Histoire et société

Dieu me pardonne c'est son métier

Le pari communiste face à « l’étrange défaite » française et le refus de l’accepter… par Danielle Bleitrach

L’Étrange Défaite, tel est le titre qui s’est imposé pour cet essai, ces réflexions, sur la bataille de France écrit en 1940 par Marc Bloch, qui a participé aux deux guerres mondiales en tant qu’officier. Dans ce livre, à partir de son métier d’historien, il s’efforce de comprendre les raisons de la défaite française lors de la bataille de France pendant la Seconde Guerre mondiale, cette étrange défaite qui a vu l’armée française l’arme au pied sur la couteuse et inutile ligne Maginot, et qui s’est retrouvée à Bordeaux ou prisonnières dès l’offensive allemande. Marc Bloch a fait le lien entre les carences observées sur le plan militaire et celles qu’il identifie dans la société française de l’entre-deux-guerres. L’armée, sa débâcle, ne fait que refléter la soumission aux puissants, la peur de déplaire non seulement au commandement bureaucratisé mais de faits aux intérêts financiers qui mènent le jeu. Le livre que nous avons écrit après plus de dix ans de combat théorique de ce blog histoireetsociete fait un pari communiste sur les protagonistes de l’histoire sur cette étrange défaite de Macron et comment l’éviter. Et à ce titre la Chine, le leader du monde multipolaire fait partie de notre Histoire, l’Histoire de France, celle vers l’universel…

PARCE QUE DANS LE FOND, LA RÉALITÉ STRATÉGIQUE DE L’ÉTRANGE DÉFAITE EST EXACTEMENT LE CONTRAIRE DE CE QUE RECOMMANDE SUN TZU AUX CHINOIS : CONSTRUIRE UN DISPOSITIF TEL QUE LA CHINE L’EMPORTE SANS AVOIR A COMBATTRE. LA, NOUS SOMMES DEVANT UN DISPOSITIF QUI FAIT QUE L’ON SOIT BATTU AVANT MÊME D’AVOIR COMBATTU. CELA NE RELÈVE PAS QUE DE L’ART MILITAIRE.

Notre blog s’intitule histoireetsociété, c’est-à-dire que, dans la filiation de Marx, mais aussi celle de Marc Bloch, nous plaidons pour une histoire qui questionne et refuse les défaites qui nous sont imposées comme inéluctables. Nous défendons la mémoire du peuple français révolutionnaire. Une mémoire manipulée d’abord à travers le négationnisme de ce qu’a accompli l’URSS, y compris son rôle dans la lutte et la victoire contre le nazisme et au-delà tout l’apport révolutionnaire français. Nous dénonçons depuis plus de dix ans la propagande qui nous a enchaînés à l’atlantisme, celle qui s’est employée à créer un signe d’équivalence entre communisme et nazisme pour mieux nous lier à un néo-colonialisme et à un bellicisme imbécile. Cette propagande a démobilisé la classe ouvrière française, le monde du travail, la jeunesse tout en allant de défaite en défaite au plan géopolitique. Les forces qui nous ont conduits à cette impasse continuent à orchestrer le déclin français. Mais apparemment elles ont changé leur fusil d’épaule face à la défaite de leur leader Biden, et de leur guerrier par procuration, Zelenski. Cette fois, selon eux, ce serait « l’abominable Poutine », avec en toile de fond le malfaisant asiate Xi Jinping, tous deux des produits contre-nature hybrides de Staline et Hitler désormais confondus, qui auraient réussi à berner la grande démocratie américaine. Mais celle-ci reviendra bientôt. En attendant, il faut supporter l’erratique Trump et sa « soumission » à l’ennemi. Mieux, il faut relever le drapeau atlantiste en nous engouffrant dans la militarisation de l’économie. Un surarmement décidé par des instances bureaucratiques aux ordres des marchands d’armes et intérêts financiers.

Toutes les conditions idéologiques de l’étrange défaite de 1940, décrite par l’historien Marc Bloc, sont donc renouvelées dans un monde occidental dans lequel le fascisme redevient comme en 1940, la grande alternative pour l’impérialisme acculé par la Chine, leader de ce monde multipolaire devenu une réalité. Une Chine d’autant plus redoutable qu’elle unit le projet socialiste de l’URSS, son aura sur le sud se libérant du néocolonialisme, sur les « non alignés », aux prouesses économiques du Japon aux lendemains de la deuxième guerre mondiale. Elle a tout acquis de l’URSS, le positif mais aussi la critique de ses erreurs : ne pas laisser de place à la trahison et ne jamais laisser à celle-ci la moindre base sociale. Le socialisme n’est pas seulement les lendemains qui chantent il est l’apport d’aujourd’hui.

