Histoire et société

Dieu me pardonne c'est son métier

Fondements éthiques de la psychothérapie institutionnelle par le doteur Nicole Canot

Voyageur il n’y a pas de chemin, le chemin se fait en marchant” a dit le poète espagnol Machado mort d’épuisement dans sa fuite devant la horde franquiste.  Mais voici en complément de mon article sur le livre d’Elizabeth Roudinesco : Lacan envers et contre tout. un article qui explique ce qu’est la psychiatrie institutionnelle et qui témoigne de ce qu’une pratique sous l’égide de Marx et de Freud a prétendu transformer l’univers de la folie. Née comme une des multiples formes d’éradication du nazisme, dans une conjoncture politique et socioculturelle soucieuse de dignité humaine et de démocratie avec une présence massive des Résistants communistes mais aussi des marxistes libertaires et des humanistes progressistes… Aujourd’hui non seulement les moyens financiers et humains de véritables soins psychiatrique sont refusés et dans le même temps on utilise le fait divers pour faire renaître ici comme ailleurs la vision asilaire et sécuritaire contre le malade alors que chacun sait qu’il y a plus à craindre pour lui que pour les autres. Et là-dessus des imbéciles, comme Michel Onfray et Bricmont chargent la barque , ils n’y connaissent rien ni en matière de ce que marxisme et freudisme ont pu apporter ni même dans les apports bien réels des neurosciences au soulagement du malade. On ne peut pas certes comparer la diffusion médiatique d’un Onfray dans toutes les gondoles de supermarché et qui multiplie les présences sur les plateaux de télévision et l’influence minime d’un bricmont, mais il s’avère que ce dernier est assez présent y compris avec l’accord du PTB, et diffuse une conception biologique et réductrice, voir raciste de l’être humain et de la société. Il sévit non seulement sur le plan politique mais tente d’imposer y compris auprès des altermondialistes une vision globalement inquiétante. Ce n’est pas un hasard si la parenté avec Dieudonné est patente. Nous avons le devoir de mener le débat contre ces dérives quand les conséquences sur les plus faibles sont bien réelles.  Voici donc un article d’une praticienne marseillaise qui fait le point sur cette question. RESUMELa psychothérapie institutionnelle est un modèle d’élaboration du soin psychiatrique issu, au sortir de la seconde guerre mondiale, de la reconnaissance de l’effet pathogène de l’asile – qui avait conduit à l’écrasement de l’existence du malade – et de la subjectivité et de la singularité de la souffrance psychique.Elle préconise une utilisation de l’institution dans son aspect instituant c’est-à-dire favorisant une dynamique des échanges ; l’institutionnalisation des différents lieux d’accueil du patient lui permet de se situer ou resituer dans sa dimension historique et symbolique.Ce mouvement dans ses modalités théoriques, pratiques et évolutives à travers la psychiatrie de secteur est interrogé à la lumière des concepts organisateurs et du questionnement de l’éthique médicale.Il apparaît que sa démarche est conforme à l’exigence éthique par son intérêt majeur pour le sujet aspirant à introduire du sens dans sa vie.En cela, il se singularise par rapport à des conceptions nouvelles du fait et de la thérapeutique psychiatriques liées à l’essor des neurosciences, la promotion de l’individu citoyen et de la pensée juridique, aux impératifs budgétaires qui, sous le primat d’une approche médico-technique et médico-économique, mènent à une objectivation du patient et à une compartimentation du traitement.Il importe que la psychiatrie opère, dans la continuité du mouvement de psychothérapie institutionnelle – prônant l’analyse et la transversalité institutionnelles – un recentrement éthique par une recherche multidisciplinaire sur les principes, les méthodes et la politique du soin.source : http://www.cedep-europe.eu/sem/sem05fra/Cano.pdfFondements éthiques de la psychothérapie institutionnelleIntroduction

