Histoire et société

Dieu me pardonne c'est son métier

Ambassadeur de Chine en Russie sur le coronavirus: un jour, on saura tout

Une excellente intervention sur le fond de l’ambassadeur de Chine à Moscou que Marianne a traduit du russe et qui dit les choses clairement, tout en accordant à la seule science le droit de faire la clarté : “De nombreux faits indiquent que la source de COVID-19 n’a pas encore été déterminée et qu’elle pointe vers différentes régions. Le virus est l’ennemi commun de toute l’humanité, la recherche du «patient zéro» ne vise pas à le clouer au pilori de la honte, mais à mieux comprendre ce virus, découvrir le chemin de son évolution puis le vaincre complètement. En nous appuyant sur la science et la technologie modernes, nous pouvons retracer la source du virus et être sûrs que tôt ou tard le jour viendra où tous les secrets seront révélés.” (note de Danielle Bleitrach et traduction de Marianne Dunlop pour histoire et societe)

https://tass.ru/interviews/8264707

17 avril 2020

Dans une interview accordée à TASS, l’ambassadeur chinois en Fédération de Russie, Zhang Hanhui, a évoqué les études du génome du coronavirus par des scientifiques chinois, la recherche de la source du virus et l’inadmissibilité de politiser la lutte contre la pandémie.

– Aujourd’hui, alors que la plupart des pays du monde sont confrontés à une terrible menace, l’expérience de la Chine, qui a été la première à subir le coup et à vaincre l’épidémie, est particulièrement précieuse. Cependant, il y a des pays qui cherchent à accuser la Chine d’avoir propagé le coronavirus. Comment évaluez-vous ces déclarations?

–   Pour vaincre l’épidémie de pneumonie causée par le nouveau type de coronavirus (COVID-19), la Chine a fait de grands efforts, d’énormes sacrifices, se dressant fermement face à l’épidémie qui se déroulait à l’intérieur du pays et a remporté une victoire d’étape. Ainsi, la Chine a gagné du temps pour les autres pays – deux mois entiers – afin qu’ils puissent s’employer à prévenir et contrôler l’épidémie.

Maintenant que l’épidémie de COVID-19 s’est propagée dans le monde entier, la piste de la Chine – «made in China», «la marque de la Chine» – réapparaît dans les grands titres de la lutte contre le virus. La contribution de la Chine est évidente pour tout le monde, mais en même temps que nos succès sont reconnus, nous sommes également confrontés à la diffamation, aux récriminations et à la calomnie. Une balle qui roule sera toujours arrêtée par un obstacle; la calomnie sera stoppée par la raison. La Chine qui adhère au concept de «Communauté du destin de l’humanité», adopte une approche scientifique et répond de manière responsable aux défis communs de l’humanité, recevra sûrement le respect et l’approbation de la communauté internationale.

– Certains médias occidentaux appellent le virus “chinois” ou “de Wuhan “. Est-il possible, sur la base de données récentes, de dire que le virus est vraiment apparu à Wuhan?

– Après le déclenchement de l’épidémie de COVID-19 à Wuhan, la Chine a souvent été confrontée à des atteintes à sa renommée. Certaines personnes malveillantes ont appelé de manière irresponsable le virus “chinois” et “de Wuhan”, essayant de blâmer la Chine pour le fait que la source du virus est là. La détermination de la source du virus est un grave problème scientifique et social. Les technologies modernes pour déterminer la séquence de l’arrangement des gènes peuvent bien détecter avec précision le “passé et le présent” du gène viral.