D’où ce nouveau narratif d’un Rambo Trump se parant d’un populisme mettant à mal les bureaucrates gauchistes mondains. Celui qui défendra la propriété tout en vous débarrassant de la bureaucratie y compris celle de l’UE…

Mais ce nouveau narratif part déjà d’une interprétation erronée, toujours la même, le centre de gravité en reste l’atlantisme et son suprématisme aux relents racistes de plus en plus présents : ce qu’initie Trump n’est pas un retrait de l’impérialisme mais une refonte radicale et agressive de son mode de domination. Au lieu de l’ordre multilatéral dirigé par les États-Unis, il adopte une approche transactionnelle brutale, l’Amérique d’abord, des affaires internationales, centrée sur les menaces militaires, la coercition économique par le biais de tarifs douaniers et de sanctions, et des politiques d’immigration plus strictes. Ce qui change c’est que le pillage y est dépouillé de l’habituelle tartufferie en matière de droits de l’homme au nom de laquelle l’impérialisme a recruté toute une gauche qui s’est rendue insupportable à la classe ouvrière et aux couches populaires.

TRUMP OU LE NATIONAL-IMPÉRIALISME A SON STADE PARASITAIRE FINANCIARISÉ

Pour opérer cette révolution fasciste, Trump a la nécessité de détruire tout l’établissement, celui qui a encaissé les dividendes de la pax americana et de l’asphyxie programmée devenue insupportable et touchant désormais les Etats-Unis qui pour perdurer doivent se « dégraisser » de leurs collaborateurs inefficaces… L’empire doit détruire sa bureaucratie de « gauche » (sic) qui s’est constituée comme l’État « profond » de cet ordre-là désormais vaincu. Il prend acte de cette défaite et tente d’y adapter son dispositif tout en reconnaissant l’ordre multipolaire pour tenter de se doter d’un véritable appareil d’État à la mesure de cette nouvelle phase agressive.

Il y a pas mal de cinéma dans tout ça, comme le dit Lavrov accueillant la délégation des Etats-Unis à Ryad : ce sont des cowboys…

Dès la victoire de l’URSS, le libéralisme avait cru triompher, mais déjà s’avérait illusoire le projet d’en finir avec un système qui s’est imposé au monde non seulement aux lendemains de la deuxième guerre mondiale mais est apparu définitivement victorieux à la chute de l’URSS et s’est aussitôt inventé un ennemi qu’il avait créé de toutes pièces : le terrorisme. En fait ce système qui avait viré au contraire du « libéralisme », s’était dirigé contre le Sud, ce qui cachait mal l’adversaire réel : le socialisme et les partis communistes. Avec le choix de Clinton de reprendre l’offensive de l’OTAN et celui d’Obama du « pivot  » asiatique, l’ennemi était à nouveau désigné : la Chine communiste, flanquée d’une Russie qui restait structurée dans ses résistances par l’URSS. Mais tous les affrontements se sont soldés par le même échec que celui du Vietnam.

Trump est le choix impérialiste d’en finir avec ces incapables pour leur substituer la brutalité sans fard de l’Amérique suprématiste, celle du capital sans état d’âme. Un nouveau grand jeu a débuté et les règles s’en définissent au jour le jour.

Oui, cette brutalité, cette illusion de « révolution » qui en finit avec l’hypocrisie démocratique peut paraître séduisante.

EN FINIR AVEC L’ÉTAT PROFOND MONDAIN ET RÉPRESSIF PAR LE RECOURS AU CLIENTÉLISME

Cela parait enfin être une rupture avec ce que l’on subit sur un plateau de LCI avec tous les retraités de l’OTAN venus défendre l’indéfendable pour nous vendre des guerres imbéciles ; s’impose à leur propos cette référence à l’étrange défaite de Marc Bloch. L’OTAN, apparait bien comme un système qui n’a jamais eu en Europe le droit à la moindre décision, et qui a formé cette bande de bureaucrates serviles et menant au désastre militaire. Tout juste capables d’ânonner cette propagande dont il est interdit de sortir, celle de la victoire hors toute vraisemblance.

Cette propagande nous la combattions ici depuis presque une dizaine d’années avec des Faits, en publiant d’autres analyses, en défendant ce que l’on vous cachait : l’existence d’un monde multipolaire.

Les défaites militaires, celles essuyées en Afrique, au Moyen Orient et en Ukraine, la propagande autour des « menaces » fabriquées de toutes pièces relèvent du même système qui en 1940 a généré l’étrange défaite avec l’appel au pétainisme comme sauveur suprême. Celui où les intérêts politiciens, la peur de s’opposer au consensus médiatique lui-même la proie d’intérêts qui n’ont plus rien à voir avec le peuple français et la nation, crée les conditions de la défaite avant même d’avoir combattu pour l’OTAN. Et il faut considérer le terrain militaire mais aussi l’arrière : oui nous sommes bien dans l’étrange défaite et le système est tel que toute division le sert, les excités qui prétendent dénoncer le capital ne font souvent que créer les conditions de la division qui rendent plus faciles toutes les démissions. Il y a même une sorte de manière malsaine de se nourrir des malheurs de la France pour y puiser une clientèlisme qui caractérise désormais la vie politique française.

