Histoire et société

Dieu me pardonne c'est son métier

Gerardo Hernández: dans des moments comme celui-ci, je vous demande de tenir bon

En lisant ce texte je m’aperçois à quel point dans mes mémoires j’ai à peine effleuré mon expérience cubaine, celle de la période spéciale, mais aussi des luttes pour la libération d’Ilian, pour les 5, comment j’ai découvert les CDR, le syndicat, toute cette manière de résister. La conscience politique mais aussi l’obstination à tenir bon alors que le combat paraissait parfois désespéré. J’ai retrouvé par hasard une centaine de photos que je croyais perdues et cela m’a aidée à revivre tout cela de l’intérieur. Cet article, ces propos de Gerardo Hernández Nordelo, j’en connais le prix, celui de mes amis cubains qui m’ont tant appris et qui encore aujourd’hui me donnent la force de rester une révolutionnaire (note et traduction de Danielle Bleitrach).

Photo: Vicente Brito / Escambray.

Personne ne sait comme lui avoir le geste adéquat, le mot, l’étreinte quand il parcourt le territoire, la manière de caresser un enfant, de valoriser un jeune ou de serrer la main de celui qui le regarde. Lui, le héros qui est resté le même que celui qui a été condamné à deux peines de prison à perpétuité, plus 15 ans, le même qui avoue ne pas avoir de mots pour exprimer sa gratitude à ceux qui l’ont suivi à distance et au commandant en chef, alors qu’il y a 19 ans, dans un moment crucial du combat pour la libération des Cinq, il a dit avec la certitude d’un prophète: “Nous reviendrons!”

“Le plan de l’empire avec moi était que je demeure à jamais dans une prison à sécurité maximale, mais si je suis ici, je le dois aux efforts de nombreuses personnes qui pendant tant d’années ont contribué à la campagne pour notre liberté, donc je remercie vous, pour votre contribution à la cause des Cinq ». Gerardo Hernández Nordelo, le vice-coordinateur national des Comités pour la défense de la révolution, a fait une tournée il y a quelques jours en province.

À quelles nouvelles tâches les CDR sont-ils actuellement confrontés?

L’organisation a déjà publié son bulletin n° 56 dédié à la production de nourriture dans les patios et les parcelles familiales, car comme vous le savez, pendant les années les plus critiques de la période spéciale à Cuba, des progrès ont été réalisés en termes d’agroécologie et de pratiques écologiques, nous avons même été eu la reconnaissance des études internationales, mais après cette étape, ce mouvement populaire s’est quelque peu perdu et aujourd’hui, il s’agit de le récupérer, de le multiplier et chacun y contribue.

Photo: Vicente Brito / Escambray.

Nous avons visité des endroits où, jusqu’à récemment, il y avait des décharges et les voisins les ont nettoyées et transformées en rangées jonchées de nourriture. C’est notre rôle, étant donné que la situation économique internationale a été compliquée par la pandémie, et en même temps Cuba continue de subir les effets du blocus américain.

Eux, qui se prétendent si humanitaires, ne font pas de parenthèses dans notre désaccord, ni dans des moments comme celui-ci, pour que Cuba puisse acheter sa nourriture et ses médicaments, au contraire, il ne se passe pas un jour sans donner un autre tour de vis, parce qu’essentiellement, ils veulent nous faire plier, ils veulent nous agenouiller à cause de la faim, c’est pourquoi nous, les cederistas, essayons de faire des choses qui peuvent contribuer à soutenir le pays et l’une d’elles est la production alimentaire.

Comment les CDR ouvrent-ils le manche de travail au milieu d’une phase de récupération post-COVID-19?

Les dégâts de la pandémie ne sont pas seulement physiques pour ceux qui en ont souffert, ils sont aussi économiques et notamment dans le domaine de l’alimentation, notre pays est confronté à des difficultés, notamment, depuis avant l’arrivée de cette maladie, le président Miguel Díaz- Canel Bermúdez a appelé à la substitution des importations, car trop de ressources sont importées, alors que nous pouvons souvent l’obtenir en interne.

Après l’apparition de COVID-19, nous avons insisté davantage sur ce point, car nous devons augmenter la production. Il ne s’agit pas de concurrencer l’Agriculture qui a ses projets et nous lui souhaitons beaucoup de succès, mais plutôt de contribuer à la vie de nos quartiers. Le potentiel est là et les premiers fruits de ce mouvement sont déjà visibles. Tout régime de banane obtenu dans le patio d’une maison est un produit qui ne doit pas être acheté sur le marché et, par conséquent, il est là pour les personnes qui en ont le plus besoin.

