Histoire et société

Dieu me pardonne c'est son métier

L’anniversaire de la mort de Kadhafi et la réalité actuelle en Libye

Puisque la France en est à jouer les vertus outragées face à la réaction des pays musulmans, qu’il nous soit permis de rappeler qu’il y a eu une quasi-unanimité pour soutenir l’expédition libyenne de Sarkozy. Osant protester contre cette ingérence, cette utilisation indigne d’un mandat de l’ONU, je me souviens de l’accueil indigné y compris de la majorité des membres du parti communiste français et de Jaques Fath responsable aux questions internationales à l’idée que je soutenais la tyrannie. Et encore l’article ne dit pas comment on est passé de la politique pan africaine de Kadhafi au trafic d’esclaves aujourd’hui dans cette même Libye. Cette belle unanimité que l’on a retrouvée dans d’autres expéditions, le Mali, la Syrie, une France politique qui au nom des droits de l’homme soutient le terrorisme qu’elle prétend combattre, avec l’appui de TOUS les partis. Alors permettez-moi de vous dire ce que je pense alors que je vomis Erdogan: si vous croyez que le droit au blasphème est une base de rassemblement, surtout assorti du pillage, en droit international, continuez à vous étonner d’avoir réussi à retourner une indignation légitime face à l’assassinat d’un enseignant, qui quelque soit l’inadaptation de son matériel pédagogique à défendre la laïcité, ne méritait pas une telle barbarie, en son contraire, une caricature de l’apport de la Révolution française (note et traduction de Danielle Bleitrach).

https://journal-neo.org/2020/10/26/the-anniversary-of-gaddafi-s-death-and-the-current-reality-in-libya/

« Les problèmes de sécurité, la discorde politique, les blocus pétroliers, la corruption et la dette extérieure de la Libye, qui a atteint 270 % de son PIB, torpillent tous la vie économique », a déclaré le gouverneur de la Banque centrale de Libye, Sadiq al-Kabir. Les revenus pétroliers en Libye ont chuté, passant de 53 milliards de dollars en 2012 à près de zéro cette année, a-t-il ajouté.

Ces paroles, prononcées à la veille de l’anniversaire de l’assassinat du dirigeant libyen M. Kadhafi le 20 octobre 2011, servent en fait à illustrer ce à quoi le pays est parvenu au cours des neuf dernières années de son histoire, depuis l’effondrement du régime précédent.

Arrivées au pouvoir avec le soutien massif de l’extérieur de l’OTAN, les nouvelles forces, bien qu’elles aient hérité d’énormes réserves financières et du potentiel accumulé dans l’ère de l’ancien dirigeant, sont devenues dépendantes des différentes milices qui les ont portées au pouvoir. Parallèlement à cela, ces « frères d’armes » se sont rapidement transformés en ennemis implacables. Le pays est tombé dans un abîme de troubles civils et, depuis l’été 2014, a été divisé en deux camps militaires et politiques, avec un pôle de pouvoir à Tripoli et l’autre à Tobrouk. En raison de cette tourmente, le développement de la Libye est au point mort et le PIB est en baisse. En comparaison avec l’époque antérieure, il a régressé à bien des égards.

Le secteur pétrolier est devenu l’otage des conflits dans la société, une source de financement pour divers groupes qui agissent en opposition aux intérêts nationaux. Cependant, il y a manifestement une économie parallèle en croissance, florissante de la fraude monétaire, la contrebande de marchandises, les émigrants illégaux, etc.

La dépendance des autorités libyennes à l’égard des forces extérieures, tant au niveau régional que mondial, s’est accrue. Dans le même temps, le conflit intra-libyen n’a pas de « tutelle » clairement définie. Les aspirations des « forces prenantes » ont de nombreuses orientations différentes. Leur désir de résoudre leurs différends en s’engageant sur le terrain libyen est souvent perçu, et cela, entre autres choses, est lourd de risque de collisions entre eux.

Depuis 2015, l’ONU s’efforce de réconcilier les pôles opposés en Libye. Les délégués des parties belligérantes participent sans relâche à différentes séries de négociations, parfois sous les auspices de l’ONU, parfois organisées par les grandes puissances, ou dans le cadre des efforts déployés par divers États voisins et l’Union africaine. Ce genre de conférences et de réunions, y compris celles entre les dirigeants des deux camps, ont eu lieu dans pas moins d’une douzaine de villes sur trois continents, dont Moscou.

