Histoire et société

Dieu me pardonne c'est son métier

Il est temps de rendre à la Russie son drapeau rouge ! par Ivan Nikitchouk

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La mémoire révolutionnaire se confond avec la mémoire patriotique à la manière dont la France est née de la Révolution française, et le refus des symboles d’une RESTAURATION honnie se multiplient en Russie comme parfois dans l’ex-URSS, partout le nationalisme a été le moyen du dépeçage et de l’instauration du pillage, du pouvoir des oligarques toutes les confusions sont à l’œuvre y compris dans toute l’Eurasie de Brest à Vladivostock. Il y a au-delà du drapeau chez beaucoup de RUSSES encore aujourd’hui un fort sentiment d’appartenance soviétique, sentiment partagé souvent par les ex-républiques. Le meeting autour de Poutine et de l’intervention en Ukraine était empreint de cette vision patriotique même si les drapeaux qui flottaient étaient tricolores, le chant repris par tous était une interprétation qui comme l’hymne russe aujourd’hui reprend l’hymne soviétique mais en transforme les paroles. Il y a à la fois identification et déformation nationaliste comme partout et l’enjeu sans cesse rappelé par les communistes est la nécessité du retour au socialisme sans lequel il n’y aura pas de paix et de la fraternité qui régnait (note de Danielle Bleitrach, traduction de Marianne Dunlop)

L’histoire du tricolore russe, devenu le drapeau national, est bien connue de beaucoup. Il fut d’abord le drapeau officiel des navires civils et marchands en Russie selon un décret de Pierre le Grand en 1705, qui a été fixé dans la Charte maritime 15 ans plus tard. Il s’agissait d’un drapeau néerlandais avec une alternance modifiée de bandes de couleur. En tant que tel, il a duré jusqu’en 1896, date à laquelle un décret a été publié avant le couronnement de Nicolas II pour le déclarer drapeau national de la Russie.


2022-04-01 10:53 (mise à jour : 2022-04-01 20:10)

Le tricolore blanc, bleu et rouge a brièvement brillé sur le chaos étatique du gouvernement provisoire après l’abdication de Nicolas II.

Au printemps 1918, les bolcheviks avaient remplacé le tricolore par un morceau de tissu rouge.

Le tricolore bleu, blanc et rouge a été relevé lorsqu’il a été hissé par les Tchèques, le « Corps tchécoslovaque », dont la mutinerie en mai 1918 a déclenché une guerre civile de grande ampleur en Russie. Depuis leur formation en 1916, lorsque le gouvernement tsariste a décidé de constituer des légions slaves à partir de prisonniers austro-hongrois, les Frères Slaves utilisaient un tricolore bleu, blanc et rouge, identique aux couleurs slovaques et tchèques. Le corps tchécoslovaque de 70 000 hommes, bien armé et organisé, qui s’étend de la région de la Volga à Vladivostok, en coordination avec les services de renseignement britanniques et français, lance un soulèvement anti-bolchevique et, en fait, ruine la Russie en un jour. Avec leur drapeau blanc-bleu-rouge, ce sont les Tchèques qui ont inventé et utilisé, peut-être en première mondiale, les chambres à gaz. Les occupants tchèques ont également exterminé les bolcheviks capturés dans les cales de barges fluviales remplies d’eau de Javel.

Nous avons hérité des envahisseurs tchèques une guerre civile à grande échelle, l’amiral Koltchak, qui s’est proclamé chef suprême de la Russie, et le tricolore blanc, bleu et rouge comme drapeau national.

Dans le nord de la Russie, le drapeau bleu-blanc-rouge a également été activement utilisé pendant la guerre civile. Ce tricolore a été officiellement adopté par le « gouvernement provisoire de la région du Nord », qui avait été formé à partir de collaborateurs russes par les occupants britanniques qui s’étaient emparés de Mourmansk et d’Arkhangelsk en 1918. Ce « gouvernement » a même lancé une invitation officielle aux Britanniques à occuper le Nord de la Russie. Et il a organisé les premiers camps de concentration sur les îles de la mer Blanche, dont le célèbre Solovki.