CONSTRUIRE LE MYTHE DE LA RÉVOLUTION CONSERVATRICE QUI NOUS SAUVERA DU TOTALITARISME

Que les protestations n’aient aucune autre perspective que le dégagisme…

Mais ce n’est pas parce que l’endoctrinement dont nous sommes victimes nous a caché la réalité d’un monde en pleine mutation que celui-ci n’existe pas ou qu’il correspond à celui dans lequel continue à vivoter le « politicien » français. Dans un tel contexte, celui du choc trumpien, la moindre lueur « d’intelligence » de compréhension à partir du moment où elle s’ancre sur le refus de voir se dégrader sa vie et celle de ses enfants, peut être l’espoir d’un mouvement plus fort, d’un rassemblement plus important.

Parce que ce pouvoir Macronien, qui feint de s’opposer à l’extrême-droite et qui n’est élu que pour cela, est déjà un pouvoir répressif, autoritaire qui a méprisé et réprimé tous les mouvements sociaux, qu’il s’agisse des gilets jaunes ou du refus massif avec union des syndicats contre la réforme des retraites. Le PCF sur ce terrain ne se trompe jamais d’adversaire… pas plus que celui du refus de la guerre manœuvre pour faire accepter la politique que le peuple français refuse. Ce pouvoir réprime le travailleur qui défend son emploi, son droit à la protection sociale mais laisse dire n’importe quoi dans les réseaux sociaux. En particulier tout ce qui peut diviser…

Mais revenons-en au PCF: déjà à partir de cette résistance, de la prise en considération du lieu réel de la répression, le travail, à partir du refus de l’escroquerie manifeste que représente un tel surarmement, commence à apparaitre accolée dans le même texte du Conseil national du PCF la description de l’horrible Poutine coupable de la guerre, avec l’affirmation que tout n’a pas débuté en 2022 et qu’il faudrait bien considérer la politique de l’OTAN, les accords de Minsk violés. L’hypothèse que nous faisons est que plus montera la volonté de paix et le refus du sacrifice des conquis sociaux, plus sera remise en cause la propagande qui justifie l’étrange défaite programmée par « nos élites »… C’est un pari à la fois pratique et théorique sur qui sont les véritables protagonistes de l’Histoire… Et sur ce qui parait oublié à savoir l’héritage de la Révolution française mais aussi de la Commune de Paris qui mêlent à chaque fois la revendication des masses réclamant du pain à la lutte pour la patrie face à une classe dirigeante qui trahit.

LE REFUS DE L’ÉTRANGE DÉFAITE DU PCF

Nombreux sont ceux qui se sont interrogés sur ce qui pouvait rapprocher les animateurs d’Histoire et societe du PCF et de son secrétaire Fabien Roussel. En réfléchissant bien à ce qui peut être le point de convergence entre Fabien Roussel et Histoireetsociete et qui a abouti à cette demande de notre part à une préface et à son acceptation, il y le refus de nous aligner sur tous ceux qui à leur manière semblent trouver leur identité politique dans l’acceptation de l’abaissement tragique de la France. Ce qui nous a fait privilégier un tel dialogue n’est pas l’individu, et les colères qu’il nous a inspirées dans l’affaire ukrainienne, comme tout ce qui avait trait à la géopolitique, mais nous nous sommes sentis des affinités électives avec celui qui a cherché à reprendre pied dans la classe ouvrière, l’arracher à la tartufferie ambiante. C’est cette tentative du PCF qui nous a intéressés. C’est la manière dont ce PCF tentait de renouer avec ce qui a fait l’originalité du PCF thorézien, cette revendication à une autre France. Même si on sent toutes les limites après des décennies de liquidation et le choix de l’eurocommunisme, le PCF est la seule force politique qui tente de reprendre pied dans le monde du travail, dans celui de la souveraineté française, la seule dans laquelle le patriotisme français ne soit pas dévoyé en chauvinisme ou en mépris du peuple.

A sa manière Fabien Roussel représente ce refus du défaitisme. Ira-t-il jusqu’au bout? Nous l’ignorons mais il y a là la seule perspective politique qui se présentait au combat que nous menions dans Histoireetsociete. En tous les cas à sa manière il a l’intelligence stratégique de quitter un terrain pourri pour en construire un autre. Ne pas cliver les camps sur le secondaire mais ouvrir l’espace démocratique. Ce n’est pas si mal…

Nous ne nous faisons aucune illusion sur l’état réel de notre pays. Macron, ce président qui n’a plus aucune base sociale à l’intérieur, comme à l’international, est en quelque sorte contraint de brader tout ce qu’il reste de notre pays pour tenter de sauver sa propre personne, à la manière d’un Zelenski. Il n’a plus de majorité à l’assemblée nationale ni même de gouvernement dont il pratique le désaveu systématique et le sacrifice des premiers ministres comme il livre ou prétend livrer au pot d’une Europe fédérale dans lequel il s’imagine un destin présidentiel la dissuasion française. Il adhère à ce qui fait tout de même dans cette UE calquée sur l’OTAN de l’armée française la seule qui puisse être proposée comme guerrier par procuration. Jeter tout cela en pure perte, en attendant que le vote des Etats-Unis ramène les démocrates eux-mêmes en état de décomposition avancée dans le chaudron ukrainien et tous ceux qui se préparent en Europe au centre et à l’est. Le projet est doublement celui d’une régression parce qu’il adhère aux seuls intérêts d’une classe financiarisée et parce qu’il le fait en défendant les aspects les plus dépassés de cette classe, ceux à qui Trump tente d’imposer leur propre survie dans le monde tel qu’il est.

