaré Waltz.

Lü Xiang, expert en études américaines et chercheur à l’Académie chinoise des sciences sociales, a déclaré que si le plan initial était de discuter de l’accord minier, les deux parties savaient qu’il ne s’agissait que d’une négociation symbolique. « On pourrait même dire que c’était « un jeu d’enfant » – Trump voulait montrer chez lui qu’il n’était pas à la traîne, tandis que Zelensky, réalisant que l’accord ne pouvait apporter aucun avantage substantiel, a attisé le conflit de manière proactive pour faire la demonstration d’une attitude dure », a déclaré Lü au Global Times.Photo : Capture d’écran du compte X du Wall Street Journal

Photo : Capture d’écran du compte X du Wall Street Journal

Alors que c’est Zelensky qui a été châtié par le dirigeant américain, cela a fait frissonner toute l’Europe, car beaucoup ne comprennent toujours pas pourquoi la nouvelle administration américaine s’est retournée contre eux si furieusement. « L’explosion entre les deux dirigeants était le signe ultime que Trump détournait la politique étrangère américaine de ses alliés traditionnels », a rapporté le New York Times.

Une rafale de messages de soutien à l’Ukraine a été postée par les dirigeants de plusieurs pays européens, dont l’Allemagne, la France, l’Espagne, la Pologne et les Pays-Bas – ainsi que par les premiers ministres du Canada, de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande – Zelensky répondant directement à chacun d’entre eux pour les remercier de leur soutien, a rapporté la BBC.

Le président français Emmanuel Macron s’est dit prêt à « ouvrir la discussion » sur une éventuelle future dissuasion nucléaire européenne si l’Europe voulait aller vers une « plus grande autonomie » dans ses capacités de défense, a rapporté France24.

Le chancelier sortant Olaf Scholz a écrit que « personne ne veut la paix plus que les citoyens ukrainiens », tandis que son futur remplaçant , Friedrich Merz, a ajouté que « nous sommes aux côtés de l’Ukraine » et que « nous ne devons jamais confondre agresseur et victime dans cette terrible guerre », selon la BBC.

« L’Europe s’est longtemps habituée à une alliance transatlantique fondée sur des valeurs partagées, mais l’approche « America First » de Trump a complètement renversé cette dynamique. L’approche fait passer l’alliance de valeurs partagées à une relation transactionnelle », a déclaré dimanche au Global Times Jiang Feng, professeur d’études européennes à l’Université d’études internationales de Shanghai et président de l’Association d’études régionales et nationales de Shanghai.

L’Europe doit maintenant faire face à la réalité que la politique internationale est entrée dans une ère où les intérêts nationaux passent avant tout. Si l’Europe ne trouve pas une direction claire axée sur les intérêts dans la crise actuelle et continue de suivre passivement les directives des États-Unis, elle pourrait se retrouver dans une situation encore pire, a déclaré M. Jiang.

Lü Xiang a déclaré que la « volte-face » des États-Unis sur l’Ukraine dans deux administrations avait érodé la confiance de leurs alliés. « L’administration Biden avait utilisé des tactiques dures pour contraindre l’Europe à soutenir l’Ukraine. L’ajustement de Trump ne vise pas à affaiblir l’alliance, mais le résultat est nénmoins une fissure plus profonde », a noté Lü.

Le dernier épisode de la querelle entre Washington et Kiev a déclenché de vifs débats. Alors que la plupart des républicains soutenaient Trump et Vance, certains au sein du parti et des démocrates ont exprimé leur consternation.

La sénatrice de l’Alaska Lisa Murkowski, une républicaine modérée, a posté sur X samedi : « J’ai mal au ventre alors que l’administration semble s’éloigner de nos alliés et embrasser Poutine. » Tandis qu’un autre membre du Congrès républicain, Don Bacon du Nebraska, a déclaré que c’était « un mauvais jour pour la politique étrangère de l’Amérique ».

Les démocrates ont fustigé la Maison-Blanche. « Trump et Vance font le sale boulot de Poutine », a déclaré le chef de la minorité au Sénat, Chuck Schumer, et le sénateur Chris Coons a déclaré que Zelensky méritait mieux pour « se battre en première ligne de la démocratie », a rapporté CNN.

Jiang a décrit la « politique étrangère réaliste » de Trump comme « un pari à haut risque », notant que la politique américaine est déjà profondément divisée, la question clé est maintenant de savoir si sa politique peut apporter des avantages économiques réels à son peuple. Si cela réussit, il gagnera du soutien malgré l’opposition. Cependant, si cela échoue, les États-Unis pourraient être confrontés à plus de chaos.

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