Dans le sud de la Russie, les Blancs ont également combattu sous le drapeau bleu-blanc-rouge, en utilisant une combinaison de ces couleurs aussi dans divers détails de l’uniforme.

Après la fin de la guerre civile, le drapeau bleu-blanc-rouge a été brandi par diverses organisations d’immigrants blancs, qui, en alliance avec les services secrets étrangers, ont tenté de nuire à l’URSS par tous les moyens possibles.

En 1923, après la fondation de l’Union soviétique, la version finale du drapeau national de l’URSS était un tissu rouge avec l’image dans le coin supérieur gauche de l’étoile à cinq branches et le symbole de la faucille et du marteau qui a existé jusqu’à l’effondrement de l’Union soviétique en 1991.

Avec le déclenchement de la Grande Guerre Patriotique, le tricolore s’est couvert de crimes imprescriptibles, de crimes contre l’humanité ! Les premiers habitants du territoire occupé de l’URSS à hisser le drapeau tricolore en novembre 1941 sont ceux de la « République de Lokot ». Ici, dans plusieurs districts des oblasts de Koursk et d’Orel, avec pour centre Lokot (aujourd’hui oblast de Briansk), les Allemands ont mené une expérience d' »autonomie locale ». Les collaborateurs locaux, dirigés par l’Ober-Burgermeister Voskoboynik (il se qualifiait lui-même de « gouverneur de Lokot et des terres environnantes »), ont combattu avec les Allemands contre les partisans. Ils se sont tellement battus qu’en deux ans, les traîtres sous le drapeau blanc-bleu-rouge ont anéanti plus de 10 000 civils et en ont brûlé plus de 200 vivants. Les gens ordinaires sont fusillés, les activistes clandestins et partisans sont pendus, certains sont décapités publiquement. Le ministre des territoires orientaux occupés Rosenberg (l’auteur du projet de « destruction du potentiel biologique de l’Union soviétique ») rend compte à Hitler, dans une note spéciale, de la situation dans le district de Lokot. Le Führer est généralement opposé à toute coopération avec les sous-hommes slaves, mais il autorise Rosenberg à poursuivre cette expérience d' »autonomie locale ». Dans un élan d’enthousiasme, et entre deux opérations punitives, les collaborationnistes de Lokot ont officiellement proclamé le tricolore blanc, bleu et rouge comme couleur « d’État », rédigé leur propre code pénal, sur le modèle du NSDAP, créé le « Parti national-socialiste du travail de Russie », annoncé une réforme économique et adopté un tas de manifestes contre les judéo-bolcheviques. Et ils ont formé l' »Armée populaire de libération de la Russie » sous le même chevron tricolore que celui des uniformes allemands et policiers. Une très réelle démocratie souveraine !

En 1943, alors que nos troupes approchaient, les Allemands ont déplacé leurs sous-fifres sous le drapeau blanc-bleu-rouge loin à l’arrière – en Biélorussie pour combattre les partisans. Ici aussi, ils ont laissé leur empreinte sous la forme d’habitants abattus et de villages brûlés. Au cours de l’été 1944, les collaborateurs ont été transformés en 129e brigade SS et envoyés pour réprimer le soulèvement de Varsovie. Selon les Allemands, la brigade de Kaminsky a massacré 15 000 personnes dans la seule ville de Varsovie le 5 août 1944, et elle a anéanti les derniers Juifs survivants.

Le brigadier-führer SS Kaminsky, sous le drapeau blanc-bleu-rouge, réalisant que les Allemands ne lui tapoteraient pas la joue pour ces prouesses, a tenté de s’échapper vers les Banderistes dans les Carpates, mais la Gestapo l’a arrêté dans le sud de la Pologne et l’a abattu. Le reste de la brigade de Kaminsky est transféré en Allemagne sur le terrain militaire de Münsingen, où c’est à partir de là que se forme la 1ère division de l’ « Armée russe de libération » du général Vlassov, tristement connue.

