Histoire et société

Dieu me pardonne c'est son métier

Le message de la Chine à HSBC et aux milieux d’affaire

Nous avons déjà vu le rôle “historique” depuis la guerre de l’opium de la banque traditionnelle de Hong kong , là nos avons une illustration de la “dictature du prolétariat”…

Ici la Chine met en cause son rôle dans le procès et la menace d’extradition du Canada aux USA de Meng Wanzhou (en chinois : 孟晚舟); C’ est une femme d’affaires chinoise, née en 1972 à Chengdu. Vice-présidente du conseil d’administration et directrice financière de la société Huawei, elle est arrêtée le 1er décembre 2018 au Canada, à la demande de la justice américaine, puis remise en liberté sous caution. Elle risque cependant d’être extradée vers les États-Unis. Meng Wanzhou est la fille de Ren Zhengfei, fondateur de la plus grande société privée de Chine, le géant des télécommunications Huawei. Le 28 janvier 2019, le gouvernement fédéral des États-Unis dépose des accusations criminelles contre Huawei, la filiale américaine de Huawei, et une entreprise, Skycom, accusée d’être une filiale iranienne de Huawei. Selon ces accusations, Meng Wanzhou a utilisé deux sociétés écrans, Skycom et Canicula Holdings, pour vendre des équipements télécoms à l’Iran en 2010, en contravention des sanctions. Huawei aurait commercé avec la Syrie jusqu’en 2017. Si l’on en croit l’éditorial du très officiel Global Times, la banque aurait aidé les américains à piéger sa cliente.

Le problème est d’autant plus épineux pour la banque de Hong Kong et Shanghai qu’en février 2020, la Banque a abandonné ses activités en Europe et est revenue en Asie, en Chine, à Hong kong. le groupe a ainsi acté sa réussite en Asie, qui représente la majorité de son chiffre d’affaires et la quasi-totalité de ses bénéfices, et son échec à devenir la première banque réellement mondialisée, présente sur tous les continents et tous les métiers. Elle va se désengager largement des Etats-Unis et de l’Europe, cédant, notamment en France, son activité aux particuliers. Et, au passage, elle prévoie la suppression de près de 35 000 emplois dans le monde.

Un traitement de choc qui s’ajoute à la litanie d’annonces de ce type dans les banques européennes depuis le début de l’année 2019, et qui porte le total des disparitions de postes à près de 100 000, accréditant la thèse d’un tsunami ravageur, provoqué par la conjonction mortifère d’une économie morose, de taux bas et de la révolution numérique avant même le coronavirus. Bref, la banque est désormais plus dépendante de la Chine et l’accusation d’avoir conspiré avec les Etats-Unis contre sa cliente HuwaI est l’occasion pour la Chine de mettre les choses au point, sur le fond des événements de Hong KOng. La mise en garde “vous voulez gagner de l’argent, d’accord, mais alors soutenez les intérêts de la Chine a une portée qui va au-delà de la Banque et semble être entendue des milieux d’affaire. (note et traduction de danielle Bleitrach pour histoire et société)

Source: Global Times Publié e 25 juillet 2020


HSBC a fait sa première réponse publique sur le cas de Meng Wanzhou de Huawei au milieu d’une controverse croissante, cependant, les observateurs ont qualifié cette déclaration de “non déni explicite” de son rôle de comploteur dans l’affaire. .C’est une manière de lutter contre son agonie.

Le 25 juillet, la banque britannique HSBC a publié une déclaration dans laquelle elle déclarait qu’elle n’avait “aucune intention malveillante” à l’égard de Huawei et qu’elle n’avait pas “piégé Huawei”, mais de nombreux doutes subsistent quant aux détails. En août 2013, Meng Wanzhou a rencontré un dirigeant d’HSBC dans un restaurant de Hong Kong pour fournir une explication quant aux activités et à la conformité de Huawei en Iran. Le PowerPoint utilisé comme illustration a ensuite été présenté par HSBC au ministère américain de la Justice et est devenu la preuve-clé du dossier d’extradition de Meng Wanzhou. Selon des informations divulguées par des médias étrangers, la rencontre aurait été proposée par Huawei. Mais des sources bien informées ont révélé à notre journaliste Liu Xin que ce n’était pas le cas. 

En 2012, HSBC a été accusé de charges criminelles, dont du blanchiment d’argent au Mexique, par des procureurs américains. La somme impliquée portait sur au moins 881 millions de dollars. La société fut condamnée à une amende de 1,9 milliard de dollars et a conclu un accord judiciaire sur 5 ans appelé DPA, pour s’auto-rectifier et coopérer avec les enquêtes américaines. 

En août 2013, Meng Wanzhou a rencontré un haut responsable d’HSBC dans un restaurant de Hong Kong. Elle a effectué une présentation PowerPoint par le biais d’un traducteur. La version anglaise a été par la suite transmise à HSBC. 