Son projet européen est voué à l’échec parce qu’il n’a aucune assise populaire, parce que cette volonté de remplacer la désertification industrielle par des usines gadgets est beaucoup plus logiquement celui de l’Allemagne, qui retrouvera là ses fondamentaux, et devrait se terminer par une entente énergétique avec la Russie… parce que toute une partie des « élites » de l’Europe à l’est et du centre ne veulent d’une alliance qu’avec les USA qui seule leur parait apte à tenir les rebellions des peuples nostalgiques de l’URSS. Ces élites qui comme l’Italie de madame Meloni sont acquises à Trump parce que seul le fascisme peut empêcher le retour de l’aspiration socialiste ne croient pas à la proposition de Macron surtout flanqué de la Grande-Bretagne qui ne peut pas exister sans l’alliance atlantique.

MAIS CE REFUS DE L’ÉTRANGE DÉFAITE NE POURRA S’ENFERMER DANS LE TERRAIN NATIONAL, LA PERSPECTIVE A BESOIN DU SOCIALISME DANS UN CONTEXTE INTERNATIONAL INUSITÉ QUI EXIGE L’AFFIRMATION DE LA SOUVERAINETÉ DU PEUPLE SUR L’IMPÉRIALISME PARASITAIRE.

Après des années de propagande, la réalité du monde multipolaire s’impose à nous alors que nous avons un personnel politique qui envisage ses tactiques dans le cadre des échéances qui vont du prochain congrès du PS, et d’autres partis se faisant la peau entre dirigeants, un monde politicien enfermé dans des enjeux, déterminé comme pour la plupart des partis politiques par les rivalités de personnes autour des municipales et des présidentielles, qui font que l’ennemi c’est le partenaire. Fabien Roussel et une partie du PCF qui le suit ne peut pas négliger ces contraintes politiciennes mais il essaye désespérément de s’y arracher et ne trouve de force qu’en tentant de s’abstraire de ce qu’est devenu « la centralité » du PCF, cet univers des « commissions » et de gens qui ne représentent qu’eux-mêmes et qui s’ancre sur ce que continue à distribuer la mairie de Paris et les fondations européennes .

Et c’est là-dessus, sur cette décomposition autour de la métropole parisienne que trône cette fiction d’État avec sa caricature présidentielle et il n’a pu en être là que par la décomposition de toute forme d’organisation collective, ce dont Trump est le nom.

Pour tenter une référence à ce qui se passe dans la rhétorique du « changement », qui, dans ce monde inconnu que la France sous propagande découvre, il faut peut-être considérer la manière dont De Gaulle est à chaque fois intervenu apparemment a contrario non seulement de son camp mais de sa propre histoire. Lui le secrétaire de Pétain, qui a commencé sa carrière en gérant sous ses ordres l’assaut contre la jeune Union soviétique depuis la Pologne, se retrouve en 1940 en train de rompre avec ce dernier et part à Londres. Il a fait le même diagnostic que Marc Bloch sur la bureaucratie militaire. De même, il proclamera « je vous ai compris » à Alger alors qu’il a déjà entamé les négociations pour une forme de décolonisation qui préserve « l’essentiel » des intérêts des secteurs monopolistes en sacrifiant le petit peuple de Bab el Oued.

Trump n’est pas De Gaulle mais il est contraint en tant que syndic de faillite à opérer les mêmes trahisons de son propre camp pour lui faire opérer une transformation dont les « conservateurs » ne veulent pas. Il a réussi effectivement à faire apparaitre les démocrates comme une force du passé. Comme la gauche l’est en France, ce que Fabien Roussel a très bien perçu à partir de sa propre défaite et qui le contraint à penser la réalité à partir de sa petite ville du nord, de ses voyages en province, de sa visite des usines menacées.

Dans le théâtre d’ombre de la fin de l’hégémonie occidentale, et la reconnaissance de ce monde multipolaire qu’est l’arrivée de Trump, tous les protagonistes savent déjà la réalité des marchandages.

A sa manière Macron quand il s’agit de sa propre personne est très capable de ce type de lucidité. Par exemple la récente négociation entre la présidence algérienne à propos des renvois d’indésirables, avec un retour à la diplomatie et la découverte d’une crise artificiellement provoquée par Retailleau et l’extrême-droite. L’entente depuis la présidence, le contact d’homme à homme. Dans ce choix diplomatique sont sacrifiés les membres du gouvernement français et taclée l’extrême-droite qui ne peut pas aller aux présidentielles tant que n’est pas levée l’hypothèque de inéligibilité, une manière de s’attirer également la reconnaissance des factions de la décomposition politicienne française. Tout se joue à la corbeille et dans les couloirs à travers la destruction de l’Établissement, de tout l’appareil d’État du modèle républicain français et du modèle social français, tout ce qui a été créé sous la pression des luttes de masse en France. Il faut se « moderniser » très vite en copiant Trump, en parodiant l’appel à la nation gaullien.

