Histoire et société

Dieu me pardonne c'est son métier

Les relations entre les communistes et Poutine

Youri Afonine: Interdire l’exportation de bois non transformé est ce que les communistes réclament depuis longtemps. On a souvent du mal à comprendre en France les relations entre Poutine et le KPRF. D’autant plus de mal que la presse française dans sa politique d’effacement de tout ce qui est communiste nient le fait que le KPRF est le premier parti d’opposition à Poutine, et que celui-ci et son parti Russie unie lui mène une vie dure, fraude électorale et répression sont monnaie courante. Mais d’un autre côté le KPRF appuie la politique extérieure, celle de Lavrov. Enfin le KPRF est une force que l’on écoute et dont les propositions sont reprises comme ici, même si le contexte de suprématie des oligarques empêche une véritable mise en application. Ceci pourrait contribuer à notre réflexion sur l’influence d’une révolution y compris quand la contre-révolution paraît avoir triomphé. Ce qui reste de l’URSS, tant dans le domaine de la santé, de l’éducation que de l’économie est le principal point d’appui pour un redressement (note de Danielle Bleitrach, traduction de Marianne Dunlop).

https://kprf.ru/party-live/cknews/197504.html

Lors d’une réunion vidéo sur le développement et la décriminalisation du complexe forestier, le président de la Russie a proposé à partir de 2022 d’interdire l’exportation de bois non transformé ou grossièrement transformé de conifères et de feuillus précieux du pays. Le Vice-président du Comité central du Parti communiste de la Fédération de Russie, Premier vice-président du Comité de la Douma d’État sur les ressources naturelles, la propriété et les relations foncières Yu. Afonine commente cette initiative du Président

Service de presse du Comité central du Parti communiste de la Fédération de Russie
30-09-2020

La faction du Parti communiste et son chef Guennadi Andreevich Ziouganov ont lancé à plusieurs reprises des initiatives législatives visant à interdire l’exportation de bois brut du pays. J’ai dû défendre cette position plus d’une fois lors d’une réunion du comité parlementaire sur les ressources naturelles, la propriété et les relations foncières. Mais nos initiatives étaient invariablement bloquées par la majorité Russie unie du comité. Cependant, au cours de ces discussions houleuses, nous avons dit à nos opposants: cette décision devra malgré tout être prise, car sans elle le développement normal de l’industrie forestière est tout simplement impossible. Et maintenant, en substance, la même position a été exprimée par le président de la Russie.

Je voudrais également vous rappeler qu’en mars 2019, le gouverneur de la région d’Irkoutsk, le communiste Sergei Georgievich Levtchenko, a adressé une lettre au président, dans laquelle il proposait d’interdire complètement l’exportation de bois sous forme de rondins à partir du 1er janvier 2020. Dans le même temps, Levtchenko a proposé d’instaurer des droits de douane élevés sur l’exportation de bois scié grossièrement transformé (poutres, bois brut non raboté). Ainsi, c’est quasiment le même ensemble de mesures que celles proposées par le Président. Seulement, il était proposé de les mettre en oeuvre deux ans plus tôt.

Pendant de nombreuses années, le Parti communiste de la Fédération de Russie a toujours plaidé pour la transition vers la transformation en profondeur de toutes les matières premières minérales et végétales produites dans notre pays. Le développement global de l’industrie manufacturière, la nouvelle industrialisation high-tech du XXIe siècle est ce qui, à notre avis, devrait aider la Russie à sortir du piège des matières premières dans lequel nous sommes tombés après la restauration du capitalisme. C’est le seul moyen de garantir que les revenus du budget russe et de tous les Russes ne baissent pas suite à l’effondrement des prix des matières premières sur les bourses de New York et de Londres. C’est la seule façon de passer de la pauvreté et de la dégradation au développement progressif. Par conséquent, bien sûr, nous saluons l’initiative du président.

Lors de cette réunion, Poutine a prononcé de nombreuses paroles justes sur l’état actuel de l’industrie forestière. “Le principe de base ici, malheureusement, reste de faire du volume à tout prix, quitte à laisser un désert derrière soi” – c’est ainsi que le président a décrit le principe de base du fonctionnement de cette industrie dans le cadre du capitalisme russe. Le chef de l’État a également évoqué le problème de l’exploitation forestière illégale et des incendies de forêt et a admis que “les ressources – tant financières qu’humaines – sont chroniquement insuffisantes pour résoudre ces problèmes”.

Mais comment se fait-il qu’il y ait eu de graves manques de personnel dans l’industrie forestière? Je voudrais citer les tristes chiffres annoncés lors d’une réunion du Conseil d’État avec la participation du président en 2013. A l’époque, il a été reconnu que les années précédentes, le nombre de gardes forestiers était passé de 79 000 à 17 000, le nombre de travailleurs forestiers – de 160 000 à 32 000 (soit 5 fois moins!). Il a également été déclaré que par rapport à 2005, le nombre de personnes chargées de la protection contre les incendies des forêts a également diminué de 4,6 fois. Aujourd’hui, il est déjà évident que cette «optimisation», qui a été menée par les libéraux du gouvernement, a causé des dommages colossaux à l’industrie forestière. Nous sommes convaincus que ni le problème des incendies de forêt massifs annuels ni le problème de l’exploitation illégale ne peuvent être résolus sans surmonter les conséquences de cette hécatombe.

Nous espérons que l’initiative du président ne sera pas sabotée par les fonctionnaires et les capitalistes forestiers et qu’à partir de 2022, l’exportation de bois non transformé et brut du pays sera interdite. Mais d’autres mesures sont nécessaires de toute urgence pour relancer l’industrie forestière, en particulier ses ressources humaines.

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