Histoire et société

Dieu me pardonne c'est son métier

Au procès d’Assange: Lula et d’autres chefs d’Etat

Catherine Winch nous envoie les traductions du Morning Star et des extraits du Guardian de ce mardi 22 septembre concernant l’intervention de cet autre lutteur infatigable qu’est Lula :

https://morningstaronline.co.uk/article/b/13-former-and-present-world-leaders-make-urgent-call-to-halt-assange-illegal-trial

L’ancien président brésilien Lula da Silva, parmi 165 autres personnes, exhorte le gouvernement britannique à libérer le fondateur de WikileaksJulian Assange

TREIZE anciens et actuels dirigeants mondiaux lancent un appel urgent au gouvernement britannique pour qu’il mette fin au procès “illégal” d’extradition de Julian Assange vers les États-Unis. L’ancien président brésilien Lula da Silva fait partie des 165 politiciens de 27 pays qui se joignent à l’appel pour réclamer la liberté du fondateur de Wikileaks, qui lutte actuellement contre son extradition au tribunal du Old Bailey de Londres.Lula da Silva a approuvé une lettre ouverte au Premier ministre Boris Johnson, signée par 189 avocats : “Assange devrait être perçu comme un héros de la démocratie. Il ne mérite pas d’être puni.

“J’espère que le peuple du Royaume-Uni, le peuple français, le peuple américain ne permettront pas cette atrocité.”
La lettre, rédigée par les avocats d’Assange, affirme que la procédure et la demande d’extradition “violent le droit national et international, violent le droit à un procès équitable et d’autres droits de l’homme, et menacent la liberté de la presse et la démocratie”.
La lettre allègue que M. Assange pourrait être en danger de torture aux États-Unis, rendant ainsi l’extradition vers ce pays illégale.
Parmi les signataires figurent également le président argentin Alberto Angel Fernandez, l’ancien premier ministre espagnol Luis Zapatero et la successeur de Lula, Dilma Rousseff.
La procédure d’extradition, entrée dans sa troisième semaine lundi, est massivement critiquée du fait que certains observateurs légitimes se sont vu refuser l’accès au tribunal.
Amnesty International a qualifié aujourd’hui de “troublant” le refus du juge d’accorder une disposition spéciale aux observateurs dont le rôle est de vérifier que le procès se déroule dans des conditions équitables.
“Amnesty International a suivi des procès de Guantanamo Bay à Bahreïn, de l’Équateur à la Turquie. Le fait que notre observateur se voie refuser l’accès à ce procès compromet profondément la transparence de la justice”, a déclaré Stefan Simanowitz, chercheur à Amnesty International.
M. Assange risque jusqu’à 175 ans de prison pour espionnage suite à la publication de documents classifiés en 2010 et 2011, qui ont révélé les atrocités commises par les États-Unis en Irak et en Afghanistan.

Le Guardian a publié lundi un article de Lula. En voici des extraits:

Luiz Inácio Lula da Silva

21 septembre

https://www.theguardian.com/commentisfree/2020/sep/21/extradition-julian-assange-wikileaks-democracy-not-criminal

C’est la première fois dans l’histoire des États-Unis qu’un journaliste est inculpé en vertu de la loi sur l’espionnage pour avoir publié des informations véridiques. Le monde sait cependant qu’Assange n’a jamais espionné les États-Unis. Ce qu’il a fait, c’est publier des documents qu’il a reçus de Chelsea Manning, un analyste du renseignement de l’armée américaine qui a servi en Irak et en Afghanistan. Manning a été jugée, reconnue coupable et condamnée à sept ans de prison. Elle a maintenant purgé sa peine.

Nous savons tous pourquoi le gouvernement américain veut se venger d’Assange. En partenariat avec le New York Times, El País, Le Monde, le Guardian et Der Spiegel, Assange a révélé les atrocités et les crimes de guerre commis par les États-Unis lors des invasions de l’Irak et de l’Afghanistan, ainsi que les tortures subies par les prisonniers de Guantánamo.

[…]

En plus de toutes ces raisons, les Brésiliens ont une dette supplémentaire envers Assange. Les dossiers publiés sur sa page WikiLeaks révèlent des conversations qui ont eu lieu en 2009 entre ceux qui seront plus tard dans l’administration Temer – qui en 2016 a déposé le gouvernement Dilma – et de hauts fonctionnaires du Département d’État sur des questions liées à la privatisation des gisements de pétrole en eaux profondes du Brésil.

C’est en lisant les documents révélés par Assange que les Brésiliens ont appris la relation entre l’homme qui sera plus tard ministre des affaires étrangères dans l’administration Temer, José Serra, et les cadres des géants pétroliers nord-américains ExxonMobile et Chevron.

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