Ce jeu de dupe qui a favorisé l’élection de Trump, est le marigot dans lequel ce personnel politique excelle, et les politiciens qui le hantent sont capables de parler le langage d’un Trump, voire celui qu’ils pensent susceptible de séduire Poutine. Le cynisme leur tient lieu d’intelligence. Mais ces velléités, à l’inverse des ruptures gaulliennes, n’ont aucune référence à la nation derrière elles, aucune base sociale même pas la totalité des « entreprises ». Rapidement l’homme est devenue une caricature dépeinte par le verbe « macronner », parler pour ne rien faire. Ce type de pouvoir qui se multiplie en Europe ne survit que faute d’une opposition unifiée, séparée durablement entre gauchisme et extrême-droite. La droite des notables, elle aussi se la joue comme l’extrême sur le mode gaullien pour mieux l’achever. Un Mélenchon, élevé dans le sérail mitterrandien, lui non plus, n’ignore rien de ces jeux là, ni de la manière dont le gauchisme imbécile peut être dirigé contre les autres forces de gauche avec bien sûr en priorité la destruction des communistes. Cette cuisine-là est celle à laquelle se résume le politique dans les démocraties en crise.

La France entière est saisie d’écœurement devant ce spectacle et nous partageons ce sentiment. Parce que ce monde multipolaire n’est pas seulement celui d’un marché de dupes. On continue à nous cacher sous le sordide des appétits la réalité du mouvement de l’histoire dont la lutte des classes et celles des masses face à l’essor des forces productives continue à être la force déterminante. Être patriote ce serait être chauvin et jouir de la défaite de la France être anti-impérialiste… Ce qui est a contrario de l’histoire des communistes français patriotes, internationalistes.

Il y a des voix qu’il faut entendre, des combats à soutenir. Ici dans Histoireetsociete nous avons à la fois tenté de dénoncer les marchandages et le sacrifice exigé des peuples et faire entendre des voix œuvrant pour la paix et le développement, de nouvelles formes de coopération. Ce que dit réellement le parti communiste de Russie, celui de Cuba, les forces progressistes dans le Sud, et l’invite de la Chine qui crée le socialisme à la chinoise, un autre système de relations internationales basé sur une écoute, un véritable espace démocratique, et sur l’urgence des combats communs.

Oui la situation de la France est grave, nous devons entendre ce que propose la Chine, d’abord parce qu’il est désormais impossible d’ignorer cette puissance et aussi parce qu’elle a la force qui nous manque pour nous arracher à cette défaite et nous avons fait le pari communiste de demander à Fabien Roussel une préface qui ne nous a pas déçus.

Paradoxalement c’est dans cette inquiétude commune, dans le refus de la défaite que nous avons trouvé des interlocuteurs, incontestablement Fabien Roussel en fait partie, les communistes à la base également. Mais ils ne sont pas les seuls et aujourd’hui chacun se range dans un camp ou un autre alors que la confusion règne encore. Nous avons besoin d’un camp international capable de comprendre ce qui se joue.

Danielle Bleitrach

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7 Commentaires

  • Xuan

    Et si on essayait l’autocritique ?

    Le Parti Communiste Français et le Parti Communiste Chinois ont presque le même âge, le PCF a quelques mois de plus. Il y a de nombreuses différences entre ces deux partis et ils ne sont pas nés dans les mêmes conditions.
    Pourquoi le PCC a-t-il réussi là où nous avons échoué ? Bien sûr nous ne sommes pas seuls, mais l’histoire du PCC peut nous aider.
    Au cours de toute leur histoire, les communistes chinois ont fait plusieurs fois le bilan de leur action. La conférence de Tsunyi tenue en janvier 1935, après la 5e campagne d’encerclement de Tchang Kai-chek, mit Mao Zedong à la tête du bureau politique.
    https://www.bannedthought.net/China/Pre1949/Early/ResolutionsOfTheTsunyiConference-JeromeCh'en.pdf
    Le premier bilan du PCC s’effectue après la victoire contre le Japon en 1945. Mais il effectue une véritable critique et autocritique de l’œuvre de Mao Zedong et du PCC en 1981 :
    Résolution sur quelques questions de l’histoire de notre parti depuis la fondation de la République populaire (le 6 juillet 1981)
    http://french.beijingreview.com.cn/zt/txt/2011-05/19/content_359311.htm
    Puis en novembre 2021, pour son centenaire :
    Résolution du comité central du PCC sur les réalisations majeures et le bilan historique des cent années de lutte du parti (adoptée le 11 novembre 2021
    https://en.theorychina.org.cn/c/2021-11-22/1424634.shtml
    Dans notre livre, nous avons cité quelques éléments importants du bilan de 1981, sous le titre « Ne pas jeter l’enfant avec l’eau du bain ». Nous avons noté des éléments marquants de la révolution culturelle et de son autocritique. Mais celle-ci ne met pas les erreurs de Mao Zedong et les exactions des gardes rouges dans le même sac. Elle juge son œuvre principalement positive sur la base des faits historiques, et en conserve tous les aspects positifs comme la pensée maozedong, notamment « partir des faits » et « servir le peuple ».