Il y a eu plusieurs tentatives pour former l’armée de Vlassov. La première a été couronnée par une parade à Pskov, occupée par les Allemands, le 22 juin 1943, où, sous le drapeau bleu-blanc-rouge, une compagnie dite combinée de la division des gardes de l’ARL a défilé dans les rues. Mais pratiquement jusqu’à la fin de la guerre, toutes les déclarations de Vlassov et de ses acolytes sur l' »Armée de libération russe » avaient un caractère purement propagandiste – Hitler était fermement opposé à la création de toute formation russe indépendante portant des symboles d’État (une exception a été faite pour Rosenberg avec son « expérience Lokot »).

Ce n’est qu’à la fin de 1944, alors que les Allemands en train de se noyer se raccrochaient à n’importe quelle paille, que le traître Vlassov a été autorisé, après une rencontre personnelle avec le chef SS Himmler, à former réellement une « armée de libération russe », avec un statut officiel d’allié du Reich allemand. Himmler a autorisé Vlassov à utiliser le drapeau « national » blanc-bleu-rouge pour son armée. Le 16 février 1945, le drapeau tricolore blanc-bleu-rouge a été hissé solennellement sur le terrain d’entraînement militaire et les casernes de Münsingen, où les 1ère et 2ème divisions de l’ARL ont été formées. Ce jour-là, Vlassov, comme plus tard Eltsine, a déclaré que ce drapeau était le drapeau de la « Russie libre ».

La première tentative d’utiliser militairement l’armée de Vlassov a eu lieu en février 1945 – les Allemands ont lancé les traîtres pour attaquer une de nos têtes de pont sur l’Oder, menaçant directement Berlin. En avril, la 1ère division de l’ARL est battue à Fürstenberg et abandonne le front.

Après Rosenberg et Vlassov, l’histoire du tricolore a été poursuivie par Eltsine. Déjà à l’époque du GKChP, les forces qui s’opposaient à la préservation de l’URSS utilisaient le tricolore russe lors d’événements publics. Et le 1er novembre 1991, le cinquième congrès des députés du peuple de la RSFSR a approuvé par la loi le tricolore comme drapeau national de la RSFSR. Ainsi, le « drapeau des traîtres et des sbires fascistes » est devenu le drapeau national de la Russie.

Personnellement, je perçois de manière extrêmement négative le fait que « le drapeau des traîtres et des ennemis de la Russie » flotte sur le Kremlin en Russie, ceux qui ont détruit le grand empire, l’union fraternelle des nations. Je trouve extrêmement déplaisant que, lors des cérémonies du jour de la Victoire, le Drapeau rouge de la Victoire et le tricolore – les drapeaux des camps qui se sont affrontés – flottent côte à côte. À mon avis, non seulement cela ne respecte pas l’histoire du pays, la mémoire de ceux qui sont morts, mais cela raye en fait les résultats de la Grande Guerre Patriotique pour nous. Je ne suis pas prêt à le supporter !

Cela ne peut être toléré, surtout aujourd’hui, alors que le soldat russe est à nouveau entré dans une bataille mortelle avec le fascisme, les néo-nazis de Bandera. Nous voyons que certains de nos soldats et officiers, restés fidèles à la mémoire de leurs grands-pères et de leurs pères, combattent sous la bannière rouge de la victoire. Ce souvenir devrait inspirer les députés communistes, qui doivent ces jours-ci présenter une proposition législative visant à restaurer les symboles d’État de nos ancêtres victorieux, à libérer la Russie de « l’esprit de trahison », à insuffler au peuple la foi dans l’inévitabilité de la victoire du bien sur le mal. Il est temps pour la Russie de restaurer le drapeau rouge, le drapeau de la fierté, de la fraternité, de l’amitié, de la dignité, de la vérité et de la victoire !

