Histoire et société

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Les Etats-Unis veulent la « rupture » avec la Chine ? C’est aux règles économiques d’en décider

La Maison Blanche a annoncé l’intention de Trump de mettre fin à l’accord commercial avec la Chine, mais les faits sont têtus et les lois de l’économie de marché vont a contrario de ce discours. Par parenthèse, le FMI va publier une mise à jour de ses prévisions. Le PIB de la France se contracterait de 12,5% en 2020, celui de l’Allemagne de 7,8 %. Le recul du PIB mondial atteindrait 4,9% (contre 0,1% en 2009). La Chine est un des très rares pays qui échapperaient à la récession et il sera donc difficile de rompre avec ce moteur de croissance. Les entreprises des USA, selon cet article russe en ont jugé autrement (note et traduction de Danielle Bleitrach).
0  23 juin 2020, 04:55
Photo: Chris Kleponis /
Photos d’actualités consolidées /
Global Look Press
Text: Anton Nikitin
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Peter Navarro, chef du Conseil national du commerce de la Maison Blanche, a déclaré à Fox News que le président américain Donald Trump avait décidé de remettre en question l’accord avec la Chine parce qu’il avait des rapports de plus en plus nombreux des services de renseignement sur l’origine du nouveau coronavirus qui se serait échappé des murs d’un laboratoire à Wuhan.

“C’est fini. <…> Ils (les représentants de la RPC) sont arrivés ici le 15 janvier pour signer cet accord commercial, deux mois après avoir découvert que le virus se propageait à toute vitesse », a déclaré Navarro à l’agence TASS.

Par la suite, Bloomberg a fait circuler une déclaration de Navarro selon laquelle ses “déclarations avaient été sorties de leur contexte”, elles ne concernaient pas la première phase de la transaction commerciale, qui demeure.”

La semaine dernière, Trump a accusé la Chine d’avoir intentionnellement infecté le monde avec le coronavirus, en envisageant la possibilité d’une “séparation complète” des économies des États-Unis et de la Chine. Après quoi, la Chine a été invitée à se préparer à se déconnecter du système de paiement en dollars.

Avant cela, le chef de l’administration américaine n’a pas exclu que les États-Unis puissent rompre complètement les relations avec la Chine en réponse à la situation du coronavirus. Il a également déclaré qu’en raison du coronavirus, il «envisageait différemment» l’accord commercial avec la Chine.

Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo, quant à lui, a affirmé que les États-Unis avaient des preuves que la Chine aurait intentionnellement caché ou détruit des preuves d’une épidémie de coronavirus. Pompeo a promis de punir la Chine pour avoir caché des informations sur le coronavirus.

Rappelons que les États-Unis accusent la Chine de dissimuler ou de détruire intentionnellement des preuves d’une épidémie de coronavirus. Pékin qualifie ces allégations de non fondées.

Le journal VZGLYAD a parlé des plans américains pour récupérer les pertes dues à la Chine causées à l’économie américaine par le coronavirus. Ce pourrait être une somme colossale de 6 billions de dollars. Après les États-Unis, une indemnisation de la Chine pour le coronavirus était recherchée en Grande-Bretagne.

A Moscou, les allégations de Washington de compensation par Pékin ont été considérées comme inacceptables.

Les Etats-Unis disent vouloir couper toute relation économique avec la Chine, une décision qu’ils estiment prendre en dernier recourt. Une démarche que déconseillent certains haut officiels américains en charge de l’économie et du commerce. Pour eux, la rupture des relations économiques avec la Chine serait une chose « impossible ». Pour leur part, le milieu économique international et les médias voient en cette idée de « rompre les relations » avec la Chine, un moyen pour l’actuelle administration américaine de gagner la présidentielle de novembre 2020.

En fait, des scénarios similaires ont été mis en scène dans les sanctions contre les entreprises chinoises. En effet, le Département américain du Commerce a récemment révoqué l’ordonnance interdisant aux entreprises américaines de faire des affaires avec la société chinoise Huawei, et leur permettant de coopérer au développement de l’élaboration des normes du réseau à 5G. Selon les analystes, les entreprises chinoises de haute technologie, seraient en tête des recherches et développement du réseau à 5G. Ces entreprises ont actuellement des avancées dans l’édification des standards de 5G. Au cas où les Etats-Unis ne lèveraient pas cette interdiction, ce sont leurs propres entreprises qui ne seraient pas en mesure de participer intégralement à l’élaboration des standards de 5G, et seraient du coup, les grandes perdantes.

On ne peut pas mener des réformes économiques et commerciales à l’échelle internationale sur une simple déclaration irresponsable des politiciens américains. Selon un article publié récemment sur Wall Street Journal, malgré les différends commerciaux, le volume du commerce bilatéral sino-américain a augmenté de près de 39,7 milliards de dollars en avril dernier, soit une croissance de près de 43 % par rapport au chiffre du mois de février. Cela signifie que la Chine redevient le premier partenaire commercial des Etats-Unis, une preuve qui confirme l’absurdité de la soi-disant « rupture ».

En plus des médias américains, beaucoup de personnes sont conscientes de ce fait. Craig Boyd Allen, président du Conseil américano-chinois du Commerce (US-China Business Council), estime que la Chine serait probablement « le plus grand moteur » de la croissance économique globale pour cette année et l’année prochaine. Il souhaite que les entreprises américaines puissent en bénéficier. Les entreprises américaines, leader de la production et de la vente et qui supportent des risques du marché, ne suivront pas de toute évidence les directives lamentables de certains politiciens, guidées par des intérêts politiques égoïstes.

C’est pour cette raison que les entreprises américaines continuent d’investir en Chine, même si les politiciens américains tentent de les persuader de n’en rien faire en créant à cette fin un « fonds de retour », surtout en cette période de l’épidémie. Honeywell, Tesla, Exxon Mobil et Starbucks, ces entreprises de renom ont toutes récemment grandement réinvesti en Chine.

Dans son nouveau rapport « Perspectives économiques mondiales », la Banque mondiale s’attend à une récession de l’économie mondiale pour 2020 à hauteur de 5,2%, et cela, en raison des contraintes liées au COVID-19. L’économie américaine devrait reculer de 6,1%, tandis que la Chine peut espérer réaliser une croissance de 1%. La Chine sera donc l’un des rares pays à réaliser une croissance positive en cette année compliquée de 2020, caractérisée par la pandémie.

Pour Kathy Matsui, analyste en chef pour les actions japonaises de Goldman Sachs, le monde est interconnecté, la croissance continue de l’économie chinoise a une signification majeure pour la quasi-totalité des principales économies mondiales. Il est évidemment impensable de « rompre » avec la Chine, tant du point de vue des règles économiques que du point de vue de la réalité. Ainsi, des politiciens américains rêvent debout en pensant arriver à l’idée de « rupture » des relations avec la Chine.

(Source : RCI ; Photo : VCG)DERNIERES INFOS

10:06, 22 juin 2020

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