    L’hégémonisme US seraient-il en train d’effectuer sa propre autocritique avec Trump ?
    D’abord, ce n’est pas une autocritique mais la destruction du camp démocrate, ensuite les revirements entrepris ne tirent pas le bilan de la guerre économique déjà entreprise contre la Chine, et qui a déjà échoué.

    L’autocritique, mais parlons de bilan si on veut, est une étude scientifique des succès et des échecs des communistes, afin d’en tirer les leçons pour l’avenir.
    Il ne s’agit pas d’une purge destinée à gommer le passé et ses représentants, ni d’un acte de contrition comme à confesse. Encore moins baisser la tête devant l’ennemi de classe, comme si les communistes avaient quelques comptes à lui rendre.
    Au contraire, parce qu’ils n’ont rien à perdre, les communistes n’ont pas d’intérêts personnels à dissimuler dans leur action, et ils sont bien les seuls à pouvoir effectuer ce type de bilan.

    Et si on parle des communistes, notamment adhérents du Parti Communiste Français, il s’agit aussi de tous ceux qui s’en réclament, mais organisés dans des groupes, et qui n’ont pas pu entraîner l’adhésion des masses, ni les organiser, ni les soulever.

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    • admin5319
      admin5319

      1) comme tu le dis justement les autres groupes n’ont pas pu entrainer l’adhésion des masses, ni les organiser, ni les soulever… pourtant ils se sont inspiré du PCC mais visiblement ça ne marche pas plus que de mettre à la tête du PCC même un Maurice Thorez… Je félicite les dits groupes à l’inverse de tous ceux qui sont passés du col Mao au Rotary club d’être restés des communistes et je pense en particulier à mon ami Jurquet…
      2) en ce qui concerne l’autocritique, le PCF à sa manière sort d’en prendre depuis des décennies où il a été brisé dans le confessionnel du repentir pour ses crimes supposés stalliniens.
      3) Fabien Roussel leur a fait redecouvrir la fierté d’être communiste connaissant les communistes français comme je les connais pour le moment il faut partir de là et de leur propension à l’action… Il faut à la veille d’une bataille savoir leur dire l’invite de Cyrano: écoutez les Gascons c’est toute la Gascogne et les faire pleurer comme à Valmy…
      4) Et ils sont ainsi fait (cette nation d’émeutiers disait Marx, ces anarchistes étatistes … ) que quand ils sont confrontés à un obstacle politique ils apprennent vite à tel point comme disait Lénine que leurs echecs sont plus riches d’enseignement que les réussites d’autres peuples, lui qui a voulu mourir dans le drapeau de la commune de Paris…
      5) il leur faut des preuves tangibles …
      6) il faut comme nous le faisons leur faire découvrir le monde réel des luttes et de l’expérimentation du socialisme ce que nous avons tenté de faire et je suis assez fière de notre apport collectif.
      7) pour moi la situation est un peu comme un puzzle dont chacun commence à posséder un morceau, parfois ça apparait et je suis fascinée par l’apport de l’un ou de l’autre…
      danielle Bleitrach

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  • Xuan

    Juste ceci : « l’autocritique, le PCF à sa manière sort d’en prendre depuis des décennies où il a été brisé dans le confessionnel du repentir pour ses crimes supposés staliniens. »

    Je n’appellerais pas ça une autocritique, mais plutôt une capitulation devant la trahison, celle des trotskistes, celle de Khrouchtchev puis celle de Gorbatchev notamment.
    Puis face aux critiques extérieures. Face au « livre noir du communisme », signé par un faussaire issu d’ailleurs d’un « maoïsme » libertaire, Robert Hue a baissé la tête et avoué le péché originel.

    Ce n’est pas une autocritique mais une défaite idéologique subie par le Parti Communiste Français, comme beaucoup d’autres.
    Peut-être qu’ils avaient fait de l’URSS un modèle parfait intangible, l’archétype du socialisme. Je l’ai fait moi-même avec la révolution culturelle. Mais c’est une erreur d’imaginer que le socialisme soit parfait.
    Et il fut ensuite impossible de faire la part des choses, ce modèle devenu un repoussoir par la force de la propagande hostile, s’est transformé en tunique de Nessus, un poison mortel collant à la peau.