Note de Danielle BLEITRACH ; Il y a au-delà du drapeau chez beaucoup de RUSSES encore aujourd’hui un fort sentiment d’appartenance soviétique, sentiment partagé souvent par les ex-républiques. Le meeting autour de Poutine et de l’intervention en Ukraine était empreint de cette vision patriotique même si les drapeaux qui flottaient étaient tricolores, le chant repris par tous était une interprétation qui comme l’hymne russe aujourd’hui reprend l’hymne soviétique mais en transforme les paroles. Il y a à la fois identification et déformation nationaliste comme partout et l’enjeu sans cesse rappelé par les communistes est la nécessité du retour au socialisme sans lequel il n’y aura pas de paix et de la fraternité qui régnait :

Je suis né en URSS

6 avril 2015 Je suis né en URSS
Le pays est soviétique, multiple.
Pays mystérieux, grand,
Vraiment génial.

Je suis né dans un pays comme celui-ci
Où on se souvenait des préceptes des grands-pères,
Où régnaient l’ordre et la paix,
Où la fête principale était le Jour de la victoire!

Et dans ce beau pays,
Uni était son peuple.
Et tous avaient un drapeau – rouge!
Et affaires communes – beaucoup!

Et dans ce pays dans tous les espaces
Il y avait des centaines de langues …
Là la vérité est née dans la controverse,
Et tout le monde était prêt à aider.

Et à propos des conflits et des attaques terroristes
Personne n’a jamais entendu parler!
Et couleur rose sur les cartes
L’URSS a toujours brillé!

Et pour que la Russie et l’Ukraine,
Quelque chose partagé? Jamais!
Enracinés ensemble …
Slaves … C’est pour toujours!

Tout était clair et stable.
Et tout le monde a cru en un nouveau jour.
Dans mon pays, omnipotent,
Toujours des fleurs de printemps lilas.

Et en été, tout le monde se précipitait à Sotchi,
Dans la paume de la mer.
Au fait, ce monde était gentil,
Je voulais ouvrir les fenêtres!

Et ils les ont labourés ensemble
Dans les quartiers d’anciens appartements,
Et le matin notre hymne est tendu
Diffusion aérienne passionnante.

Et souvent en vacances
Nous avons voyagé à travers le pays.
Et pendant le voyage il y avait de l’argent
Nous étions plutôt contents …

Et pas de frontières, pas de coutumes,
Seuls les fuseaux horaires –
Un pays sous l’œil de Dieu,
Seul au-dessus de tous les cieux …

Et laissez les étagères et les fenêtres,
Biens de consommation soviétiques couchés!
Mais le bonheur est-il dans les oranges?
… Et comme le pain noir était délicieux!

Et laissez-les dans les magasins
Pour le beurre, la viande et le mil,
Et laissez-le voir les limousines
Ne pouvait importer que du cinéma …

Il y avait une pénurie de ne pas comprendre
Et pas dans la communication des personnes.
La conscience pas tordue
Sous l’œil vigilant des bourreaux.

Et il n’y avait pas de pénurie
Se nommant héros …
Et des barres d’or scythes
Ne touche pas … Sans aucun droit!

Et comment c’est arrivé ce jour-là,
Tout est secoué, le monde s’est effondré?
Saisi par la soif sauvage
Corbeau a volé au festin!

Sherkany à l’étranger
Kromsali, a déchiré notre peuple …
Et les tabacs européens
Ils regardèrent servilement dans leur bouche.

Je suis né dans un pays merveilleux!
Il n’est plus sur la carte …
Chanson étranglée criminelle
Cette lumière pure et claire s’estompa …

Mais il y a un pays … Mais il y a la Russie …
Écoute! Entends-nous!
Notre unité est notre force …
L’heure n’a pas encore sonné …

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