Docteur Nicole Cano,Psychiatre des Hôpitaux. Hôpital de la Timone. F-13 MarseilleLa psychothérapie institutionnelle est un modèle d’élaboration théorique et pratique du soin psychiatrique utilisant de manière ordonnée à des fins psychothérapiques le lieu d’échanges et de rencontres où est accueilli et traité le malade.Ce mouvement est né dans les hôpitaux psychiatriques français au sortir de la seconde guerre mondiale, dans une conjoncture politique et socioculturelle soucieuse de dignité humaine et de démocratie.Ses principes sont issus d’une part, de la reconnaissance de l’effet pathogène de l’asile dénommé hôpital psychiatrique en 1937 – qui avait conduit à l’écrasement de l’existence du malade – et d’autre part, de la reconnaissance de la singularité de la personne et de la subjectivité de la souffrance psychique.Dès lors, la psychothérapie institutionnelle articule une double dimension: sociologique et psychanalytique. Elle préconise une utilisation de l’institution dans son aspect instituant visant à mettre en place un système de médiations symboliques favorisant une dynamique des échanges.Elle a induit une créativité au sein du monde hospitalier qu’elle a transformé, engendrant l’organisation actuelle de la psychiatrie publique de secteur : à l’intérieur d’un territoire géodémographique, une même équipe assure pour tous les malades une continuité des soins à l’aide de structure variées – comportant ou non des possibilité d’hébergement – et effectue un travail en direction de la population.Progressivement, depuis les années 1980, on assiste à une remise en question de ses fondements, parallèlement à l’essor des neurosciences, à l’extension de la sphère du droit, aux restrictions budgétaires et aux nouvelles demandes adressées à la psychiatrie par le champ social et politique.Ce contexte favorise l’émergence de modes objectifs et statistiques de compréhension de la maladie mentale, de définition même de celle-ci et du malade, aboutissant à l’apparition de pratiques se voulant plus rationnelles dans un souci d’efficacité.On parle ainsi de crise de la psychiatrie. Le terme me paraît approprié car il s’agit bien d’un bouleversement des repères théoriques et cliniques antérieurs liés à des facteurs externes environnementaux et internes. Comme toute crise, elle peut déboucher sur plusieurs solutions: un pseudo-équilibre laissant les dysfonctionnements s’aggraver insidieusement avec renforcement des mécanismes de défense, une solution catastrophique où la psychiatrie ne répondrait plus à sa mission de soin ou une solution positive intégrant les contradictions et menant à un équilibre de niveau supérieur.Cette réflexion sur le mouvement de psychothérapie institutionnelle ne relève pas de la nostalgie d’un temps révolu mais d’un sentiment d’inquiétude face aux nouvelles formes de soins proposées aux patients souffrant de pathologie mentale.L’idée est de soumettre à un questionnement éthique ce modèle thérapeutique afin de voir s’il est conforme aux concepts fondamentaux de l’éthique, si ceux-ci peuvent l’enrichir et s’il est légitime de poursuivre cette orientation.J’évoquerai ensuite les conceptions actuelles et les perspectives de la psychiatrie à la lumière de l’expérience clinique quotidienne et de l’argumentation de l’éthique médicale dont je souhaite qu’elles guideront l’action psychiatrique si le choix est encore possible. I- Quelques mots sur la psychothérapie institutionnelle1. Sur le plan historiqueIl est à souligner que c’est l’indignation face au constat de la participation de la médecine aux processus de déshumanisation à l’œuvre, de manière dure dans la barbarie nazie, et plus douce dans les hôpitaux psychiatriques, qui est à l’origine de la naissance de l’éthique médicale moderne et de la psychothérapie institutionnelle.Tandis que l’éthique médicale prônait le principe de la primauté de la personne humaine sur la science et la société, la psychiatrie plaçait le patient au centre des finalités du soin.2. Les concepts majeursCe sont l’institutionnalisation, le transfert et le contre-transfert institutionnels, la transversalité et l’analyse institutionnelle.Par le processus d’institutionnalisation, les soignants et les administratifs – si la gestion a pour fonction de garantir les conditions du soin – transforment l’établissement en institution thérapeutique, en promulguant une loi locale qui est l’obligation d’échanger. Ce processus intervient comme un troisième terme médiateur. Il s’agit de créer différents lieux de rencontres, essentiellement les activités, mais aussi les réunions et tous les moments forts de la vie quotidienne (repas, distribution de médicaments…) qui sont l’occasion privilégiée du