Cinq organismes scientifiques faisant autorité, dont le Jardin botanique des plantes tropicales de l’Académie chinoise des sciences de la région autonome de Xishuangbanna-Dai et le Jardin botanique central de l’Académie chinoise des sciences, ont collecté des données sur 93 échantillons du génome COVID-19, publiés dans une base de données mondiale couvrant 12 pays sur quatre continents. Grâce à des études, il a été constaté que le premier «ancêtre» du virus était mv1, il a évolué en un ensemble de gènes (haplotypes) H13 et H38, et H13 et H38, à leur tour, ont généré conjointement un haplotype de deuxième génération – H3, et H3 a de nouveau évolué en haplotype H1. En termes simples, l’haplotype mv1 est «arrière-grand-père», H13 et H38 sont «grand-père» et «grand-mère», H3 est «papa» et H1 est «bébé». Le virus qui est apparu à Wuhan sur le marché des fruits de mer est un virus de la population du gène H1. Avant l’haplotype H1, seul l’haplotype H3 a été découvert à Wuhan, et ce haplotype n’a rien à voir avec le marché des fruits de mer à Wuhan. Les haplotypes plus anciens H13 et H38 n’ont jamais été trouvés à Wuhan. Des souches de ces anciens haplotypes n’ont pas non plus été trouvées, ce qui est très illogique. Cela suggère qu’un échantillon de l’haplotype H1 a été amené par une certaine personne infectée sur le marché des fruits de mer, après quoi l’épidémie a éclaté. La séquence de l’arrangement des gènes ne peut pas tromper. Le virus, très probablement, a connu de nombreuses mutations et a évolué à partir de son “ancêtre” mv1, et Wuhan n’est qu’un des nombreux endroits où il a été amené. Avant le déclenchement de l’épidémie de virus haplotype H1, les haplotypes H13, H38 et H3, très probablement, se propageaient déjà dans d’autres régions.

– Dans ce cas, la Chine dispose-t-elle de données sur l’endroit où le virus et le «patient zéro» sont apparus?

– L’infection à coronavirus COVID-19 est apparue dans de nombreux endroits à travers le monde, et tous les pays recherchent activement la source du virus. Les faits sont plus éloquents que les mots, de plus en plus de cas montrent que bien que COVID-19 soit apparu pour la première fois à Wuhan, ce n’est pas certain que sa source se trouve à Wuhan.

Le 14 février, dans la préfecture d’Aichi, un Japonais de 60 ans a été diagnostiqué au coronavirus COVID-19, et le 16, il a été confirmé chez son épouse, une femme de 60 ans. Le couple s’était rendu aux États-Unis à Hawaï pour le tourisme et y avait séjourné du 28 janvier au 7 février. Récemment, ils n’étaient pas allés en Chine et n’avaient pas contacté de Chinois. Le 3 février, alors que le couple était encore à Hawaï, l’homme présentait déjà des symptômes, mais il n’a pas demandé d’aide médicale. Le 8 février, après son retour au Japon, l’homme a été hospitalisé avec une forte fièvre et on lui immédiatement diagnostiqué la nouvelle pneumonie à coronavirus COVID-19. Selon les données cliniques actuelles, s’il avait été infecté par un coronavirus au Japon, les symptômes ne seraient pas apparus le même jour, et il faut donc supposer que l’homme était déjà infecté par le coronavirus avant le 3 février. De plus, le 15 février, cinq personnes dans un établissement médical de la préfecture de Wakayama avaient une infection collective, la source de l’infection pour ces cinq personnes est inconnue et rien ne prouve qu’elle soit liée à la Chine. Sur la base des cas d’infection susmentionnés, la télévision japonaise TV ASAHI estime que la Chine n’est pas la seule source d’infection.

Le 26 mars, Nature a publié un itinéraire de la propagation du nouveau type de pneumonie à coronavirus. Cet article suppose que le 1er janvier, COVID-19 était déjà apparu en Lombardie. En outre, selon certains rapports des médias, le célèbre spécialiste italien dans le domaine de la médecine Giuseppe Remuzzi a exprimé l’avis que l’épidémie en Italie avait commencé à se propager plus tôt qu’en Chine. Il a souligné que “le virus a peut-être déjà commencé à se propager avant d’être détecté”.

Le 4 avril, la marine américaine a publié une déclaration selon laquelle 155 membres de l’équipage avaient un test positif au nouveau type de coronavirus sur le porte-avions nucléaire Theodore Roosevelt, qui a accosté à Guam. Ce porte-avions a navigué en janvier et n’est jamais allé en Chine. Le 5 mars, le porte-avions est arrivé au Vietnam et a accosté à Da Nang; le 18 mars, le porte-avions est entré dans la mer des Philippines. Il est possible que l’équipage du porte-avions ait été infecté avant d’arriver au Vietnam. Lors d’une audience COVID-19 le 11 mars, Robert Redfield, directeur des Centers for Disease Control and Prevention des États-Unis, a admis qu’un grand nombre de patients décédés de la grippe aux États-Unis étaient peut-être décédés des suites d’une pneumonie causée par le nouveau type de coronavirus, mais les États-Unis n’ont pas effectué de test. L’Italie espère suivre le premier cas d’infection en invitant les États-Unis à pratiquer des exhumations, mais la partie américaine a catégoriquement refusé.

