Histoire et société

Dieu me pardonne c'est son métier

Billet d’humeur : des négociations unilatérales de la Russie dans la guerre atlantiste en Ukraine

La délégation russe, elle, est sous surveillance du peuple russe qui n’est pas prêt à accepter que tout ce qu’il a subi soit bradé. Qu’une fois de plus au nom de la parole diplomatiquement donnée et honorée, la Russie soit bernée. Cela suffit de jouer les chevaleresques avec des truands et ensuite de subir leur propagande qui inverse l’ordre des faits pour présenter un portrait infâme de la Russie. Cela ne vous suffit pas la manière dont ils ont transformé la réalité de la deuxième guerre mondiale ? la manière dont ils réclament une information objective alors qu’ils censurent tout ce qui vient de Russie et que les reporters russes sont assassinés systématiquement par les troupes otano-ukrainiennes. Non, il ne faut pas négocier, il faut leur flanquer une raclée ils ne comprennent que ça, la Berezina, la prise du Reichstag, de temps en temps il faut les calmer et ne pas leur faire confiance. C’est sous cette pression que Poutine et les négociateurs russes déploient leur art. Là encore, le mensonge occidental en dit long, hier il était tenté de présenter les deux négociateurs comme des spécialistes nantis de pouvoirs occultes. Pas du tout, rien à voir avec le dialogue direct et préparé entre Poutine et Trump ou celui posant le cadre diplomatique, celui de la parole donnée autour d’un champ plus large que celui de l’Ukraine. Là nous sommes dans la durée et on envoie des « spécialistes », des exécutants formés à l’art de faire tenir des journées entières des discussions sans jamais sortir des ordres stricts qui ont été donnés visant à stabiliser la Mer noire. Là ils ont tenu 12 heures et aujourd’hui il va y avoir un communiqué commun russo-américain, sur le mode ça avance, on continue… comme je l’avais prévu : selon l’agence de presse russe TASS, Dmitri Peskov, le porte-parole du Kremlin, a déclaré plus tôt qu’aucun document ne serait signé. Est-ce un hasard si au même moment une révolution de couleur est lancée à Istanboul pour faire comprendre à Erdogan où est son devoir dans ces négociations ? certainement pas… Tout le monde le comprend sauf nos politiciens français de toute obédience qui gobent à peu près tout, sauf que le peuple français ne veut pas faire la guerre et qu’à force de leur faire peur avec les monstrueux Russes ça finit par se retourner contre les propagandistes. (note de Danielle Bleitrach pour histoireetsociete)

La délégation russe est arrivée ce matin à l’hôtel Ritz-Cartlon de Riyad, où doit se tenir le second tour de négociations russo-américaines, fermées à la presse. En face, les grands pacifistes Kellog et Waltz. Au menu des négociations, le plat principal est l’obtention d’un « cessez-le-feu » en Mer Noire. Comme pour le moratoire des tirs sur les sites énergétiques, il s’agit de faire accepter unilatéralement ces obligations à la Russie, puisque l’armée atlantico-ukrainienne, elle, peut violer les accords, sans que la Russie ne dénonce l’accord. La question la plus douce qui vient à l’esprit, est de savoir si les élites politiques russes sont masochistes.

Les habitudes sont effectivement difficiles à perdre. Et pour les hommes, et pour les Etats, puisqu’ils sont gouvernés par des hommes. Mais dans le second cas, les conséquences peuvent être autrement funestes.

La Russie, et donc les élites dirigeantes russes, ont une fâcheuse habitude, qui est largement utilisée par ses ennemis (pardon, ses « partenaires ») contre elle : il suffit de lui faire passer un accord (donc bilatéral), pour qu’elle l’applique unilatéralement, jusqu’au moment où nous entendons à nouveau ce soupir – « on nous a encore trompés ». Le besoin de négocier et d’être assis à la table semble pousser ses élites à prendre des décisions irrationnelles. L’image fantasmée du monde remplace la réalité de ce monde.

Ainsi, après avoir donné l’ordre précipité de suspendre immédiatement les tirs sur les sites énergétiques dix minutes après la conversation avec Trump, la Russie a détruit ses propres drones en vols et elle subit depuis les attaques régulières de l’armée atlantico-ukrainienne.

Dans le même temps, l’armée atlantico-ukrainienne a attaqué un site énergétique dans la région de Krasnodar, puis à Soudja et enfin à Zaporojie, laissant des milliers de personnes sans électricité.

Dans la foulée, le porte-parole du Kremlin est fier d’annoncer que le Président Poutine n’a pas retiré son ordre à l’armée de suspendre les tirs sur les sites énergétiques en Ukraine. Chacun répétant qu’ainsi la Russie montre qu’elle respecte sa parole, à la différence de « l’Ukraine », qui ne la respecte pas.