déclenchement des échanges sous le regard du tiers social. Celui-ci intervient comme la loi d’un père permettant que quelque chose du désir s’articule et se dialectise avec l’autre.L’objectif est de permettre au patient, au travers des activités partagées avec d’autres et articulées avec d’autres lieux institués, de participer à la trame institutionnelle qui est l’ensemble des individus et les contrats et les règles qui régissent leurs échanges. Le patient pourra alors se situer ou resituer dans une dimension symbolique.Si la psychothérapie institutionnelle permet de déceler, afin de mieux le traiter, le processus psychotique, elle crée un support symbolique utile au traitement des autres processus psychopathologiques.Elle situe au premier plan le sujet porteur d’une histoire singulière et soutient que la maladie ne peut être saisie objectivement en tant que telle. Elle est indissociable du sentiment d’exister et de la manière dont le patient l’exprime et à qui il l’exprime. C’est dans le cadre de la relation thérapeutique, du transfert, que la souffrance et les symptômes prennent sens.En situation institutionnelle, le transfert ne s’adresse pas à un seul thérapeute mais à l’ensemble des soignants, à l’organisation sociale (système de décision, de pouvoir) et même matérielle de l’institution (environnement physique, architecture, configuration des espaces, dispositions des locaux).L’analyse du contre-transfert ne se limite donc pas à la réaction inconsciente du thérapeute et au cadre de la rencontre duelle, mais à l’analyse de l’institution dans son ensemble : des réactions émotionnelles des soignants impliqués, de leurs interrelations, et de la structure hospitalière elle-même, car ce sont tous ces éléments qui signifient à chaque malade sa place et son statut.On connaît l’influence de la structure institutionnelle sur le type de symptômes, leur apparition et disparition, et sur la nosographie.On sait par exemple : o qu’il suffit que deux thérapeutes responsables du même patient divergent secrètement dans leur façon de voir et de manier son cas pour que le malade s’agite ou délire, o qu’à un régime autoritaire répondent des symptômes régressifs et qu’au contraire à la tolérance et au laisser faire extrême répondent les actes agressifs et auto-destructifs, o que des situations spatiales ambiguës invitant au mouvement tout en l’entravant (cours clôturées de grille, portes fermées) entraînent ou aggravent des stéréotypies.Le soin du milieu fait donc partie intégrante du traitement du patient. Il nécessite une vigilance constante sur le degré de transversalité qui est une dimension sans cesse mise en cause et qui tend à se réaliser quand une communication maximum s’effectue entre tous les niveaux et surtout les différents sens. Elle est contraire aux modes de transmission d’une hiérarchie pyramidale qui stérilise les messages, paralyse la parole et entraîne un appauvrissement de l’initiative.Si le coefficient de transversalité est élevé, l’équipe sera un groupe-sujet, aura une prise sur sa conduite, et alors seulement un dialogue pourra s’instituer entre le groupe et le patient qui pourra se révéler lui-même.C’est essentiellement en réunion d’équipe que se fera l’analyse institutionnelle.Au-delà de la facilitation de l’information, le but est d’appréhender globalement le malade et la collectivité articulée, elle-même, avec la société.C’est en réunion que peuvent être reliées, articulées toutes les dimensions de l’existence du malade et les diverses possibilités d’être ressenti d’une manière différente par l’entourage. Ces aspects sont mis en présence et il s’en suit des mises au point, sur le plan conscient, dans toute l’équipe, à l’égard des relations du patient.L’analyse du contre-transfert institutionnel nécessite également l’analyse des relations entre tous les membres de l’équipe. En effet les conflits, les divergences ne sont gênant s’ils ne sont pas niés. S’ils le sont, ils s’exprimeront par des actes ou des non-actes, des paroles ou des silences qui auront une incidence sur le patient. Le principe est de mettre en évidence les obstacles au fonctionnement du groupe soignant, d’en faire apparaître le sens et d’en tirer bénéfice.L’analyse institutionnelle permettra encore de déceler si l’institution est conforme à sa fonction officielle – le soin – car d’autres