De nombreux faits indiquent que la source de COVID-19 n’a pas encore été déterminée et qu’elle pointe vers différentes régions. Le virus est l’ennemi commun de toute l’humanité, la recherche du «patient zéro» ne vise pas à le clouer au pilori de la honte, mais à mieux comprendre ce virus, découvrir le chemin de son évolution puis le vaincre complètement. En nous appuyant sur la science et la technologie modernes, nous pouvons retracer la source du virus et être sûrs que tôt ou tard le jour viendra où tous les secrets seront révélés.

– Les États-Unis accusent la Chine de cacher à la communauté mondiale des informations sur l’épidémie. Que pourriez-vous répondre à ces accusations?

– Le 3 avril, l’ambassadeur des États-Unis aux Pays-Bas, Peter Hookstra, a publié un document accusant la Chine de malhonnêteté dans la résolution du problème du nouveau coronavirus, en particulier que les informations fournies étaient incomplètes et opaques, ce qui a conduit les États-Unis à une évaluation incorrecte de la situation. Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a critiqué à plusieurs reprises publiquement la Chine pour ne pas avoir partagé suffisamment ouvertement et honnêtement des informations sur l’épidémie de pneumonie à coronavirus. Ouvertement ou pas, les faits en témoignent. La compréhension de ce qui est bon et de ce qui est mauvais est inhérente à l’âme humaine. Face à une situation d’urgence dans le domaine de la santé publique de toute l’humanité, nous devons maintenir la rationalité, rejeter la politique, nous rassembler et surmonter les difficultés ensemble.

Fin décembre 2019, le Centre de contrôle et de prévention des maladies de la ville de Wuhan a découvert des cas de pneumonie de cause inexpliquée. Dans la nuit du 31 décembre, le Comité d’État de la RPC sur l’hygiène et la santé a rendu des ordonnances et envoyé à la hâte un groupe de travail et d’experts à Wuhan pour effectuer des recherches sur place. Depuis le 3 janvier 2020, la Chine a fourni activement et en temps opportun des informations sur l’épidémie à l’Organisation mondiale de la santé, aux Américains et d’autres organisations des États et régions respectifs. Le 4 janvier, le chef du Centre chinois de contrôle et de prévention des maladies a contacté le chef du Centre de contrôle et de prévention des maladies des États-Unis et l’a familiarisé avec la situation épidémique.  Le 12 janvier, le Comité d’État de la République populaire de Chine sur l’hygiène et la santé a partagé la séquence génétique complète du nouveau coronavirus avec l’OMS et les pays du monde entier. À partir du 21 janvier, le Comité d’État sur l’hygiène et les soins de santé de la République populaire de Chine a publié quotidiennement des informations sur la situation épidémique sur les sites Web officiels et les plateformes des médias administratifs. Le 31 mars, le nombre total de publications était de 71. À partir du 3 février, un site Web en anglais a commencé à publier des publications synchrones Au 31 mars, le nombre total de publications atteignait 58.

Le 24 janvier, une équipe de chercheurs de l’hôpital de Pékin de l’amitié sino-japonaise, de l’Académie chinoise des sciences médicales, de l’hôpital de Jinantang à Wuhan et d’autres ont publié “l’analyse des signes cliniques de l’infection par le coronavirus COVID-19 à Wuhan” dans le journal médical britannique Lancet. Le secrétaire général de l’OMS, Tedros Adan Gebreyesus sur les réseaux sociaux a remercié le gouvernement chinois pour son ouverture et sa collaboration. Richard Houghton, rédacteur en chef du célèbre magazine médical Lancet, a déclaré: “Au cours de la dernière semaine de janvier, nous avons compris qu’une épidémie pouvait survenir car les informations sur la situation épidémique en Chine avaient été transmises avec une grande clarté.”