    Le socialisme en Urss est un patrimoine commun du prolétariat et de l’humanité comme la Commune de Paris. C’est la première expérience du socialisme, dans des conditions extrêmement hostiles et un grand isolement, mais c’est avant tout l’expérience des communistes russes et c’est à eux qu’il appartient d’en faire le bilan. C’est au peuple Russe de juger.
    Or nous voyons que le souvenir de Staline en Russie n’est absolument pas ce qui en a été fait ici, et que par un curieux paradoxe les « 100 millions de morts » inventés par l’occident n’ont jamais laissé le souvenir qu’on pourrait imaginer : la moitié de la population quand même !

    Cette « autocritique » n’est finalement rien d’autre que le renoncement aux quatre principes fondamentaux réaffirmés par Deng Xiaoping : la voie socialiste, la direction du parti communiste, la dictature du prolétariat et le marxisme léninisme.
    Et ce renoncement a failli conduire le PCF à l’autodestruction.
    La fierté d’être communiste est la base, comme la fierté d’être un prolo, une base pour revenir sur la légitimité de nos principes, sur leur bien-fondé ancré dans l’expérience historique des peuples, et indépendamment des partis bourgeois, indépendamment de leurs théories et de leurs mensonges.

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    • admin5319
      admin5319

      nous sommes d’accord ce n’est pas une autocritique c’est une capitulation mais ils n’en sont pas encore là… et il n’y a pas qu’eux ce qui frappe c’est la sidération des intellectuels français : ils sont incapables de penser la réalité telle qu’elle se dévoile… alors qu’elle était là… Ils croient même à une embrassaden une rupture alors que les couteaux sont sortis et que l’affrontement se poursuit, je ne dirai pas que c’est une opération de com, la lutte entre factions est réelle mais sur le fond il y a poursuite et pas rupture…

      je suis en train d’étudier deux dossiers la vente des ports par la société chinoise, en particulier au panama. et la dessus COMAGUER , qui en général s’intéresse aux mêmes faits que moi, m’envoie une analyse qui correspond à peu près à cette idée d’une stratégie chinoise jouant la stabilité et le respect des légalités et devenant un refuge des investisseurs, à la stratégie chinoise.. mais au concret …les contradictions ce qu’elles produisent d’irreversible…

      Une autre affaire me passionne celle de la relation entre l’inde et la chine et l’évolution de la Chine qui désormais place des diliales manufacturières au Brésil, au Vietnam, mais aussi au Maroc. Les capitalistes l’accusent de gérer cette distribution sur des bases politiques. La Chine elle donne une leçon de developpement à l’Inde en lui expliquant qu’elle oublie lle facteur humain, et que cela passe par la décolonisation que l’Inde ne veut pas faire… C’est passionnant et cela correspnd à tout ce que j’ai travaillé pendant des années en sociologie du travail et du développement. Le seul qui ait conscience de ce niveau là pour la France c’est Roussel et de ce fait à mes yeux il est plus en avance que ceux qui ne savent que reproduire y compris quand idéologiquement ils se croient proche de la Russie et de la défense de l’URSS. C’est un peu ça le paradoxe de Roussel, il bloque mais je crois que c’est parce qu’il mesure l’état de jachère politique de la France mais sur d’autres points ils est plus en avance, plus convret.
      Je crois que nous avons tous une approche différente et que nous devons la développer mais sans imaginer qu’il faille croire nécessairement que d’autres soient en retard, ils n’avancent pas sur les mêmes bases…
      je crois honnêtement que je fais des efforts pour percevoir ce que chacun apporte mais ce que moi je perçois visiblement n’intéresse personne et ça dure depuis trente ans, chacun répète d’un ton docte et sentencieux ce qui lui a permis de ne pas céder mais je ressens l’incapacité générale à percevoir le nouveau et ce qui est déjà là pourtant il me semble que cela pourrait aider si j’avais affaire à des gens un peu plus curieux…
      Demain je publie l’interview de Zelenski dans le Time, c’est très éclairant sur la manière dont ce type est complètement à côté de la plaque dans ce qu’il peut exiger alors que son sort est scellé depuis le début y compris par Biden, combien en lisant cet interview en tireront ce qui est évident la profonde continuité entre Biden et Trump un simple changement de méthode, même pas la brutalité simplement de ce sur quoi toute l’intelligentsia française a voulu se leurrer et continue. Pour moi le discours de l’adversaire est souvent plus réaliste que le fatras des gens de mon camp. En ce moment par exemple je vois clairement que Stamer est en train de rallier de fait Trump ce qui va laisser notre illuminé Macron aussi seul que Zelenski…
      souvent j’apprends beaucoup d’une simple remarque, voir d’une analyse mais j’ai l’impression que personne n’apprends jamais de moi… je me demande pourquoi je perds mon temps alors que je suis incompréhensible.