Selon des rapports, en 2017, HSBC a transmis le PowerPoint aux enquêteurs américains. Il est devenu la preuve-clé pour l’extradition de Meng. 

HSBC a déclaré que l’information révélée par la société au ministère de la Justice avait été fournie en vertu d’une demande formelle, dont une convocation devant un Grand Jury et d’autres obligations légales résultant de l’accord judiciaire DPA. HSBC n’a pas été impliqué dans la prise de décision du ministère de la Justice concernant les théories juridiques à poursuivre. 

En décembre 2017, HSBC a échappé aux poursuites indiquant avoir respecté tous ses engagements afin d’améliorer les contrôles et autres mesures de conformité.

La déclaration est pleine de contradictions qui relèvent du faux témoignage et ne peuvent pas sauver la réputation ruinée de la banque britannique en Chine. Une telle décision est également considérée comme une tentative de survie de la banque britannique face à la controverse croissante sur le marché chinois, car le prêteur pourrait faire face à une fin de non recevoir pour avoir conspiré avec les États-Unis contre Huawei, ont déclaré des analystes.

La réponse est intervenue après que la société soit sous pression croissante après que de nouvelles preuves aient été dévoilées vendredi, soulignant que la banque multinationale basée à Londres a conspiré avec le ministère américain de la Justice pour mettre en place un “piège politique” pour Huawei et a apporté un faux témoignage au tribunal.

Cependant, dans sa tentative de justifier son rôle de «complice» du stratagème politique américain contre Huawei, HSBC a fait valoir qu’elle a été impliquée dans l’affaire à la fin de 2016, ce qui était plus tardif que lorsque l’affaire avait été mise en place par les États-Unis, mais elle a admis avoir remis les documents de son important client aux États-Unis.

“La dernière déclaration de la HSBC n’est pas convaincante, car elle a reconnu avoir effectivement fourni des documents au ministère américain de la Justice”, a déclaré Xiang Ligang, analyste du secteur des télécommunications chinois. 

En outre, M. Xiang a déclaré que HSBC avait réagi en soumettant les documents durant l’enquête américaine sur la banque, ce qui a simplement apporté la confirmation que la banque était au courant de l’affaire et a prouvé son rôle de conspirateur.

“La dernière déclaration de HSBC ne nie pas explicitement son implication dans le cas de Meng” , a déclaré samedi Mei Xinyu, chercheur à l’ Académie chinoise du commerce international et de la coopération économique du ministère du Commerce , au Global Times.

Dans une tentative de nier la mise en place délibérée de chausses trappes pour piéger Huawei, HSBC a déclaré qu’elle avait fait des enquêtes standard concernant Huawei au sujet de sa relation avec Skycom après des rapports de presse relatifs en décembre 2012 et janvier 2013, qui prouvaient en fait qu’elle aurait pu faire un faux témoignage au tribunal. en disant qu’il a été induit en erreur par Huawei parce que Huawei a caché sa relation avec Skycom à HSBC. Et cette affirmation est la base sur laquelle les États-Unis ont pu monter des “accusations de fraude”, ont noté les observateurs.

“J’espère que d’autres pays et institutions pourront tirer des leçons et ne pas se mêler des différends sino-américains [comme HSBC], car les conséquences et les dommages de s’impliquer dans de tels différends seront horribles”, a averti Mei, en donnant un exemple de la déclaration de HSBC. «Regardez avec quelle embarras la société s’exprime.

L’exemple de HSBC donne une leçon à toutes les entreprises étrangères – “si vous voulez gagner de l’argent avec les Chinois, vous devez respecter les intérêts de la Chine”, a ajouté Mei.

«À l’heure actuelle, HSBC est confrontée à deux problèmes majeurs en Chine. Premièrement, sa réputation auprès de la population chinoise s’est détériorée; plus important encore, il est possible pour certaines grandes entreprises en Chine d’arrêter la coopération avec HSBC, après avoir vu comment l’entreprise s’est impliquée dans l’affaire Huawei », a averti Xiang. 

Le public n’est pas juge, mais il appartient au public de juger si l’explication de HSBC est acceptable, a ajouté M. Xiang.

Certains internautes chinois ont fait des commentaires concernant la dernière déclaration de HSBC sur Sina Weibo, montrant leur scepticisme sur sa clarification et demandant à la banque britannique de quitter la Chine.

“Quelle entreprise chinoise voudrait coopérer avec une telle banque à l’avenir? Les entreprises chinoises restent la plus grande part de marché pour HSBC et il semble que la banque ne puisse pas mettre la main sur le gâteau”, a commenté samedi l’utilisateur de Weibo @lunancybuyanbuyuhaofengjing. 

Un autre utilisateur de Weibo, @handongyan, a commenté: “HSBC pourrait perdre tout son marché chinois pour seulement 80 millions de dollars. Plus important encore, il s’est frappé la tête avec une pierre et son nom est maintenant dans la boue.”

Global Times

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