Photo: Vicente Brito / Escambray.

Nous sommes une grande famille humaine, comme disait notre cher commandant Fidel, et en particulier une grande famille cubaine, nous devons donc nous entraider et qui mieux que nous qui sommes dans le quartier pour promouvoir ce type d’activité.

Le 60e anniversaire de la création du CDR approche, comment se déroulera cette célébration?

Nous travaillons pour commémorer, de la manière la plus joyeuse possible, le 60e anniversaire de la création du CDR. Nous ne connaissons toujours pas les particularités, ni comment seront les activités, car cela dépend de l’évolution que le pays a du COVID-19, mais je vous assure que nous allons le célébrer comme il le mérite.

Les CDR ont également été présents dans chacune des tranchées ouvertes pour lutter contre la pandémie et je pense qu’ils l’ont fait dans l’esprit de la célébration de ce 60e anniversaire. Souvenons-nous qu’il s’agit d’une organisation fondée par Fidel, l’un de ses grands rêves et dans laquelle il a mis toute sa confiance pour concrétiser la tâche fondamentale qui est sans aucun doute la défense de la Révolution.

Certains disent qu’il s’agit d’une organisation de personnes âgées, mais je vous assure que ce qui a changé, c’est le temps, car loin d’être démodés, nous sommes présents. À ces moments, il est important de se souvenir et d’être fidèle à l’héritage de notre commandant et à la confiance qu’il a placée dans le CDR, car il a toujours été très clair qu’ils étaient un rempart de la Révolution et continueront de l’être.

Comment appréciez-vous le rôle des jeunes dans la plus grande organisation de masse du pays?

Avec d’autres membres de la Direction nationale des CDR, nous avons visité plusieurs provinces du pays et l’une des choses qui attire le plus notre attention est celle concernant l’attitude des jeunes et leur présence dans l’organisation, contrairement à ce que beaucoup pensent, nous avons une très grande force dans la jeunesse.

Dans les célébrations du 60e anniversaire, nous rencontrons des jeunes qui ont été en première ligne dans la lutte contre la pandémie, visitant les plus démunis, dans les centres de santé, distribuant des produits dans des zones de quarantaine; mais surtout ils démontrent à quel point ils ont le désir de s’investir, de contribuer et de démontrer qu’il y a une continuité dans cette organisation.

Photo: Vicente Brito / Escambray.

Mais il y a aussi les enfants, qui sont le soulagement de ces jeunes et qui se distinguent déjà dans les quartiers, en ce moment sont les protagonistes des applaudissements à neuf heures du soir, ce que les travailleurs du secteur de la santé et tous méritent à juste titre, ceux qui d’une manière ou d’une autre aident en ces temps difficiles.

Cependant, les enfants sont ceux qui contribuent le plus à se rappeler qu’il est important d’éteindre une ampoule inutile aux heures de pointe à l’intérieur de la maison, ce qui semble insignifiant, mais si dans chacun des 138000 CDR qui existent dans le pays, une lumière s’éteint ce serait le même montant qui cesserait de fonctionner pour contribuer aux économies d’énergie.

Un message aux Espirituains ?

Tout d’abord, merci pour la solidarité de ce peuple avec la lutte des Cinq. Je partage un anniversaire avec Sancti Spíritus et pas une seule année ne s’est écoulée pendant laquelle, étant emprisonné, j’ai cessé de recevoir les félicitations de cette ville, ce pourquoi je leur suis très reconnaissant et je le fais aussi au nom de mes collègues et de nos proches qui plusieurs fois, sont passés par ici et ont toujours reçu beaucoup d’affection.

Si nous sommes dans cette province aujourd’hui, nous le devons, entre autres, à la solidarité de tout le peuple, y compris celle du peuple d’Espirituanos, donc, notre éternelle gratitude, en particulier aux cederistas, aux fédérés et à tous ceux qui composent les organisations de quartier, à tous.

Dans des moments comme celui-ci, je vous demande de continuer ou allons-nous nous soumettre aux pressions de l’empire? Bien sûr que non, nous continuerons à nous battre, à économiser et à produire, à nous conformer à tout, car des temps meilleurs viendront, bien qu’un travail acharné soit nécessaire pour cela.

(Tiré d’ Escambray )

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