Histoire et société

Dieu me pardonne c'est son métier

Le journal des communistes portugais “Avante!” sur la situation en Biélorussie

25 septembre 2020

Jorge CADIMA. (Traduit en russe par Andrey DULTSEV.)

https://kprf.ru/international/ussr/197386.html

Pour comprendre ce qui se passe en Biélorussie, il suffit de citer Anders Aslund, l’un des auteurs de la «thérapie de choc», dont la méthode en Russie après 1991 a été la restauration du capitalisme.Aslund n’est pas seulement un ennemi de classe, mais aussi un criminel de guerre: au cours de sa première décennie de capitalisme, le PIB russe a diminué de près de moitié, l’espérance de vie des hommes russes est tombée à 59,8 ans et le pays était au bord de l’effondrement. Mais le pillage n’a pas seulement causé le malheur et la mort – il a contribué à créer une classe de millionnaires russes et à reconstituer les comptes des banques occidentales: entre 1992 et 1998, la fuite des capitaux de la Russie vers les pays occidentaux a atteint 210 milliards de dollars.

Aslund déclare aujourd’hui: «Les touristes visitant la Biélorussie sont surpris. C’est la dernière économie soviétique qui fonctionne réellement. […] Cette économie industrialisée est dominée par une quarantaine d’entreprises publiques, notamment dans l’industrie lourde. Ils fabriquent toujours des produits […] soviétiques, mais ce sont les meilleurs produits soviétiques que vous ayiez jamais vus. […] Les problèmes macroéconomiques sont minimes. L’inflation est sous contrôle et avoisine les 5%. Le déficit budgétaire officiel est minime et la dette publique totale est plafonnée à 35% du PIB. […] Dans l’ensemble, la structure de l’administration publique est en bon état, peut-être la meilleure de toute l’ex-URSS. […] Il n’y a pas de grands entrepreneurs ou oligarques privés en Biélorussie. La corruption est encore étonnamment rare … “

Mais tout ce qui précède ne doit pas être considéré de la part d’Aslund comme un compliment à l’économie biélorusse – il s’agit plutôt d’un inventaire de la république,une espèce de catalogue de vente pour la prochaine saison de soldes dans le cadre de l’opération au long cours «Pillage de l’Est». Aslund, ne voyant pas de maladie, exige des médicaments: “La plupart des grandes entreprises devront être privatisées.” Autrement dit, il faudra laisser le capital impérialiste remplir ses poches, puis fermer les entreprises, détruisant la concurrence. A une certaine époque, même les chantiers navals de Gdansk – berceau de Solidarnocz – n’ont pas échappé à ce sort. En même temps, Aslund est déjà inquiet: “une vente ouverte conduira au fait que les investisseurs russes achèteront presque tout”. Selon Aslund, seuls les Européens et les Américains ont le droit de piller.

Le président biélorusse Alexandre Loukachenko est dans le collimateur non pas du fait de ses erreurs, mais parce qu’il protège systématiquement l’économie biélorusse des appétits gloutons du grand capital mondialiste et des oligarques russes, en maintenant les trois quarts de l’économie dans le secteur public. Si Loukachenko affirmait le contraire, c’est lui, comme le chef de l’opposition vénézuélienne Guaido, qui serait considéré comme le président légitime même avec zéro voix. L’Occident, qui condamne Loukachenko, parvient à entretenir d’excellentes relations avec les Émirats arabes unis “démocratiques”, très appréciés par Israël et les États-Unis, et avec le roi honoraire d’Espagne légalement élu, qui a fui le fisc pour la République dominicaine.

Ne vous laissez pas berner par les récits des “démocrates” Macron, Trump et Biden: demandez aux “gilets jaunes” combien les droits des manifestants sont respectés en France, où la police peut même crever un œil, ou aux victimes de violences policières aux Etats-Unis, ou encore aux milliers d’habitants de New York qui viennent chaque jour aux distributions d’aide alimentaire, tandis que les multimillionnaires utilisent la pandémie pour se remplir encore plus les poches.

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