fonctions non reconnues agissent symboliquement sur le patient, que l’on ne peut rapporter à la fonction thérapeutique (fonction sécuritaire, fonction entreprise de soin…). Ce système se définit plus globalement par rapport à la totalité du système socio-économique. Cela permettra d’adapter l’organisation du secteur et de l’hôpital afin que le patient soit au centre du projet de soin et d’en débattre avec les autres instances intervenant dans les politiques organisationnelles du soin psychiatrique.3. Le secteur psychiatriqueCe mouvement désaliénant et anti-ségrégatif a promu la psychiatrie de secteur dont le principe est « de séparer le moins possible le malade de sa famille et de son milieu » (circulaire du 15 mars 1960). L’éclatement de l’hôpital en petites unités dispersées dans la communauté ne supprime pas les institutions et les questions qu’elles posent. Il s’agit d’une extension du support sociologique à l’ensemble du secteur, enrichissant les moments d’élaboration pour le patient et l’équipe, à condition qu’existe une articulation des différentes structures intervenant dans le soin du patient.Ce dispositif permet de surcroît à un même malade de s’inscrire au cours de sa trajectoire dans des lieux proposant des degrés variés de contenance psychique et par là, de favoriser l’analyse du transfert sur le cadre et de travailler la question de la dépendance. Eneffet, les soins collectifs ne sont qu’un moyen et non une fin en soi, et une psychothérapie institutionnelle bien conduite peut mener à des thérapies individuelles.Par ailleurs un nombre croissant de personnes présentant des pathologies diversifiées s’adresse directement au centre médico-psychologique pour des soins ambulatoires. II- Réflexion éthique sur la psychothérapie institutionnelleElle porte sur la légitimité des principes qui sous tendent cette pratique.Différentes typologies classent les concepts organisateurs de l’éthique médicale. Nous emprunterons celle à laquelle se réfère P. Lecoz, philosophe à l’Espace Ethique Méditerranéen de Marseille.L’exigence de justice fonde l’exercice de la médecine. Il s’exprime à travers trois principes fondamentaux: autonomie, bienfaisance, non-malfaisance, que des règles actualisent dans l’activité quotidienne.1. L’impératif de justiceLa justice est, selon Socrate, une idée, principe de nos actes modelant « une façon globale de se rapporter à l’être dans sa totalité ».L’attitude juste des soignants vis-à-vis du patient n’est pas de le fixer dans sa différence, dans la particularité de sa situation, mais de le reconnaître comme être aspirant à se sentir chez lui dans le monde. L’hospitalité impose de lui signifier son appartenance à la communauté des hommes.La psychothérapie institutionnelle répond à l’impératif de justice dans la mesure où elle se construit autour de principes qui portent sur le patient dans sa totalité, ce qui est différent d’une sommation des points de vue biologique, psychologique et social. Elle considère la maladie comme une expérience vécue par un sujet singulier et unique, pris dans sa culture et son histoire.Elle estime tout patient comme son semblable malgré ses différences, qu’elles soient liées à son mode d’hospitalisation (libre ou sans consentement), à sa catégorie diagnostique ou sociale.Elle tient compte de ces différences par l’intermédiaire du projet thérapeutique individualisé : il est signifié institutionnellement au patient qu’on attend de lui une intention collaboratrice, qu’il contracte une part de responsabilité. Elle reconnaît finalement l’aspiration de chacun à introduire du sens dans sa vie.2. Les principes éthiques fondamentauxCes trois principes doivent orienter conjointement la pratique, mais selon la situation, l’un deux devient prédominant sans exclure les deux autres qui peuvent alors exister à type d’objectif dans le soin.Le principe d’autonomie figure toujours à l’horizon du soin psychiatrique qui vise à limiter la portée des déterminismes et à aller chercher la part du sujet libre.Même si l’autonomie est réduite dans sa conception kantienne (la capacité à se donner ses propres lois), elle doit demeurer à titre de visée. Celle-ci consiste à réinstaller le sujet dans sa position d’acteur de sa vie, capable d’initiative.Pour cela, il a besoin de repères : lieu humainement habitable avec un cadre spatio- temporel