      par exemple en ce moment la propagande ordinaire ment sur deux points : le premier c’est sur la nature de la proposition non seulement de la chine mais du Brésil, du mexique, et d’autres « non alignés » de constituer un groupe de paix sous l’égide de l’ONU , ils affirment que la Chine a proposé de rejoindre la coalition de Macron et autres « européens »…
      Le second concerne la délégation russe actuellement en train de négocier à Ryad. Le constat est l’absence des grands diplomates qui ont une certaine latitude à proposer des initiatives concrète. Là les deux envoyés sont des personnels du FBS c’est le genre de gens qui peuvent tenir huit jours à occuper le terrain sans jamais sortir des consignes très précises qui leur ont été données. Il est probable qu’au vu des provocations de Zelenski sur l’énergie et à Soudja il n’est pas question d’apporter d’autres concessons sur la mer noire. La délégation dit ça.
      Encore faut-il connaitre les codes et quel rapport des forces? La manière dont ils tentent de nous faire croire que Trump capitule alors même qu’il montre à quel point il est prêt à aller plus loin que Biden au Venezuela.
      cela rend tout le cirque de Macron encore plus méprisant pour ce peuple qu’il gruge…
      danielle Bleitrach

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  • Xuan

    En effet, collectivement nous n’en sommes pas encore là, et particulièrement sur la question de la dictature, que notre culture philosophique oppose formellement à la démocratie.

    Or nous pouvons écrire librement sur ce blog ou sur des réseaux sociaux, ou publier des livres, tenir des réunions, ou envoyer des députés au parlement, faire des manifestations, la grève, des pétitions, etc.
    Et « en même temps » la réforme des retraites et les décisions antisociales passent avec un 49.3 . La menace verbale d’une occupation russe enterre toute opposition, malgré un rejet parfaitement démocratique.

    Ce qui démontre que dictature et démocratie sont inséparables dans la réalité de notre pays, et que cette dictature est celle d’une infime minorité.
    Evidemment cette minorité ne se pliera jamais aux simples arguments « de bon sens » mais uniquement à la force collective du plus grand nombre, et ceci s’appelle une dictature aussi. Mais ce n’est pas la même classe qui l’exerce.

    Partons des faits, de la réalité de notre société, et nous progresserons collectivement

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  • thierry bruno
    thierry bruno

    J’ai trouvé votre article très intéressant et, en ces temps où le mensonge aussi nommé propagande règne, revigorant. Toutefois, grand lecteur de l’œuvre du général de Gaulle, je regrette les raccourcis inexacts que vous faites sur sa carrière militaire et ses choix politiques. Non, de Gaulle n’est pas « intervenu apparemment a contrario non seulement de son camp » car justement, il n’était pas l’homme d’un camp ni d’un parti, il était l’homme de la France. Et en ce sens, il agissait dans celui de sa propre histoire familiale. Quand de Gaulle rejoint le cercle du colonel Meyer, homme de gauche, ce n’est pas pour se positionner à gauche, c’est pour faire connaître ses idées sur l’armée nécessaire à la France auprès des chefs de la Gauche. Il sera douloureusement déçu par Blum et Thorez. De plus, il n’a jamais été  » le secrétaire de Pétain » mais il a servi dans son état-major et cela n’a strictement rien à voir. Enfin, il n’a jamais « commencé sa carrière en gérant sous ses ordres l’assaut contre la jeune union soviétique depuis la Pologne » car de Gaulle va en Pologne 10 ans après son entrée à St-Cyr, il est capitaine décoré de la Légion d’Honneur et de La Croix de Guerre – donc le début de sa carrière est loin derrière lui – et son chef est le général Henrys et non Pétain. Enfin, en 1940, cela fait belle lurette que la carrière de Charles de Gaulle se fait loin de Pétain.

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    • Xuan

      L’expression « commencé sa carrière » n’est sans doute qu’une image. De Gaulle fut blessé pendant la première guerre n’est-ce pas, et il se rendit en Pologne juste après. Le site de la fondation Charles De Gaulle écrit à propos de la lettre du 3 septembre 1920 qu’il écrivit de Varsovie :

      « En soutenant la Pologne alliée, la France garantissait la paix de Versailles contre une Allemagne restée invaincue à l’Est et une Russie bolchevique révolutionnaire.

      De mai à novembre 1919, Charles de Gaulle enseigne puis dirige les cours dispensés aux officiers polonais à l’école d’infanterie de Rembertów, dans la banlieue de Varsovie. En décembre, il est promu directeur du cours des officiers supérieurs. Après un bref séjour en France au printemps, il revient en Pologne en juin 1920. Fin juillet, il accompagne le général Bernard, ancien commandant de la 1ère division d’infanterie de l’éphémère Armée Haller, détaché auprès du général Rydz-Śmigły. En août, ce dernier est désigné par le maréchal Piłsudski pour commander le groupe de manœuvre qui doit exécuter le plan de contre-attaque de flanc des armées bolcheviques marchant sur Varsovie. De Gaulle demeure en Pologne jusqu’en janvier 1921, affecté au cabinet du général Niessel, successeur du général Henrys, à la tête de la Mission militaire française (MMF). »
      https://www.charles-de-gaulle.org/blog/2021/10/12/oui-je-viens-dassister-a-des-evenements-dun-grand-interet-et-dune-immense-portee-capitaine-de-gaulle-varsovie-3-septembre-1920/#:~:text=Pi%C5%82sudski%20est%20avant%20tout%20un,la%20France%20entre%20ses%20mains.

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