Cette année est en Chine celle du cheval de feu, ce qui est déjà un très beau symbole d’énergie, de soif de liberté et de capacité à transformer les obstacles dans l’action de la part du pays leader du renouveau multipolaire. Nous associons à cette allégorie du calendrier chinois deux autres symboles, d’abord un tableau qui dit ce dont tout est parti, le grand bouleversement révolutionnaire de 1917, il mérite, comme son auteur Petrov-Vodkine, de déclencher notre imaginaire et nos espoirs de « renouveau ». Mais il y a aussi le surnom donné par les Cubains à Fidel : caballo, le cheval, et l’apport de cette révolution cubaine du premier de l’an 1959, qui défia la colonisation des USA, et renouvela en 1991 le pacte révolutionnaire en refusant la défaite, pour exprimer également cet élan vital audacieux et lucide, l’humanisme concret de chair et de sang dans lequel se reconnait un peuple dans son histoire propre. Quand la France se réveillera, elle sera bien placée pour apporter sa voix originale, révolutionnaire, la clarté gauloise, les soldats de l’an II, la Commune de Paris, c’est le message que j’ai voulu apporter en 2026 (1) à partir du bilan que nous avons fait des ombres et lumières dans l’aventure que fut l’écriture et la diffusion de notre livre par le collectif qui anime Histoireetsociete (2), comment agir pour défendre la vie dans une société en proie à la censure, à l’anomie, à l’individualisme, à la concurrence et à la haine et qui refuse de voir ce qui est la vie, l’épanouissement, la vraie liberté ? par Danielle Bleitrach