Deux questions.

A qui la Russie veut-elle faire preuve de tant de bonne volonté ? Aux Etats-Unis, pour ne pas gâcher les fameux pourparlers de Ryiad ? Donc à l’ennemi ? Rappelons que les Etats-Unis n’ont pris aucun engagement restreignant son implication militaire, qu’ils continuent à approvisionner l’armée atlantico-ukrainienne qui se bat contre la Russie. Depuis quand, dans une guerre, faut-il faire des efforts pour plaire à l’ennemi ? La Russie et les Etats-Unis n’ont pas un différend commercial et l’arrivée de Trump n’a rien changé à la situation dans les faits. Son arrivée n’a que permis de créer une illusion. Il est temps pour les élites russes d’accepter la réalité, avant qu’elle ne s’impose à elles.

Est-ce réellement « l’Ukraine », qui ne respecte pas les engagements ? L’Ukraine, ce grand pays indépendant et souverain, gouverné par un Président, qui n’est pas une marionnette. Amen ! Donc la Russie reconnaît que le conflit serait entre elle et l’Ukraine et non pas en Ukraine entre elle et les Atlantistes ? Un peu de sérieux et de courage politique ne feraient pas de mal. 

Et puisque rien ne change, les Etats-Unis poussent l’avantage et veulent reprendre le contrôle de la mer Noire. Sans un seul combat militaire. Puisque Trump est Président, la Russie est prête à en discuter. Et les Américains ont sorti l’artillerie lourde avec Kellog, encore un grand pacifiste, pour faire pression à Riyad.

La rencontre se déroule à l’hôtel Ritz-Carlton à Riyad. La délégation russe est dirigée par le président du comité du Conseil de la Fédération pour les affaires internationales Grigori Karassine et le conseiller du directeur du Service fédéral de sécurité (FSB) Sergueï Besseda. La délégation américaine comprendrait le directeur de la planification politique, Michael Anton, ainsi que les assistants de l’envoyé spécial pour l’Ukraine, Keith Kellogg, et du conseiller à la sécurité nationale, Mike Waltz.

En tenant compte de la manière dont la Russie se comporte, il suffira d’obtenir son accord en échange de quelques promesses fumeuses, pour reprendre le contrôle de la mer Noire, au minimum pour déstabiliser la situation dans la zone. Ce qui ensuite demandera des efforts décuplés pour revenir à la situation actuelle.

Ce qui se déroule sous nos yeux donne l’impression d’une sorte d’hypnose générale. Depuis quand les Etats-Unis, sont-ils des arbitres dans leur guerre ? Si Trump veut la fin de la guerre, qu’il arrête réellement cette fois de fournir l’armée atlantico-ukrainienne en armes et en renseignements, qu’il cesse de pousser les Européens à s’armer et à armer le front. Qu’il se retire, qu’il retire les élites globalistes du front, qu’il fasse en sorte que les obligations prises soient respectées par l’armée atlantico-ukrainienne, c’est-à-dire par son armée

Évidemment, il n’en est pas question, parce qu’il n’est pas question de paix, mais de combats, de victoire ou de défaite et les globalistes, avec Trump, n’envisagent que la défaite de la Russie. En ce sens, la capitulation de la Russie serait pour eux la solution idéale et ils font doucement monter la chaleur, à chaque coup de téléphone Trump/Poutine et à chaque réunion à Riyad. Ainsi le bouillon où trampouille la grenouille, se réchauffe constamment, pour qu’elle finisse par cuire, sans faire un saut en dehors de la casserole, sans que son instinct de survie ne se réveille à temps.

Le manque de fermeté ne met pas en place des « conditions favorables à la négociation », comme aime à le dire le porte-parole du Kremlin, cela met simplement la Russie en position de faiblesse, alors qu’elle est maître de la situation sur le front. 

Publié par Karine Bechet-Golovko à 11:54 

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Libellés : états unisguerrenégociationsrussieTrumpukrain

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1 Commentaire

  • Etoilerouge
    Etoilerouge

    Les capitalistes russes pro occidentaux st le coeur du pouvoir de Poutine et une part importante de l’économie russe. Ce st ceux dt les intérêts , la mentalité, l’opinion se satisfait d’un moindre mal entre capitalistes. La défaite de l’OTAN pour eux ,est un danger qui pourrait amener le kprf et le peuple à demander sa part et donc de défaire peu ou prou le capital compradore en Russie. Mais c’est une simple hypothèse. Il se peut que Poutine laisse du temps à l’OTAN jusqu’à l’offensive générale. Comme disait Staline il faut écraser le nazisme ds sa tanière et sa tanière est plus loin que kiev

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