Les États-Unis ont également déclaré que la Chine avait expulsé des journalistes américains pour cacher l’épidémie. En fait, en février 2020, les États-Unis ont pris des mesures pour limiter le nombre de personnes de cinq agences de presse chinoises aux États-Unis, ce qui a abouti à l’expulsion d’un grand nombre de journalistes chinois. Suite à l’échec des négociations, en réponse à la réduction américaine des médias chinois, la partie chinoise, conformément aux normes internationales, a pris des contre-mesures contre les États-Unis le 17 mars 2020. Ce sont uniquement des contre-mesures contre les États-Unis qui ne sont en aucun cas liées à l’épidémie. Y compris des journalistes américains, plus de 500 journalistes étrangers travaillent actuellement en Chine. Ils sont bien placés pour comprendre la situation épidémique en Chine en temps réel. Il est déraisonnable de blâmer la Chine d’avoir caché la vérité sur l’épidémie au motif que la Chine a expulsé des journalistes américains.

– Comment la Chine peut-elle aider les autres pays à lutter contre la pandémie?

– La Chine a fait tout son possible pour reprendre la production après avoir remporté une victoire d’étape dans la lutte contre l’épidémie; elle produit actuellement plus de la moitié des fournitures mondiales de matériel médical et a fourni à 120 pays et à quatre organisations internationales des masques médicaux à usage général, des masques N95, des vêtements de protection, des réactifs pour détection des acides nucléiques, des ventilateurs, etc., et a également fait don de 20 millions de dollars à l’OMS pour soutenir la coopération internationale dans la lutte contre l’épidémie de COVID-19. Du début de l’épidémie à nos jours, la Chine a fait tout son possible. Ignorer la contribution et les sacrifices de la Chine est contraire aux normes morales et à la conscience.

Face à une épidémie d’une gravité inconnue depuis un siècle, personne n’est en sécurité. Tous les pays doivent s’unir et ne pas se blâmer. Le racisme et la pensée de la guerre froide sont non seulement inutiles pour combattre l’épidémie actuelle, mais ils peuvent entraîner notre monde dans l’abîme. L’apparition de la nouvelle pneumonie COVID-19 représente une grande menace, c’est une guerre sans fumée entre les humains et les virus, et non une lutte entre pays et idéologies. L’épidémie n’a pas de limites. Les pays du monde ont une communauté de destin. Pour combattre l’épidémie, il est nécessaire de mener une prévention et un contrôle communs efficaces et de se préparer à une lutte mondiale pour contenir le mal. Dans le même temps, nous devons travailler ensemble pour redresser les relations économiques et commerciales, débloquer les canaux commerciaux, surmonter les éventuelles crises économiques et financières et empêcher une récession dans l’économie mondiale. Ce n’est que par l’unité et les efforts conjoints de toute l’humanité que nous pourrons remporter une victoire globale dans la lutte mondiale contre l’épidémie.

Interview réalisée par Leyla Turayanova

Traduction Marianne Dunlop pour Histoire et Société

Titre original : Посол Китая в России о коронавирусе: однажды все тайное станет явным

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De l’origine du virus… : qui sait que le virus de la “grippe espagnole” a pour origine…les Etats-Unis? Il a fallu plusieurs années pour que les scientifiques en remonte la piste, et pourtant, qui cela arrange-t-il de continuer à le nommer “grippe espagnole”?! La science s’inscrit dans le temps, qui n’est pas celui des médias et, pire en temps de guerre, celui des politiciens,(et les étatsuniens sont aujourd’hui en guerre multiforme pour conserver leur “leadership” car aucun empire dans l’histoire n’a renoncé à sa domination, et les avantages qui en découlent, sans se battre!), alors laissons lui le temps de… Lire la suite »

Il appartient à chacun de bien nommer les choses une fois bien définies scientifiquement donc la grippe américaine et non espagnole. Déjà le système capitaliste impérialiste condamna ds ses médias d’alors un pays qui avait refusé la guerre mondiale lui attribuant ce qui était la conséquence de l’affaiblissement de millions d’individus par les privations de la guerre, la promiscuité hommes, animaux, la déchéance des sous prolétaires, un système industriel capitaliste déjà inhumain. Bref” l’american way of dead” appelé capitalisme.