différencié et permanent (planning des activités, des réunions…), groupe de référents soignants.Il a également besoin de se rapporter à lui-même sur le mode d’un agent capable d’introduire des modifications sur le monde extérieur et dans son propre corps, de mettre en mouvement les facultés de son esprit (par les activités ergo-sociothérapiques, sportives et culturelles), de restaurer le sentiment de communauté (au travers des réunions, activités…).A cette fin, les soignants doivent être de véritables coopérants, participant à une œuvre commune, mais le groupe doit permettre une individualisation de chaque membre afin qu’une parole personnelle puisse surgir. C’est à cette condition que chacun pourra assumer une responsabilité pour autrui sans se réfugier derrière une responsabilité collective tendant à l’anonymat.L’éthique intervient comme espace de réappropriation du sens par une déconstruction de la représentation du soignant comme exécutant, qui seule permettra de saisir le patient dans sa dynamique affective et intellectuelle. Ceci nécessite un questionnement sur les émotions et les règles qui président aux discussions. L’impératif de justice requiert une exploration des motifs qui nous conduisent à éprouver telle ou telle expérience émotionnelle et une concertation suivant les règles de l’éthique de la discussion d’Habermas spécifiée par l’absence de hiérarchie liée au statut, le seul pôle transcendant étant celui du meilleur argument.L’analyse institutionnelle répond donc à des raisons techniques mais aussi proprement éthiques.Le principe de bienfaisance dicte d’accomplir au profit du patient un bien qu’il puisse reconnaître, ce qui est bien délicat à évaluer dans le cadre du soin psychiatrique. On peut présupposer néanmoins ce que le patient attend des soignants : un accueil de sa souffrance et une facilitation à la reprise de la vie.A cette fin, les soignants doivent apporter le recours d’une théorisation fondée et surtout d’une pratique clinique chargée de sens, axées sur la parole du patient, en veillant à ne pas substituer leurs propres valeurs à celles de ce dernier.Le principe de non malfaisance guide notre démarche par la recherche de ne pas nuire durant l’expérience individuelle de la souffrance et de ne pas imposer au patient ce qui pérenniserait ou aggraverait l’entame de ses capacités d’autonomie de pensée.Ainsi, le mouvement de psychothérapie institutionnelle et de psychiatrie de secteur répond à des critères de validité éthique, ce qui justifierait que soient réunies les conditions favorables à sa poursuite.Son recul est-il lié à une perte de son essence première qui est de n’exister nulle part mais d’être toujours en construction ?Certains se sont-ils laissés contaminer par la certitude de détenir la bonne théorie et la bonne pratique une fois pour toutes, contribuant à l’abandon du travail institutionnel lui- même et à l’identification du secteur à des structures inertes et figées ?Ce recul n’est-il pas aussi l’indice d’une définition différente de l’humain et de la maladie par la société ? III- Les orientations actuelles du soinL’actualité et les perspectives d’avenir indiquent que des conceptions nouvelles du fait et du soin psychiatriques s’imposent progressivement.1. Les neurosciences et l’orientation médico-techniqueLes progrès des thérapeutiques biologiques ont contribué à la réalisation de la psychothérapie institutionnelle. Leur effet sur les symptômes et la souffrance des patients ainsi que sur l’ambiance a facilité la prise en charge relationnelle.En quoi donc l’essor des neurosciences menacerait-il ce mouvement ?La connaissance des mécanismes cérébraux progresse, sans que l’on puisse actuellement retenir des mécanismes simples et exhaustifs pour constituer une théorie neurochimique de l’être humain, de la maladie mentale et de la psychiatrie. En génétique, des travaux récents évoquent la malléabilité de l’expression génétique et l’influence des processus culturels. Les avancées des neurosciences, depuis le début des années 1980, n’ont rien contredit de fondamental de ce que la recherche clinique avait permis d’élaborer.Ce n’est pas le savoir scientifique qui est en cause mais le rapport au savoir. Le désir d’accéder à la connaissance du vrai, qui passe par le langage théorique et conceptuel, n’est pas en lui-même un facteur