Les efforts de divers médiateurs n’ont pas renversé la vapeur et n’ont donné aucun résultat décisif. Aucune nouvelle constitution n’a été adoptée et aucune élection présidentielle, ni élections pour un nouveau parlement, n’ont eu lieu.

Il est encourageant de constater que les parties adverses ont jusqu’à présent honoré la décision qu’elles ont prise le 21 août dernier en faveur d’un cessez-le-feu. Un certain nombre d’observateurs locaux et étrangers ont placé leurs espoirs sur trois pistes pour le processus de négociation, qui se déroulent maintenant simultanément.

Par exemple, lors de pourparlers dans la ville marocaine de Bouznika sous les auspices de la Mission de soutien de l’ONU en Libye, ils sont parvenus à « une compréhension mutuelle sur la transparence des normes et des mécanismes » utilisés pour attribuer des postes clés au sein du gouvernement, et dans d’autres échelons.

Dans la ville suisse de Montreux, les participants ont convenu que pour la durée d’une résolution globale de la crise intra-libyenne, Syrte, qui est au milieu effectivement du pays d’Afrique du Nord, deviendra le siège des organes exécutifs et législatifs.

Dans la ville égyptienne de Hurghada, des représentants libyens ont parlé de s’appuyer sur le répit pacifique et de restructurer les forces armées.

Les experts libyens notent qu’il y a une grande distance entre les décisions qui ont été annoncées, et la compréhension mutuelle dont elles ont témoigné, jusqu’à leur réalisation. Des cercles proches des instances dirigeantes et des autorités militaires de Tripoli et de Tobrouk, des critiques sont portées sur les accords qui progressent par ces voies.

En même temps, on ne peut pas dire qu’il n’y a absolument aucun motif d’accords ou de compromis. Premièrement, l’équilibre des pouvoirs en Libye ne permet pas à l’un ou l’autre des deux pôles d’obtenir la victoire finale par des moyens militaires.

Deuxièmement, la Libye est aujourd’hui divisée par les parties en domaines de responsabilité particulières, mais avec le fait qu’aucune d’entre elles n’est économiquement autosuffisante. Par exemple, la plupart des champs, des pipelines et des terminaux pétroliers sont dans la sphère d’influence des autorités de Tobrouk. Mais les opérations normales pour l’ensemble de l’infrastructure économique sous son contrôle sont impossibles sans interagir avec l’autre composante présente dans le conflit libyen. En ce qui concerne la production de pétrole, sa vente et sa production de revenus, le rôle clé est encore joué par l’État agissant comme un rentier, et dans lequel l’économie et la politique restent fusionnées .

Ces problèmes entre les parties adverses peuvent servir de point de départ pour aller les uns vers les autres. A quoi il faut ajouter que la population libyenne fait pression sur les hauts responsables. En août de cette année à Tripoli et Benghazi, les plus grandes villes pour les deux pôles de pouvoir, il y a eu des manifestations de citoyens qui étaient fatigués de l’instabilité politique et des difficultés socio-économiques.

La Libye depuis la chute de Kadhafi représente un exemple tragique de la façon dont un pays qui était autrefois stable, et qui est riche en réserves de pétrole, peut être saigné à blanc non seulement par une intervention extérieure, mais aussi par un conflit interne.

Yury Zinin, chercheur principal à l’Institut d’État des relations internationales de Moscou (MGIMO), exclusivement pour le magazine en ligne “New Eastern Outlook« .

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De 1990 à 2004 la Lybie avait un IDH supérieur à celui de la Russie libérée du socialisme.
Comparaison de l’IDH des deux pays depuis 1990:
https://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMTendanceStatPays?codeTheme=1&codeStat=SP.POP.IDH.IN&codePays=LBY&optionsPeriodes=Aucune&codeTheme2=1&codeStat2=SP.POP.IDH.IN&codePays2=RUS&optionsDetPeriodes=avecNomP

Nous constatons l’effet de la libération par les pays des droits de l’Homme.
Faites la comparaison sur se site avec les voisins de la Lybie: Maroc, Algérie.
La Lybie attirait des migrants africains pour sa qualité de vie.

Sur cette contribution un peu legere, et tres incomplete, je nai pas grand chose a dire, et pas de raison de relever quoi que ce soit. L’histoire doit encore etre ecrite. Mais je viens de bondir en lisant sur la contribution de Daniel Arias :”que la Russie a ete libere du socialisme”. Ou c’est une faute du redacteur que j’espere involontaire ou un aveu de sa pensee. La Russie est de fait et pour l’instant entre les griffes du capitalisme et elle doit s’en liberer. Attention au sens des mots!