Histoire et société

Dieu me pardonne c'est son métier

Non Hitler n’est pas arrivé au pouvoir à cause d’un vote majoritaire du peuple allemand.

Cela fait des années que je m’obstine à répéter que Non! Hitler n’est pas parvenu au pouvoir parce qu’il aurait eu la majorité aux élections, mais bien parce qu’il a été appelé au pouvoir malgré sa perte de 2 millions d’électeurs (le parti communiste en avait gagné 700.000) par l’alliance des junkers et des barons de la Ruhr. Enfin, un historien semble rectifier le tir, accordera-t-il la part qui convient dans la lutte antinazie au Parti communiste et comment par la violence au quotidien, des nervis mobilisés par le grand patronat et les forces conservatrices, mais aussi les institutions mises en place par la social-démocratie, le nazisme s’est imposé au peuple allemand? Le premier camp de concentration Dachau fut créé pour y enfermer les communistes, les autres suivirent… Il ne s’agit pas seulement du passé mais sa manipulation a un sens par rapport aux enjeux actuels. (note de danielle Bleitrach)

Combien de fois avons-nous entendu dans des discussions, ou lu sur les réseaux sociaux, cette phrase « Mais Hitler est bien arrivé au pouvoir par les élections », « les nazis aussi ont eu la majorité ». 

C’est l’argument classique des gens qui dénient aux peuples la capacité de choisir leurs dirigeants de manière éclairée. Il est aussi régulièrement invoqué par certains perdants, lors des consultations électorales pour dénier aux partis vainqueurs la légitimité de gouverner à leur place.

Le parti nazi n’obtint jamais la majorité lors des scrutins électoraux dans la République de Weimar.

Il n’a qu’un défaut, c’est d’être inexact, comme le rappelle utilement Nicolas Patin, universitaire dans le dernier numéro de la revue Phébé. Les scores électoraux du parti national-socialiste, marginaux dans les années vingt, ont certes décollé à partir de 1930, en raison de la crise économique, culminant à 37 % aux élections de juillet 1932. Mais lorsque Hitler fut désigné chancelier par le vieux président Hindenburg, en janvier 1933, son parti venait de perdre une bonne partie de ses électeurs. Aux élections de novembre 32, il était retombé à 33 %. Ce ne sont donc pas « les électeurs » qui ont porté Hitler au pouvoir, mais une conspiration de politiciens réactionnaires qui s’imaginaient utiliser cet agitateur démagogue, qu’ils méprisaient, afin de mater les forces de gauche.

C’est ce qui ressort du livre de Benjamin Carter Hett, The Death of Democracy. Hitler’s Rise to Power and the Downfall of the Weimar Republic. La résistible ascension d’Hitler au pouvoir a déjà été décrite bien des fois, mais Timothy Snyder estime qu’il apporte des lumières nouvelles qui lui donnent une grande actualité. 

Ses prédécesseurs avaient bien montré le rôle joué par la milice en uniforme du parti nazi, les SA. Attaquant les meetings de leurs contradicteurs, vandalisant leurs permanences, ces bandes de voyous faisaient régner la terreur dans les rues. Les affrontements qu’ils provoquaient ayant fait de nombreux blessés et même des morts, les nazis se présentèrent alors comme victimes de la violence qu’ils avaient eux-mêmes déchaînée. Vieille recette de l’extrême droite : attiser le désordre dans la rue, puis se présenter comme seule apte à rétablir l’ordre. 

Comme l’écrit Timothy Snyder, « Les nazis parvinrent-ils au pouvoir par des élections démocratiques ? En Allemagne, dans les années trente comme ailleurs, les élections continuèrent, mais c’est leur sens qui changea. Le fait que les nazis usaient de la violence pour intimider les autres signifiait que les élections n’étaient pas libres au sens normal. » 

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C’est un éclairage hyper important pour tous les citoyens et surtout les jeunes sensibles à l’avenir, LA PAIX… GRAND MERCI !