d’altération de la relation à autrui et participe même, indirectement, à l’éthique. Mais le rapport au savoir peut familiariser les individus à se rapporter à leurs semblables de manière objectivante. Le rapport à l’autre est dicté par une prétendue vérité qui s’intercale entre le patient et les thérapeutes, empêchant une authentique rencontre. Ce réductionnisme transforme la théorie en idéologie, suturant la relation à l’autre.Ce ne sont donc pas les neurosciences qui posent problème mais leur récupération pseudo-scientifique comme cause et finalité du soin psychiatrique.Cette position causaliste linéaire est relayée par les laboratoires pharmaceutiques à l’appui de leur argumentation.Ainsi la tendance simplificatrice ambiante, s’emparant des hypothèses de la recherche neuroscientifique, conduit à réduire la maladie mentale à des symptômes-cibles, à abandonner la nosographie psychiatrique classique et ses références psychopathologiques pour des classifications descriptives des troubles mentaux, éliminant la dimension subjective de la souffrance, qui est éprouvée de manière intime sans possibilité de vérification directe par observation et mesure.Cette orientation peut aboutir à distribuer les patients dans des structures spécifiques en fonction de syndromes (schizophrénie débutante, anxiété, dépression, agitation) que l’on risque de voir se cristalliser au gré des manifestations contre-transférentielles.Les symptômes ainsi arrachés à la structure singulière de la personnalité sont ensuite codés et appréhendés statistiquement ce qui permettra de classer les malades, d’évaluer et rationaliser (rendre plus efficace et moins coûteux un processus de production), sans tenir compte d’un modèle psychothérapique qui suppose une efficacité fondée sur la relation thérapeutique.Cette prévalence de la codification et de la mesure sur la relation humaine et thérapeutique envahit l’espace du soin. Le temps est organisé afin de devenir quantifiable ; il ne s’agit plus du découpage du temps et de l’espace par des événements produits dans une structure, qui donne du sens à la pensée et à l’action. Le travail est protocolisé selon un projet dit institutionnel imposé dans le cadre d’une technocratisation de l’hôpital sans questionnement sur la maladie mentale et les réponses à y apporter, et entravant l’initiative et la créativité des équipes. Des hiérarchies s’instaurent et se solidifient, des techniques de management apparaissent.Qu’en est-il du projet thérapeutique d’ensemble d’une équipe pluricatégorielle, de la recherche d’un niveau élevé de transversalité et de l’analyse institutionnelle ? Cette conception du soin confisque la responsabilité des soignants, condition nécessaire à la visée d’autonomisation des patients.L’adhésion des soignants à ce système classificatoire ne relève-t-elle pas d’une angoisse pathologique face à la maladie et de la dislocation actuelle des fondements de la psychiatrie ? L’impossibilité à trouver refuge dans une théorie qui sous-tende leur pratique ne les mène-t-elle pas à adopter des outils présentés comme scientifiques et neutres afin de mieux neutraliser leur angoisse ?Le néo-langage des échelles, des grilles, des cibles, des conduites à tenir, de la transparence, de la mesure de la qualité modifie leur façon de penser et participe au processus d’objectivation du patient et de compartimentation du soin.A terme, le risque de cette orientation médico-technique qui s’inscrit dans une logique comptable et financière est bien celui d’une sélection des patients pour une productivité maximale. Que l’allocation de moyens tienne compte de l’activité – avec les réserves à faire sur la pertinence des moyens de mesure – est une chose, qu’il y ait inégalité des personnes face au soin en est une autre, qui ne paraît pas conforme à l’impératif de justice.2. La dimension citoyenne et la santé mentaleLa reconnaissance de la dimension citoyenne du malade est nécessaire.La psychiatrie citoyenne contribue à situer autrement la psychiatrie dans la mentalité de chacun, a pour objectif le désaliénisme et comporte un travail d’implication et de responsabilisation du contexte politique et social.C’est la réduction du malade à sa citoyenneté qui pose problème car, en aucun cas, la réponse sociale ne peut être à elle seule une réponse au fait psychiatrique. C’est en se