Le Cheval, dans l’astrologie chinoise, symbolise une énergie débordante et une soif de liberté. La dernière année qui a été celle du cheval de feu était 1966. Le Cheval est souvent associé à une volonté inébranlable de réussir et à une capacité naturelle à surmonter les obstacles. Dans la culture chinoise, le Cheval occupe une place importante depuis des siècles. et vous trouvez des tombes dans lesquelles le chef est enterré avec son char et ses chevaux. Il représente non seulement la force et la vitesse, mais aussi un compagnon fidèle dans les voyages et les batailles. Les anciens Chinois considéraient le Cheval comme un symbole de prospérité et de progrès. Vous pouvez voir cette influence dans l’art, la littérature et même les traditions festives. Le Cheval, en tant que signe astrologique, reflète ces qualités culturelles, renforçant son rôle comme un guide vers la réussite et l’accomplissement personnel. L’élément Feu, lorsqu’il s’associe au Cheval, amplifie ses traits naturels. Il ajoute une intensité et une passion qui rendent ce signe encore plus remarquable. Il y a une énergie intérieure qui pousse à transformer les idées en actions concrètes. Le Feu symbolise également la transformation, ce qui signifie qu’il implique la capacité de se réinventer et de surmonter les défis avec une détermination inébranlable. L’interaction entre le Feu et le Cheval crée une combinaison puissante et unique. Le Feu intensifie l’esprit aventureux du Cheval, le rendant encore plus audacieux et déterminé. Il y a alors une envie irrésistible de prendre des risques et de poursuivre ses rêves avec passion. Cependant, cette combinaison peut aussi entraîner une certaine impatience ou impulsivité.
Trouver un équilibre entre cette énergie ardente et le besoin de stabilité est la grande dynamique à maitriser, celle de l’apport de l’expérience chinoise en cours. Voici d’ailleurs la conclusion de mon livre à paraître : En revenir au « facteur humain » est selon moi ce qui caractérise le socialisme chinois sous-direction communiste, je veux bien qu’il y ait là une tradition confucéenne mais elle est passée au filtre de l’histoire, celle de la Chine et celle du mouvement planétaire, et elle s’impose au primat du « capital mort » sur le « vivant » qui est l’essence du rapport social capitaliste depuis son essor marchand jusqu’à son stade ultime impérialiste, et plus encore à son stade rentier actuel.
Se demander « Pourquoi ? » autant que « Comment » est la conclusion de ce cahier…
J’avais besoin à cause de la censure qui a continué à frapper notre livre et de la manière dont chacun s’en accommodait, de ce sentiment d’être irrémédiablement seule que j’ai apprivoisé depuis l’enfance et qui est devenu une forme de liberté, de dialogue à un niveau supérieur, là où on ne peut m’atteindre.
Cette liberté d’être et d’agir, qui réveille néanmoins des chagrins enfantins, m’a apporté cette conviction :
Je voulais mourir d’une balle perdue dans une révolution victorieuse et j’ai compris que le plus important était d’apprendre à vivre et à se battre dans une révolution victorieuse, c’est une terrible responsabilité à Cuba, en Chine comme en URSS.
J’espère que dans l’année 2026 montera encore cette vitalité en faveur d’une révolution, la conscience pour agir, pour balayer ce qui est mortifère et autodestructeur et que nous ne céderons pas au catastrophisme ambiant mais toujours nous chercherons et trouverons ce qui va vers la transformation nécessaire, si le grain ne meurt il n’y aura pas de moisson, mais là aussi comme le disait Fidel en citant José Marti savoir que toute la gloire du monde tient dans un grain de mais.
Et je voudrais associer à cette description de ce qu’est pour moi la révolution indispensable nécessaire inscrite dans le devenir de l’humanité une œuvre magnifique le cheval rouge, de Petrov-Vodkine.
Ce tableau a été considéré comme celui symbolisant « l’esprit du temps », celui des bouleversements la guerre et la révolution. « J’en avais fait trois versions », se souvint plus tard l’artiste. « Au fil de son élaboration, j’ai formulé des exigences de plus en plus strictes sur le plan pictural, afin d’équilibrer la forme et le contenu, et de conférer à l’œuvre une portée sociale. » Il a réussi et nous allons voir que cette synthèse correspond à celle de sa propre vie. L’artiste parvint à unir la tradition des icônes russes, des premières fresques italiennes comme Ucello et du néoclassicisme. Les couleurs froides de l’eau et les lignes arrondies du rivage « propulsent » littéralement le magnifique cheval, tel un feu foudroyant, vers l’avant, c’est un plan sphérique qui a libéré le cheval tout en l’intégrant dans la composition. Le chercheur en art D.V. Sarabyanov analysa cette œuvre et écrivit : « Le symbole est… très vaste. Il évoque la « Jument des steppes » de Blok, à l’image de laquelle se sont formés… le passé de la Russie, son présent difficile et cette chose infinie et impérissable qui demeure à jamais. » Cette révolution sans laquelle rien d’aujourd’hui ne serait.
Petrov-Vodkine est un artiste russe né en 1878 dans une petite ville sur les rives de la Volga, au sein d’une famille de cordonniers pauvres, une enfance qui fait songer à celle décrite par Gorki, il vit dans une des villes où le communisme connaitra et connait toujours une influence dominante, Samara (c’est là où il y a le bunker de Staline prévu pour son exode et qu’il n’a pas utilisé puisqu’il est resté à Moscou malgré l’avancée des troupes allemandes) puis à Moscou. A partir de 1901, selon la tradition des artistes et des intellectuels russes, il part en France, en Italie, en Grèce et même en Afrique du nord. C’est un peintre mais avec une soif culturelle et intellectuelle immense, un artiste prolétarien et dans le même temps philosophe, amoureux de la littérature. En Europe il subit l’influence des symbolistes avec ses compositions allégoriques mais il ne s’en contente pas et à travers le quattrocento italien, il retrouva l’originalité russe, avec son goût pour les fresques, le monumental, un rythme, un équilibre que l’on voit dans cette création, le Cheval rouge, de 1912. Une œuvre qui connut immédiatement un grand succès qui ne se démentit jamais tant elle paraissait annonciatrice de la guerre et de la révolution, un cataclysme, une apocalypse la guerre d’où nait le renouveau, la révolution et le triomphe du communisme (3), symbole repris dans une toute autre tradition culturelle qui pourtant donna ne serait-ce que sur le plan musical comme celui de la représentation un patrimoine cubain dans le très beau film « Soy Cuba » avec un peuple qui proclame « Soy Fidel » (4).
(1) Danielle Bleitrach le ZugZwang, la fin du libéralisme libertaire, et après ? à paraître en février 2026 chez Delga
(2) Danielle Bleitrach, Marianne Dunlop, Jean Jullien et Franck Marsal Quand la France s’éveillera à la Chine, la longue marche vers un monde multipolaire. Delga. 2025
(3) Si le cheval rouge est l’œuvre la plus connue de Petrov-Vodkine il va peu à peu aller vers un style qui unit la référence aux icônes avec une forme d’abstraction pour dire l’humanisme de la Révolution : voici deux tableaux parmi les plus célèbres, en particulier : « L’année 1918 à Petrograd » , qui est également connu sous le nom de « La Madone de Petrograd » (1920). Ce surnom est tout à fait mérité parce qu’il traite en effet la révolution comme une madone d’icône russe mais avec une cape rouge avec une perspective sphérique qui accroit l’effet monumental,

On retrouve ce style qui est presque abstrait dans une de ses dernières œuvres de 1934, Lénine, quand la Révolution devient cette mère nourricière, cette intelligence du réel et des possibles et paraît donc se figer pour fixer l’avenir.

(1) Soy Fidel … El caballo, soldado de las ideas
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