La guerre économique si elle amplifie les risques de récession peut également engendrer une baisse des prix liée à la raréfaction de la demande mais pas seulement. Dans cette « guerre » ce qui se joue est la résistance de chaque société, nation, a absorber la souffrance que la dite guerre impose en matière de baisse des coûts la Chine a une longueur d’avance liée à l’innovation technologique et à la planification. Il apparait que la stratégie de Trump n’est pas de l’improvisation. Comme le signalait une chroniqueuse de The New yorker » pourtant, les vérités les plus simples sur Trump se sont avérées étonnamment insaisissables. Comme l’est d’ailleurs pour la majorité des gens une réalité à laquelle ils ne peuvent, ni ne veulent croire. Sinon, pourquoi tant de gens qui ont tant d’enjeux sur le résultat se convainqueraient-ils que Trump ne pensait pas ce qu’il a publiquement menacé de faire depuis sa première campagne il y a neuf ans ? Le dossier suggère depuis longtemps que, bien que Trump ait peu de principes idéologiques fixes, une croyance presque mystique dans les pouvoirs du tarif douanier est l’un d’entre eux. Il a explicitement promis de mettre en place des tarifs réciproques dans une vidéo de campagne le 21 juin 2023, promettant : « Œil pour œil, un tarif pour un tarif ». Lors d’une apparition devant des centaines de dirigeants d’entreprise à Chicago quelques semaines avant les élections de 2024, il a déclaré : « Pour moi, le plus beau mot du dictionnaire est « tarif ». Lors de l’événement Rose Garden de mercredi, Trump a parlé de la disparition de la dette nationale, du retour en force des emplois et des usines. (Les prix baisseraient aussi, a-t-il promis – « en fin de compte ».)
De même, il y a en France, l’incapacité totale à sortir d’une vision psychologisante de Poutine dans sa relation avec Trump. Pour ceux qui passent leur vie à imaginer que Poutine va se laisser séduire par Trump, il faudrait peut-être faire attention aux FAITS. La manière dont le dirigeant russe a envisagé l e développement de l’Arctique, la célébration avec Xi du jour de la victoire et surtout la bataille que dans le cadre des BRICS il doit mener avec d’autres pays producteurs. Un fait qui a toujours été déterminant dans l’évolution de Poutine. (note et traduction de danielle Bleitrach pour histoireetsociete)
La baisse des prix du pétrole s’inscrit dans le prolongement des droits de douane annoncés par Donald Trump mais aussi de l’annonce surprise de l’OPEP+ d’augmenter ses capacités de production. AFP/Robyn Beck© ROBYN BECK
Ce vendredi, en milieu de matinée à Paris, le prix du baril de pétrole de Brent de la mer du Nord pour les livraisons en juin chutait de 2,97 %, à 68,06 dollars, au plus bas depuis décembre 2021 – perte qui s’est creusée quelques heures après, avec l’annonce par la Chine de l’augmentation de 34 % des frais de douane sur les produits américains. Dans le même temps, le baril de West Texas Intermediate, référence américaine, pour livraison en mai, s’enfonçait de 3,12 % à 64,86 dollars, au plus bas depuis mai 2023.
Déjà la veille, le Brent avait plongé de 6,6 % en fin d’après-midi autour des 70 dollars, effaçant tous les gains réalisés depuis la mi-mars. Il s’agit des plus fortes baisses enregistrées sur une journée depuis près de deux ans.
Si cette dégringolade du pétrole a été précipitée par l’annonce par Donald Trump des tarifs douaniers qui peuvent avoir comme conséquence de faire baisser l’activité économique mondiale et donc la demande de pétrole, ce n’est pas le seul élément qui explique ce recul.
Les États-Unis prennent de l’avance sur la production
En arrivant à la Maison-Blanche, Donald Trump avait lancé un appel aux producteurs américains de pétrole « Drill baby drill » (« Forez mon petit, forez »). Et les effets commencent à se faire sentir. Au cours de la dernière semaine du mois de mars, les réserves outre-Atlantique de pétrole ont bondi de 6,2 millions de barils, alors que les prévisionnistes tablaient à l’inverse sur une baisse des volumes de l’ordre de 500 000 barils.
À tel point que les États-Unis sont en train de s’installer comme étant les premiers producteurs mondiaux de pétrole en produisant près de 13 millions de barils par jour contre neuf millions de barils en Arabie saoudite. Mais surtout, le principal facteur ayant contribué à la hausse des réserves est la diminution des exportations américaines de pétrole brut qui ont chuté de 16 % pour atteindre 3,88 millions de barils par jour, contre 4,60 millions auparavant.
Dans ces conditions, Donald Trump va aussi pouvoir revendiquer une première victoire pour les automobilistes américains en faisant baisser le prix à la pompe à l’approche de la « driving period » des vacances d’été où les déplacements sont nombreux. En France aussi, les automobilistes vont pouvoir profiter rapidement des prix à la baisse de l’essence, alors que leur niveau déjà au plus bas depuis le début de l’année. Selon l’un des derniers relevés de l’Union française des industries pétrolières énergies et mobilité (UFIP), le prix moyen en France du SP95 était à 1,71 euro/L pour le SP95 et 1,62 euro/L pour le gazole.
Les pays producteurs préparent leur réplique
Cette baisse des prix du pétrole a aussi été amplifiée par l’annonce surprise de l’Opep+ (Arabie saoudite, Russie, Irak, Émirats arabes unis, Koweït, Kazakhstan, Algérie et Oman). Ces pays remettront sur le marché 411 000 barils par jour supplémentaires à partir de mai. Le triple par rapport à la quantité annoncée il y a un mois. En faisant baisser davantage les cours du pétrole, les pays de l’Opep+ cherchent à faire atteindre le seuil de 65 dollars le baril.
À ce prix, les producteurs américains verraient leur rentabilité chuter. Du coup, certains sont obligés de ralentir ou de stopper leur production en attendant une remontée des cours. Une situation qui permettrait aux pays de l’Opep+ de reprendre la main sur certains marchés.
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