dégageant du délire ou du mythe que le psychotique ou le névrosé accède au social. La psychiatrie ne peut refuser l’approche sociologique du milieu sans aliéner sa pratique même, mais elle ne peut mettre le social en premier plan sans risque de se perdre.En souhaitant se démarquer d’une psychiatrie biomédicale qui ne considère pas le sujet, la psychiatrie citoyenne risquerait d’opérer finalement, elle aussi, une suspension du sujet en tant qu’être pensant et désirant, et exempter les soignants de prendre en considération les effets symboliques et imaginaires de leurs paroles, leurs actes et leurs institutions.La récupération de la notion de citoyenneté par la technicisation et les courants idéologiques qui traversent la culture contemporaine mène à la transformation de la psychiatrie en santé mentale.L’usage de ce concept par les psychiatres, à son origine, visait à atténuer, vis-à-vis de la population, la connotation estimée trop lourde du vocable psychiatrie. Il a été revisité et interprété comme dilution de la folie dans le social. Dès lors, le champ de la santé mentale est illimité. Apparaissent simultanément des signifiants nouveaux – usager, stress, fléau, réseau – qui ne s’appuient pas sur la clinique et la spécificité du fait psychopathologique mais qui sont un moyen de favoriser de nouvelles conduites.Le danger est d’objectiver un symptôme médico-social ou psycho-social à traiter de manière univoque dans le cadre de prises en charge de masse de populations ciblées.La psychiatrie est ainsi interpellée dans la réponse aux fléaux sanitaires – tel le sida – , aux situations de catastrophes naturelles ou non, aux situations de précarités, d’exclusion, de violence.Cette demande adressée à la psychiatrie par le social entendu comme société de masse est à mettre en corrélation avec l’effritement du lien social et l’affaiblissement des institutions.Moins les institutions produisent d’échange mutuel fondateur de l’identité de chacun, plus la psychiatrie est convoquée, dans le même temps que les organisations caritatives.La psychiatrie ne serait plus pourvoyeuse de sens mais de relations humaines et de tranquillisants.Or l’acte psychiatrique n’est pas de l’ordre de la bonne action. Il nécessite une théorie qui définisse un cadre et ce n’est que si la souffrance individuelle échappe à toute élaboration que le recours au soin psychique se pose. Dans le cas contraire, l’intervention psychiatrique ne relève que de la pertinence exclusive du principe de bienfaisance – révélé par l’émotion de compassion -, à l’exclusion du principe d’autonomie – révélé par l’émotion du respect face à une personne estimée capable de surmonter sa vulnérabilité.Ne s’agit-il pas aussi de calmer les plaintes, voire la colère d’individus souffrant de dommages que la société engendre ?Ce qui inscrirait alors la psychiatrie dans des modalités de régulation sociale.3. L’orientation sécuritaireLa pratique quotidienne témoigne d’une modification de la pensée et du comportement des soignants vis-à-vis des patients hospitalisés sans leur consentement.Le souci de respecter les procédures, parallèlement à la montée de la judiciarisation, se substitue aux questions éthiques de la légitimité d’un refus de soin.La contrainte légale, qui a une valeur symbolique, se transforme de façon de plus en plus systématique et protocolisée en contrainte physique avec la multiplication d’unités fermées, l’usage courant des chambres d’isolement et l’appariton de matériel de contention. Cette maîtrise dans le réel se fait au détriment de la contenance psychique et de l’élaboration de la demande de soin.Or le but de ces hospitalisation est de permettre au malade une contrainte qu’il ne peut plus s’imposer à lui-même. L’institution, dans son aspect dynamique, agit comme un facteur d’auto-limitation qui permet la libération et le renoncement à la passion. La liberté cesse d’être un sentiment intérieur, elle est le fruit d’une conquête, le dépassement de la contrainte. Pour cela, il faut que la loi institutionnalisée soit juste, c’est-à-dire qu’elle consacre l’aspiration des individus à l’estime d’eux-mêmes et au renforcement du sentiment d’identité. Si la contrainte est absurde et violente, l’institution n’est plus légitime et les individus sont abandonnés à l’agitation de leurs désirs. IV- Nécessité d’un recentrement éthiqueIl apparaît que le mouvement de psychothérapie institutionnelle se singularise, non seulement par la pertinence de ses concepts – la question de la théorie ne saurait se réduire au choix de la vraie – mais surtout par sa démarche éthique à savoir l’intérêt majeur pour le sujet et sa condition humaine.La psychiatrie peine à trouver au sein de sa propre discipline des ressources suffisantes pour opérer une reconversion éthique, comme cela s’était produit après la seconde guerre mondiale.Elle ne trouve pas d’appui dans un environnement politique et socioculturel individualiste, mû par le pragmatisme, la productivité et la valeur d’optimisation du bien-être collectif.Il semble que, pour poursuivre dans la voie de l’éthique, elle ait à trouver recours auprès d’autres professionnels s’intéressant à l’être humain : philosophes, psychanalystes, sociologues, anthropologues, neurobiologistes…La réflexion pourrait s’élaborer au sein d’un espace éthique indépendant, ayant une légitimité institutionnelle, permettant une articulation psychiatrie – éthique à deux niveaux : un niveau théorique et clinique et un niveau théorique et politique.Au niveau clinique, la démarche éthique se fonde dans l’expérience sensible de la relation intersubjective et nécessite de faire retour sur les éléments (émotions, contexte) qui ont déterminé l’action : quel était le contexte ? quelles ont été les émotions vécues ? les principes révélés par celles-ci étaient-ils adaptés au contexte ? les règles de conduites ont- elle permis de réaliser ces principes ?Cette perspective permet de réinterroger la pratique par une argumentation et une méthodologie différentes, dans un cadre en retrait de la quotidienneté, comme dimension d’un tiers à laquelle la psychiatrie institutionnelle se réfèrerait pour des situations cliniques difficiles ou des pratiques de soins éthiquement sensibles.Au niveau du projet politique, le recours à l’éthique s’impose en un temps où la psychiatrie associe des pratiques disparates fondées en l’absence de théorie ou d’efficacité démontrée par l’expérience, parfois même sur un athéorisme. Comme si elle ne reposait plus sur aucun fondement, aucune construction collective partagée qui guide la pratique quotidienne et rend possible des théories et des affrontements entre ces théories, ce qui permet le progrès d’une discipline (définition du paradigme de G. Lanteri – Laura).Sous couvert de science et de progrès, on voit se profiler un ordre programmant l’efficience et la sécurité sans souci d’invoquer les principes thérapeutiques qui fonderaient ces dernières.Sous le masque de la bienveillance généralisée et en l’absence de questionnement critique sur les limites de son ressort, des mutations profondes affectent la psychiatrie. S’agit-il de l’amélioration du traitement des personnes souffrant de maladie psychique ou s’agit-il de répondre à des préoccupations sociales et politiques bien définies : traitement du malaise social et impératifs économiques ?Ces préoccupations entrent en résonance avec la conviction partagée par certains scientifiques et le public d’une culture scientifique comme seule vectrice de valeurs (utilité, efficacité, vérité), en résonance aussi avec l’exigence d’assurance contre tous les risques accompagnant la déresponsabilisation croissante de l’individu. Ces préoccupations font écho encore à la prétention de certains psychiatres à répondre à toutes les questions posées par la folie et ses conséquences sur l’ordre social, mais aussi posées par les déviations de l’humeur et du comportement, l’ensemble de la vie quotidienne et de la société.Dans ce contexte, la psychiatrie se biologise, tout en se diluant dans le champ social tandis qu’elle devient plus répressive et moins contenante pour les malades.Ainsi une réflexion s’impose sur les valeurs qui orientent l’action psychiatrique et sur la portée de cette action vis-à-vis de nos semblables.Une élaboration éthique multidisciplinaire sur les axes politiques et organisationnels de la psychiatrie, dans ses aspects de soin et de prévention, est nécessaire.BIBLIOGRAPHIE1-AMBROSELLI C. L’éthique médicale. Que sais-je ? PUF. Paris.1988.2-ATLAN H. Les niveaux de l’éthique. Une même éthique pour tous ? Travaux du Comité Consultatif National d’Ethique. Odile Jacob. 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